Un petit point entre la leader sa dauphine, le top 4 dans un mouchoir de poche et la suite de la meute pas si loin derrière… Des quatre catégories, celle des sprinteuses offre de loin la bataille la plus acharnée après les deux premières manches de l'UCI Track Champions League. La densité est telle que la moitié des coureuses engagées (9 sur 18) sont déjà montées sur le podium après quatre épreuves seulement. Et aucune d’entre elles ne l’a fait à plus de deux reprises.
L’incertitude sur l’issue du combat demeure ainsi totale, une situation à l’inverse de l’an passé où Emma Hinze, la future vainqueure, forte déjà deux succès et deux 2e places, cavalait largement en tête à ce stade, avec 18 points d’avance sur Lea Sophie Friedrich.
UCI Track Champions League
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  • Le classement des sprinteuses avant la 3e manche :
1. Martha Bayona (COL), 49 pts
2. Kelsey Mitchell (CAN), 48 pts
3. Mathilde Gros (FRA), 46 pts
4. Shanne Braspennincx (HOL), 45 pts
5. Laurine van Riessen (HOL), 40 pts
6. Olena Starikova (UKR), 36 pts

11. Taky Marie-Divine Kouamé (FRA), 26 pts
13. Lea Sophie Friedrich (ALL), 22 pts
Cette fois, les deux Allemandes ne sont pas dans le match, Hinze ayant renoncé à défendre son titre et Friedrich, malade samedi dernier à Berlin, ne pouvant plus rien espérer au général (27 pts de retard). C’est ainsi une véritable outsider, Martha Bayona, qui tient pour l’heure les commandes. La Colombienne avait pris la 4e place l’an passé mais n’était pas attendue à pareille fête après des derniers Mondiaux en retrait (6e du 500m, 7e du keirin et élimination en 8e de finale en vitesse).

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Bayona, simple règne intérimaire ?

"Même si je me suis bien préparée pour cette Ligue des Champions, je ne m’attendais pas à être leader après la 2e manche, savoure la pistarde de 27 ans, respectivement 1re et 2e des deux keirins disputés. Quand on m’a avertie que j’étais en tête, c’était un vrai instant de bonheur." Bayonna peut-elle conserver son maillot bleu de leader jusqu’au bout ? Elle promet évidemment "de faire de son mieux", en espérant que "la belle histoire" se poursuive samedi lors de la 3e manche. Mais cela serait une assez grande surprise étant donné le pedigree de la Colombienne, dont la seule médaille aux Mondiaux remonte à 2017 (argent en keirin), et les limites qu’elle affiche en vitesse (14e à Majorque, 6e à Berlin).
Kelsey Mitchell, sa dauphine au classement provisoire, offre plus de garanties et l’a d’ailleurs devancée d’un fil à Berlin pour lui chiper la victoire en keirin. Et en vitesse, on peut faire confiance à la Canadienne, qui n’est rien d’autre que la championne olympique en titre. C’est elle, aussi, qui avait terminé à la 3e place de la Ligue des Champions l’an dernier, derrière le duo Hinze-Friedrich.

Photo finish : Mitchell garde quelques millimètres d'avance sur Bayona

L’atout expérience pour Mitchell et Braspennincx

Sur le papier, Mitchell possède donc la largeur d’épaules suffisante pour suppporter le poids du leadership, qu’elle pourrait s’offrir en cadeau d’anniversaire ce samedi, jour de ses 29 ans. Et il en va de même pour Shanne Braspennincx (4e), 31 ans et dorée en keirin l’an passé à Tokyo. Mais celle qui impressionne le plus, depuis quelques semaines, c’est bien Mathilde Gros. La Française est actuellement intouchable en vitesse et n’a eu aucun mal à confirmer son titre mondial, acquis il y a six semaines, en survolant la discipline à Majorque comme à Berlin. C’est la patronne. Mais dès qu’il s’agit de keirin, en revanche, ça coince pour l’instant.

Si Gros trouve la clé en keirin, rien ne devrait pouvoir l’arrêter

Dans cette discipline plus aléatoire et moins propice à l’expression de sa force brute, Gros a connu l’élimination dès les séries. Par deux fois. C’est la raison pour laquelle elle occupe "seulement" la 3e place provisoire du classement. La coureuse de l’US Créteil s’est néanmoins dite "plutôt contente de son keirin" lors de la 2e manche, samedi dernier. Il y avait en effet du mieux par rapport à Majorque, où elle n’avait pris que la 5e et dernière place de sa série, visiblement à court de jus après sa victoire en sprint. Cette fois, à Berlin, la Provençale n’était plus très loin du compte, 3e de sa série après avoir tenté de remonter tout le monde, en surépaisseur, depuis la 6e et dernière place dont elle avait hérité au départ. "J’ai fait quelque chose de différent comparé à la semaine dernière, disait-elle après ce keirin. On peaufine, on travaille, c’est ça le but."
Elle ne semble plus très loin de trouver la clé dans cette discipline qui lui a déjà souri par le passé (deux fois championne d’Europe, en 2018 et 2019). Le mois dernier, à Saint-Quentin-en-Yvelines, elle y a d’ailleurs signé son meilleur résultat dans des Mondiaux élite (4e). Et ça tombe bien : le vélodrome francilien accueille la 3e manche de Ligue des Champions, ce samedi. L’occasion de se rappeler de fabuleux souvenirs, six semaines après le titre mondial qui l’a fait basculer dans une nouvelle dimension. Et d’affirmer pour de bon la supériorité qu’on lui prête dans cette Ligue des Champions.

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