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Armstrong perd tout mais...

Armstrong perd tout mais...
Par Eurosport

Le 24/08/2012 à 18:44Mis à jour Le 24/08/2012 à 23:46

Lance Armstrong a été dépossédé de ses sept victoires dans le Tour de France et a été radié à vie du cyclisme professionnel, par l'Agence américaine antidopage.

C'était attendu. Lance Armstrong ayant décidé de ne plus s'opposer à l'Agence américaine antidopage, celle-ci avait annoncé qu'elle prendrait dans la foulée des sanctions envers le champion texan. Il n'aura fallu que quelques heures pour cela. Vendredi, l'Usada a dépossédé Armstrong de tous ses résultats "depuis le 1er août 1998 jusqu'à aujourd'hui", dont, principalement, ses sept victoires dans le Tour de France de 1999 à 2005. Elle a par ailleurs précisé que le coureur américain était radié "à vie".

L'Usada a expliqué dans un communiqué que rien ne la retenait désormais de prendre les sanctions qui s'imposaient selon elle. "Comme c'est le droit de chaque athlète, si M.Armstrong avait contesté les accusations de l'Usada, nous aurions présenté l'ensemble des preuves dans une procédure juridique afin de lui permettre de les remettre en cause. Il a choisi de ne pas faire cela, en sachant que ces sanctions seraient immédiatement mises en place." Travis Tygart, le patron de l'Usada, a par ailleurs expliqué les motivations profondes d'une telle décision. "Personne ne gagne quand un athlète décide de tricher avec des substances dangereuses, mais les athlètes propres, à tous les niveaux, attendent des gens comme nous qu'ils chassent la vérité pour être sûr que la culture de la victoire à tout prix ne puisse pas supplanter de façon permanente la compétition juste et honnête", a déclaré l'homme qui aura donc fait tomber Lance Armstrong.

Poker menteur

L'instance antidopage américaine est donc allée au bout de sa logique. Reste que ces décisions, pour spectaculaires qu'elles soient, restent d'une certaine manière virtuelle. L'Usada s'arroge une autorité qu'elle n'a pas. Officiellement, pour l'instant, Lance Armstrong est toujours le vainqueur des Tours de France qui se sont déroulés entre 1999 et 2005. Le Tour est une épreuve internationale, placée sous l'égide et le contrôle de l'Union cycliste internationale. Elle seule a le pouvoir d'entériner de telles décisions. L'UCI a annoncé vendredi qu'elle attendrait de connaitre la décision motivée de l'Usada avant de se prononcer sur les suites à donner à l'affaire. Or elle n'a pas manqué de reprocher à plusieurs reprises à l'Usada de ne pas respecter la procédure et d'outrepasser ses droits en s'arrogeant des prérogatives qu'elle n'a pas. Le dernier coup de tonnerre de Travis Tygart a donc de bonnes chances d'ulcérer l'UCI.

Le problème, c'est que l'Usada n'est pas forcément dans son rôle en annonçant des sanctions. "Le rôle d'une agence antidopage est de déterminer si un athlète est dopé ou pas. Les sanctions sont du ressort en principe des fédérations", souligne à l'AFP Denis Oswald, directeur du Centre international d'études du sport. C'est un peu comme si l'AFLD (l'Agence française de lutte contre le dopage), avait infligé deux ans de suspension à Alberto Contador après son contrôle au clenbutérol sur le Tour 2010. Ce sont d'abord les fédérations nationales qui sanctionnent (ou non) leurs athlètes. L'UCI et l'Agence mondiale antidopage ont ensuite la possibilité de faire appel de ces décisions. C'est exactement ce qui s'est passé dans l'affaire Contador notamment. Même chose pour la radiation à vie décidée par l'Usada. Cette procédure est généralement appliquée aux coureurs en situation de récidive en matière de dopage. Lance Armstrong n'entre absolument pas dans ce cas de figure. "L'intérêt de l'Usada est de faire la lumière sur cette affaire mais leur devoir envers leurs athlètes est de veiller à ce que les règles soient respectées", prévient Denis Oswald.

En agissant de la sorte, l'agence américaine a voulu frapper un grand coup. C'est réussi. Après un long bras de fer avec Lance Armstrong, elle vient d'en entamer un autre avec l'UCI. Celle-ci se retrouve dos au mur. Si elle décide de ne pas suivre l'Usada sur le terrain des sanctions, elle ne manquera pas d'être accusée de protéger Lance Armstrong. Travis Tygart mise sans doute là-dessus. Si le dossier est réellement incontestable, on voit mal l'Union cycliste internationale épargner L.A., et ce malgré ses bisbilles avec l'Usada. Tout cela ressemble à une partie de poker menteur. L'Usada vient de faire tapis. A L'UCI de suivre, ou pas...

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