Chaque étape est un défi physique. Alors imaginez la difficulté que représente le fait d’en enchaîner deux. Vendredi et samedi, l’UCI Track Champions League pose ses valises à Londres, pour les troisième et quatrième rounds de la compétition, qui marquent son épilogue en raison de l'annulation du rendez-vous de Tel Aviv. Avec toujours la même singularité : un programme hyper dense pour assurer un show continu, qui implique de faibles temps de récupération. Le tout multiplié par deux, donc.
Arnaud Tournant, qui commente l’événement sur nos antennes, estime qu’un menu de stakhanoviste n’est pas forcément indigeste pour les pistards : "Ils s’entraînent tous les jours, enchaînent musculation, route, piste, parfois du travail technique, parfois du foncier etc. C’est un métier". Mais l’entraînement n’est pas la compétition. Mathilde Gros nous a par exemple confié, après la manche inaugurale à Majorque : "J’avoue que la première fois, ça choque un peu le corps : 20 minutes de récup’, c’est chaud."
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"Ils n’auront pas toute l’armada"

L'écueil de la fatigue est d’autant plus prégnant que les concurrents ne défendent pas les couleurs de leur équipe nationale. Ils ne bénéficient ainsi pas du même encadrement que lors des grandes compétitions internationales. "Quand ils sont sur des Mondiaux, ils peuvent participer à des épreuves lors de quatre jours sur cinq, avec des efforts très violents. Je pense notamment au kilomètre, détaille Arnaud Tournant. Mais là, ils n’auront pas toute l’armada, tout le staff qu’ils ont d’habitude avec eux."
Rayan Helal en atteste : "On est tout seul (…) Mon club m’a passé mes vélos de course. C’est moi qui range mon vélo, qui fait la mécanique." Le sprinteur français de 22 ans va devoir appréhender ces deux jours intenses sans être secondé. Il est impatient de s’y atteler : "J’ai déjà fait une Coupe du monde à Londres… Vélodrome rempli, 5 000 voire 6 000 personnes, ça va être kiffant !" Mais ce n’est pas le public qui va pédaler à la place des champions.
Va-t-on assister, samedi, à des temps moins impressionnants, dans les disciplines du sprint notamment (keirin et vitesse) ? Champion olympique de vitesse par équipes en 2000, Tournant l’envisage seulement à la marge. "On ne va tout de même pas passer de 9"70 ou 9"95 (dans les 200 derniers mètres, NDLR), comme on peut le voir sur certaines séries... à douze secondes !", sourit notre consultant.

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"On peut être moins attentif et rater le démarrage d’un adversaire"

"Plus encore que sur la perte de vitesse, c’est sur d’éventuelles erreurs tactiques que cela pourrait jouer, poursuit Arnaud Tournant. Il y aura peut-être une baisse de lucidité. La fatigue pourrait se faire ressentir. Les matches à trois, notamment, le samedi… On peut être moins attentif et rater le démarrage d’un adversaire." Tout bon pour le suspense, surtout que les plus dominants sont ceux pour qui le facteur lassitude risque d’être le plus présent.
Tournant considère "qu’il n’y aura pas de différence entre endurance et sprint, côté fatigue", à ses yeux, "la différence se fera surtout en fonction de ceux qui seront allés au bout des tournois ou pas." Harrie Lavreysen, par exemple, pourrait y laisser des plumes : "Ce n’est pas uniquement l’aspect course. Qui dit victoire dit obligations protocolaires. Que ce soit la présentation des leaders au début de l’événement, les interviews en cours de meeting, la cérémonie après les épreuves… pendant qu’il fait ça, ses adversaires peuvent optimiser la récupération."
Steffan Böticher, dauphin de Lavreysen dans le classement du sprint, ne compte pas pour autant calculer : "Mentalement, ce sera important d’être en forme le vendredi, d’être frais. Être bon le vendredi, cela me permettrait d’aborder la journée de samedi plus relax." Mais pas moins éreinté. Même si les jambes peuvent sembler moins lourdes, lors des lendemains de victoire.

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