Gilbert va-t-il remporter Milan-Sanremo, le Monument qu'il lui manque ?

Cette question brûle les lèvres du peloton depuis le 14 avril 2019, date à laquelle Philippe Gilbert a conquis Paris-Roubaix. Déjà vainqueur du Tour de Lombardie (deux fois), de Liège-Bastogne-Liège et du Tour des Flandres, le Wallon complétait un peu plus sa collection de Monuments. Ne lui en reste qu'un pour égaler trois légendes belges, vainqueur des cinq plus grandes classiques du monde : Rik Van Looy, Eddy Merckx et Roger De Vlaeminck.

Tour de France
Alaphilippe : "Je n’ai pas le général du Tour en tête"
28/07/2020 À 22:07

Cet exploit, que personne n'a réalisé depuis la fin des années 1970, Gilbert s'y frottera tôt dans la saison, dès le 8 août. Une semaine après la reprise, il faudra s'avaler les 300 kilomètres de Milan-Sanremo, une situation particulière qui peut sourire à l'expérimenté Gilbert (38 ans).

Qui est le favori pour le Tour de France ?

Un nom est sur toutes les lèvres : Egan Bernal. Depuis sa prise de pouvoir en 2019, le Colombien fait office à la fois de coureur du futur du Tour de France mais aussi, et surtout, de patron du présent. Sur un parcours très montagneux avec un seul contre-la-montre, à La Planche des Belles Filles qui plus est, le frêle Bernal a toutes les cartes en main.

Pour lui, le premier écueil sera d'assurer son leadership chez Ineos, où Thomas et peut-être plus encore Froome attendent sa chute. Ensuite, la concurrence sera représentée par une équipe, la Jumbo-Visma, qui elle aussi dispose de son hydre à trois têtes (Dumoulin, Roglic, Kruijswijk) avec les avantages et les inconvénients que cela comporte. Enfin, quiconque ne se méfiera pas de Thibaut Pinot, le plus fort dans les Pyrénées en 2019, ferait sans doute une grave erreur.

Des Strade Bianche au Tour des Flandres, Alaphilippe en fait-il trop ?

La saison 2020 de Julian Alaphilippe devait être marquée par sa découverte des courses flandriennes et de la plus prestigieuse d'entre elles, le Tour des Flandres. Ceci devait s'accompagner d'une absence sur les Strade Bianche et Milan-Sanremo. Une pandémie est passée par là et le trublion tricolore a bouleversé ses plans.

Alaphilippe, qui a reconnu le parcours du Ronde avec ses coéquipiers en juillet, y sera bien mais il participera aussi aux Strade Bianche et à Milan-Sanremo. Sa saison s'étirera donc du 1er août au 18 octobre, au moins, et avec le Tour de France au milieu. Le connaissant, on l'imagine mal aller dans les Flandres pour faire de la figuration. Reste à savoir s'il saura bien doser sa forme pour ne pas tout rater à vouloir courir plusieurs lièvres à la fois.

Pourquoi les sprinteurs ont-ils choisi le Giro ?

Parce que le Tour de France ne voulait pas d'eux ! C'est caricatural évidemment, mais le parcours de la Grande Boucle 2020 ne comporte pas assez d'étapes assurées de s'achever au sprint pour que le jeu en vaille la chandelle pour les grosses cuisses, qui craignent aussi un tracé très montagneux.

C'est pourquoi le Giro a raflé la mise et sera fort de la présence de Groenewegen, Sagan, Ackermann, Viviani, Ewan ou encore Gaviria. Autre explication : sur une saison ramassée comme celle-ci, le Tour est l'objectif numéro un, loin devant tous les autres, pour toutes les équipes. C'est pourquoi elles ont envoyé la meilleure équipe possible pour jouer le général, ce qui exclut la présence d'un sprinteur et de son train.

Peter Sagan (Bora - hansgrohe)

Crédit: Getty Images

Va-t-on assister à une saison pleine de surprises ?

Ce qui change fondamentalement pour cette saison 2020, c'est sa saisonnalité. Le Tour de France survient plus tard durant l'été, le Giro n'est plus au printemps mais à l'automne, idem pour les classiques. Qu'en penser ? Les acteurs du peloton sont unanimes : changer une course de place dans le calendrier peut avoir de vrais effets. Un coureur à l'aise sur Paris-Roubaix en avril ne le sera peut-être pas fin octobre, et inversement.

