Attention, garçon en mission. Remco Evenepoel prend rarement, pour ne pas dire jamais, le départ d'une course sans avoir le désir de peser sur celle-ci. La victoire est souvent son seul objectif et il sait y ajouter la manière. C'est pourquoi on a peu de mal à le considérer comme l'un des outsiders très sérieux d'un championnat d'Europe que l'on annonce très indécis en raison d'un parcours difficile à cerner. Sa troisième place sur le chrono jeudi, sur un parcours qui ne l'avantageait pas, tout autant que ses résultats récents, prouvent que la forme est là. Alors, gare à la pépite belge.
Le grand objectif de la saison de Remco Evenepoel était le Tour d'Italie. Même à 21 printemps seulement, même après dix mois sans courir, la Deceuninck-Quick Step n'avait pas hésité à en faire l'un de ses deux leaders, le privilégiant même face à Joao Almeida. Le Belge n'est pas allé au bout de ce Giro. Déception ? Peut-être. Apprentissage dans le dur ? Sans doute. La suite de sa saison prouve en tout cas qu'il a su oublier le goût amer qu'il avait dans la bouche. Victoire sur les Tours de Belgique et du Danemark puis démonstration sur la "Course des raisins" et la Brussels Classic l'ont encore mis sur le devant de la scène. On notera quand même qu'il n'a pas encore gagné en World Tour mais nous y reviendrons.

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La descente, l'ennemi d'Evenepoel ?

"Je l’ai trouvé très impressionnant lors des courses précédentes. Ses actions à Overijse, à la Brussels Classic sur des distances supérieures à ce championnat d’Europe étaient belles à voir. Avec lui, tout est possible, il aime partir de loin", juge Philippe Gilbert, avec qui il fera équipe dimanche, pour Le Soir. Mais le Belge, qui en a vu d'autres et qui délivre rarement des jugements à l'emporte-pièce va plus loin : "Quand il a une bonne journée, il peut être imbattable car lorsqu’il est dans une échappée, il est impossible de se reposer dans sa roue, parce qu’il est petit et très aérodynamique."
On ne s'attardera pas sur l'analyse technique, bien qu'elle soit à creuser, et on préfèrera retenir la première partie de la phrase. Evenepoel est-il vraiment imbattable ? Il a donné l'impression en 2020, remportant les quatre courses à étapes (San Juan, Algarve, Burgos et Pologne) disputées avant de connaître le coup d'arrêt que chacun sait avec cette chute horrible en Lombardie.
A ce propos, et alors que le parcours du championnat d'Europe autour de Trente présente de belles descentes techniques, Gilbert balaie, toujours pour Le Soir, l'argument d'un Evenepoel mauvais dans l'exercice : "Je pense qu’il faut arrêter de parler de cela avec lui. Remco s’est fait un nom par son pilotage parfois délicat mais par rapport à ce que j’ai vu ces dernières semaines, il s’est considérablement amélioré".

Remco Evenepoel

Crédit: Eurosport

Favori alors Remco ? "Avec les jambes que j’ai aujourd’hui, je peux de nouveau me battre pour le podium dimanche", a-t-il souri après son très bon chrono de jeudi (3e derrière Küng et Ganna). "Je ferai tout pour répondre présent. Pour moi, un titre est un titre, a-t-il poursuivi auprès de La Dernière Heure. Même si celui de champion du monde est plus prestigieux, une victoire au niveau européen ne se refuse pas. Elle restera pour toujours sur ton palmarès et tu pourras rouler pendant un an avec un maillot distinctif." Evenepoel a déjà conquis, dès 2019, le titre en contre-la-montre, il pourrait déjà compléter la collection avec celui de la course en ligne.

Soutien de Van Aert aux Mondiaux

Surtout, il sait que ce championnat d'Europe sera sa seule occasion de porter un maillot spécial en 2022. Le Mondial suivra (26 septembre) me direz-vous mais le coureur de Deceuninck-Quick Step a promis d'y aider Wout Van Aert sur un parcours qui correspondra parfaitement à la terreur de Jumbo-Visma. Il y a aura bien le chrono, plus long et plus dur que celui des Europe, qui pourrait plaire à Evenepoel mais le maillot d'une course en ligne a évidemment plus de prestige. Sa saison en a d'ailleurs grand besoin.
Jusqu'ici, on en retiendra certes sept succès, soit autant que Mathieu van der Poel ou Sam Bennett mais aucun en World Tour. Ce qui ferait tâche si l'on oubliait que le gamin a frôlé la mort en octobre dernier. Reste que pour confirmer une progression dont on ne connaît pas l'issue précise tout en se doutant qu'elle va l'emmener, très très haut, une victoire de référence serait la bienvenue. Le tout afin que sa saison 2021 ne soit pas pointée du doigt comme une année de stagnation.
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