Les problèmes de genou et de dos qui ont contrarié son hiver ? Un lointain souvenir. Mathieu van der Poel ne semblait déjà plus en souffrir quand il avait pris la troisième place de Milan-Sanremo il y a une grosse dizaine de jours. Encore moins quand il avait signé son premier succès de la saison, et de quelle manière, la semaine passée sur une étape de la Settimana Internazionale Coppi e Bartali. Et vraiment pas ce mercredi à Waregem, où il a inscrit son nom au palmarès d'A travers la Flandre pour la deuxième fois de sa carrière, après 2019, au terme d'une course enlevée de main de maître.
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C'était d'abord du van der Poel tel qu'on le connaît. Celui qui prend les initiatives et lance les hostilités. Il l'a fait à 90 kilomètres de l'arrivée avec ses équipiers d'Alpecin-Fenix pour créer une première sélection dans le peloton. Et encore dans le Berg Ten Houte, quand il a fallu suivre l'attaque des Ineos-Grenadiers menée par Ben Turner et Tom Pidcock pour former un groupe qui n'allait jamais être revu par la concurrence en tête de la course. Et enfin, quand le Néerlandais a lancé le sprint final pour décramponner son dernier rival pour la victoire, Tiesj Benoot (Jumbo-Visma).

Van der Poel n'a laissé aucune chance à Benoot : sa victoire au sprint

Juste avant, "VDP" l'avait plutôt joué malin. Il était particulièrement attentif à l'attitude de Victor Campenaerts (Lotto-Soudal), quatrième sur la ligne d'arrivée après avoir fait forte impression. Et pour cause. "On était dans le même hôtel avec Victor sur notre camp d'entraînement, a expliqué van der Poel. Je le voyais s'entraîner et je voyais qu'il roulait très, très fort. Je savais qu'il était en grande forme. Quand il attaque comme cela, c'est quasiment impossible de le suivre. C'est l'un des coureurs les plus puissants du peloton."

"Je n'étais pas sûr d'être le plus fort dans le groupe de tête"

Mais ce n'est pas Campenaerts qui a planté la banderille décisive, celle qui a fait exploser le groupe de tête à l'approche de la flamme rouge. Benoot a endossé le rôle du pyromane de service. Et van der Poel, malgré les efforts déjà consentis jusqu'ici, a montré qu'il en avait encore sous la pédale au moment clé de la course. "Je n'étais pas sûr d'être le plus fort dans le groupe de tête, a-t-il estimé. Il y a eu un final vraiment parfait pour moi. Quand Tiesj (Benoot) a attaqué, et d'ailleurs il était très fort aujourd'hui, j'ai eu la bonne inspiration de prendre sa roue."

Van der Poel sort dans le Berg Ten Houte avec cinq autres coureurs

L'incapacité de Benoot à résister à l'accélération finale de van der Poel en dit suffisamment long sur l'état de forme du petit-fils de Raymond Poulidor. Elle est même bluffante pour un coureur qui n'avait que six jours de course dans les jambes avant le départ à Roselare mercredi matin. Elle a été saluée par ses rivaux. "Quand Mathieu est ressorti, c'était compliqué", a reconnu un Pidcock admiratif après avoir pris la troisième place à Waregem. Et elle laisse forcément présager du meilleur pour "VDP" à quatre jours d'un Ronde qu'il avait remporté en 2020.
Van der Poel est finalement celui qui a le plus minimisé sa performance. "J'étais bien mais pas forcément à mon top, a-t-il assuré. J'espère pouvoir bien me reposer et l'être dimanche, car ce sera nécessaire pour suivre les meilleurs là-bas. Ce sera une course totalement différente, surtout à cause de la distance (272,5 kilomètres, contre 183,7 pour A travers la Flandre, NDLR)." Dauphin de Kasper Asgreen (Quick-Step Alpha Vinyl) l'an dernier, le Néerlandais fera face à une meute de prétendants emmenée par son rival, le Belge Wout van Aert (Jumbo-Visma). Mais, quoi qu'il en dise, il s'est bien positionné en favori avec sa victoire à Waregem.

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