Mathilde Gros a de quoi être frustrée. Ses résultats en 2021 ne sont pas à la hauteur de ses bonnes sensations. De bonnes sensations que le chrono ne dément pourtant pas. "Si je faisais le 12e ou le 15e temps, je me dirais : ‘C’est le jeu, je suis moins forte, c’est comme ça’", nous explique-t-elle, à quelques jours de la deuxième manche de l’UCI Track Champions League, à suivre sur nos antennes ce samedi.
Illustration avec deux exemples : lors des Jeux olympiques comme des Mondiaux, elle a signé le 4e temps des qualifications en vitesse individuelle. Sur 200 mètres, lancée seule face au chronomètre, elle est dans le haut du panier. Mais au moment de concrétiser en confrontation directe, cela se complique. A Tokyo, elle a échoué dès les huitièmes de finale (puis lors des repêchages) et à Roubaix, elle a été sortie lors des quarts.
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La jeune pistarde française, affectée par son échec olympique, a prouvé qu’elle savait rebondir. Médaillée de bronze en vitesse lors des championnats d’Europe en octobre, elle ne terminera donc pas sa saison bredouille, en grande compétition. Mais à l’aune de son talent et de sa précoce éclosion, c’est à l’échelle planétaire qu’elle est attendue au top. Qu’est-ce qui cloche alors ? "Je pense que c’est technique, tactique et un peu mental aussi", énumère-t-elle.

L’occasion de tester des stratégies

L’UCI Track Champions League lui offre un laboratoire grandeur nature, dans sa quête de déclic. Lors du premier round, le 6 novembre à Majorque, cela a partiellement payé en keirin. "Je me suis dit que je ne voulais rien regretter, nous raconte la sprinteuse de 22 ans. Alors j’ai pris la tête." Résultat : elle a remporté sa série. Puis, en finale, cela n’a pas souri (5e place). Mais elle a encore eu le sentiment de prendre son destin en main.

En maîtrise, Mathilde Gros remporte sa série du keirin en Champions League

"A chaque fois, j’étais devant, j’emmenais de très loin. Sur les grandes compétitions, je ne le fais pas tout le temps", détaille Gros, qui a en revanche loupé le coche en vitesse. La rançon de la prise de risque, entre autres : "J’étais pas mal secouée par les deux courses en keirin, je l’ai un peu senti dans les jambes (…) Mais c’était aussi le fait de faire un match à trois, un peu de stress, un peu d’adrénaline… un peu de tout."
Au cœur d’une soirée condensée, offrant un spectacle sans temps mort, ne pas compter ses coups de pédale était téméraire : "Vingt minutes de récupération, c’est chaud, ça choque un peu le corps (…) Au moins, je sais à quoi m’en tenir pour les prochaines étapes." A commencer donc par samedi, à Panevezys, en Lituanie, où Mathilde Gros débarquera en tant que 7e (sur 18) du classement du sprint.

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"Plaisir avant tout et show incroyable"

"Un Top 5 final me permettrait de terminer la saison sur une bonne note", glisse-t-elle, sans être en boucle sur cet objectif. Son état d’esprit ? Profiter du compromis idéal entre une pression qui descend d’un cran et un plateau de participantes qui tutoie toujours les sommets : "C’est le plaisir qui passe avant tout et, en plus, c’est un show incroyable, avec des jeux de lumière, c’est top (…) On fait découvrir notre discipline aux gens, on fait de beaux matches, avec des filles de très haut niveau. Je me dis : ‘mais c’est parfait’."
Pour que la situation reste parfaite, sa condition doit l’être aussi. En ce sens, elle prévient : "C’est sûr qu’en Lituanie, (je serai) peut-être un peu moins bien, mais ce sera bénéfique pour le classement général final." La "faute" à un gros bloc de préparation : "Je suis restée 10 jours à Palma de Majorque, après la première étape. J’ai fait beaucoup de musculation, de piste également, j’ai pu m’entraîner avec les Canadiennes."

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Sprint final

A partir de ce week-end, les 72 concurrents n’auront plus le temps de parfaire leur forme. 27 novembre à Panevezys, 3 et 4 décembre à Londres, 11 décembre à Tel Aviv : les quatre derniers rounds de cette Ligue des champions, première du nom, s’enchaînent à vitesse grand V. "Là, ce sera priorité à la récupération, à l’optimisation", déclare la cycliste française. Puis viendra le temps de faire le bilan de 2021.
Mathilde Gros appréhende ce "mauvais moment", qu’elle a décalé en restant dans une "bulle" et en mode compétition à l’issue des Jeux olympiques. Mais elle a encore huit opportunités (quatre épreuves de vitesse et quatre de keirin) de l’adoucir. Et autant d’occasions de préparer l’avenir.

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