Pour le Tour de France, c'est pareil. Les étapes pourraient être plus froides, plus humides et peser sur les organismes à la longue. Un Thibaut Pinot aime ces conditions, ce n'est pas vrai pour d'autres. Ouvrez bien l'œil en deuxième et troisième semaines, c'est là qu'il pourrait y avoir des défaillances, et donc des surprises.

Un Français peut-il être champion du monde ?

Le coup est passé près en 2018, quand Romain Bardet a été battu au sprint par Alejandro Valverde sur le difficile parcours d'Innsbruck. Après une édition 2019 ratée (Gallopin, meilleur français, a terminé 23e), les Bleus ont une chance de briller sur un parcours montagneux (4 000 m de dénivelé positif) autour d'Aigle-Martigny en Suisse.

"C’est un circuit qui me convient très bien. À l’équipe de France aussi, a justement noté Bardet dans une interview pour Le Dauphiné Libéré. On veut hisser un coureur sur la plus haute marche du podium." Avec une semaine entre la fin du Tour de France et la course en ligne, la forme sera là pour les Bardet, Pinot ou encore Barguil. Le premier dit qu'il veut aborder le Tour de France sans penser au général. De quoi garder de la fraîcheur pour les Mondiaux ?

Romain Bardet

Crédit: Getty Images

Milan-Sanremo, Tour des Flandres, Paris-Roubaix : quel Monument pour van der Poel ?

A Travers la Flandre, La Flèche Brabançonne et enfin l'Amstel Gold Race, Mathieu van der Poel a connu une première saison phénoménale en 2019. Arrivé avec l'étiquette de la pépite, il a plus qu'épaté son monde en se faisant une réputation de terreur du peloton. Avec son talent, la première grande victoire ne devrait pas tarder à tomber. Reste à savoir où, car son talent lui offre une large palette de possibilités.

Pas invité sur le Tour, "MvdP" aura tout le loisir de se concentrer sur les autres grandes courses. Il peut l'emporter au sprint, qu'il soit massif ou en petit comité sur Milan-Sanremo, en puncheur sur Liège-Bastogne-Liège ou encore en puissance au Ronde ou à Roubaix.

Décidément, Van der Poel est inarrêtable

La Vuelta plus que jamais session de rattrapage ?

Placée en toute fin de saison, la Vuelta, amputée de trois étapes, a été l'une des victimes du calendrier mondial. Elle partira avant la fin du Giro (le 20 octobre) et s'achèvera tard (le 8 novembre). A l'heure qu'il est, seuls Pinot et Valverde ont annoncé leur présence parmi les très grands noms du peloton.

Oui mais voilà, la saison 2020 aura ceci de particulier qu'un coureur saura rapidement si oui ou non il a atteint ses objectifs. Dans le pire des cas, il pourra toujours adapter son programme pour tenter d'accrocher une ou plusieurs victoires. C'est là que le positionnement de la Vuelta, placée un mois après la fin du Tour, peut lui être favorable, contrairement au Giro où aucun des leaders de la Grande Boucle n'ira a priori.

Leader d'Ineos, franc-tireur : quelle saison pour Chris Froome ?

Il en connaît déjà l'issue. Quoiqu'il arrive d'ici la mi-novembre, Chris Froome quittera Ineos. Ce choix fait, avec quel état d'esprit va-t-il aborder son ultime baroud dans son équipe de toujours ? Il l'a dit, son objectif est de remporter un cinquième Tour de France. Dominer la Grande Boucle est plus simple avec la force de frappe d'Ineos que chez Israel-Start Up Nation la saison prochaine. On sait donc qu'il fera tout pour s'imposer comme le leader de l'équipe britannique, coiffant ainsi Bernal et Thomas.

Pour ce faire, le mois d'août sera primordial. Route d'Occitanie, Tour de l'Ain, Dauphiné, autant de courses où il courra aux côtés d'Egan Bernal. Le battre, surtout au Dauphiné, pourrait lui offrir le leadership de l'équipe sur le Tour. Et si jamais cette première entreprise ne fonctionnait pas, il lui resterait la possibilité, improbable c'est vrai, de tout faire péter sur le Tour ou encore celle d'aller briguer un troisième Tour d'Espagne. Après tout, c'est là que tout a commencé pour lui. C'était en 2011.

Vuelta a Burgos
Une reprise musclée : Evenepoel a fait le show mais Großschartner a eu le dernier mot
28/07/2020 À 14:51
Mondiaux sur route
Wout tout-puissant
IL Y A 2 HEURES