Les grands favoris

  • Julian Alaphilippe (Deceuninck – Quick-Step)
A croire que le parcours a été dessiné pour lui… Julian Alaphilippe partira avec la pancarte de l'homme à abattre dimanche. L'enchaînement des boucles et du passage de la Montée de la Vierge (2,5 kilomètres à 6%) ne lui feront certainement pas peur et semblent être le terrain idéal pour faire parler son explosivité. Surtout que ses belles prestations sur le Tour de Suisse (5 Top 10 d'étape dont les deux chronos) laissent augurer d'une belle forme. Mais dans quel état de fraîcheur mental sera-t-il après avoir assisté il y a quelques jours à la naissance de son premier enfant ? Le champion du monde devra aussi se méfier de la course d'équipe de ses adversaires pour espérer décrocher un premier titre de champion de France.
Championnats de France
Alaphilippe, Gaudu, Barguil... Piégés ou effacés, les grands favoris sont passés à côté
20/06/2021 À 18:59

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  • David Gaudu (Groupama-FDJ)
Progrès, derniers résultats, qualités : David Gaudu coche lui aussi toutes les cases pour lever les bras dimanche. "L'autre leader" de la Groupama-FDJ va tenter de faire oublier une première fois l'absence de Thibaut Pinot, avant d'en faire de même sur le Tour. Cela tombe bien, le parcours convient peut-être mieux à Gaudu, qui a montré durant l'automne sur les Flandriennes (3e de Liège-Bastogne-Liège) qu'il est de plus en plus à l'aise sur les montées courtes et nerveuses. La présence de 19 coureurs de sa formation pourrait bien l'aider à cadenasser la course et contrôler les velléités d'Alaphilippe.
  • Guillaume Martin (Cofidis)
Plus pur grimpeur, Guillaume Martin a tout de même des arguments à faire valoir sur le circuit d'Epinal. A 28 ans, il n'est plus le petit jeune dont on pourrait se jouer facilement. Martin va toutefois d'abord chercher à se rassurer après un Dauphiné frustrant. Venu se jauger et viser le général, il était tombé au début de l'épreuve et avait sévèrement craqué dans l'étape de la Plagne, concédant plus de six minutes. Si la condition est au rendez-vous et que le moral suit, ces Championnats de France sont un bon moyen pour le remettre sur les rails en vue du Tour. Et si les jambes tournent bien, les qualités sont là pour se mêler à la bagarre, même s'il devra sans doute terminer seul, le faux-plat montant du final ne l'avantageant guère.
  • Aurélien Paret-Peintre (AG2R Citroën)
Et si c'était l'heure du petit nouveau ? Aurélien Paret-Peintre n'est pas encore le plus référencé du peloton français. Mais l'ex-grand espoir d'AG2R Citroën vole désormais comme un oiseau de proie, plus comme le petit à couver. Cela lui réussit bien jusque-là cette saison, à l'image de son Dauphiné d'une régularité rare (13e du général, toujours dans le Top 40 des étapes). Pas manchot quand la route s'élève, il a en plus la caisse et les qualités de rouleur pour en imposer en cas de final à plusieurs sur le faux-plat montant de 1,4 kilomètre qui mène à l'arrivée. Les nombreux profils de sa formation, capables de se montrer sur ce genre de terrains (Gallopin, Champoussin, Calmejane, Peters) pourraient être un atout précieux pour écrémer la concurrence.

Aurélien Paret-Peintre, le coureur d'AG2R Citroën.

Crédit: Getty Images

Les outsiders

  • Warren Barguil (Arkea-Samsic)
Le Breton est encore en rodage. Mais l'air des Championnats de France ne peut que rappeler des bons souvenirs à Warren Barguil. En 2019, il avait scotché tout le monde en l'emportant au sprint dans un groupe d'attaquants. Et s'il n'aborde pas l'édition 2021 dans la forme de sa vie, voir la route s'élever doit forcément lui faire plaisir dans une épreuve fréquemment réservée aux sprinteurs. On devrait de toute façon savoir rapidement dans quelles dispositions il se trouve, lui qui avait vécu le Dauphiné malade et avait chuté.
  • Benoît Cosnefroy (AG2R Citroën)
2021 n'est pas l'année de l'ancien champion du monde espoir jusque-là. Mais sur les courses d'un jour, le coureur de 25 ans reste un homme à surveiller. Blessé au genou durant l'hiver, Cosnefroy monte en puissance et est passé proche de signer un Top 10 sur une étape de costauds du Tour de Suisse. Il a programmé son pic de forme pour le début du Tour de France et cela se sent. Son tour de force de 100 kilomètres sur les Boucles de la Mayenne, échoué pour 800 mètres, et sa victoire sur le Tour du Finistère le 22 mai dernier prouvent en tout cas qu'il n'a rien perdu de son panache.
  • Valentin Madouas (Groupama-FDJ)
Repartir d'Epinal avec le maillot tricolore n'est pas vraiment l'objectif de l'autre jeune protégé de Marc Madiot. Mais tant qu'à se préparer pour le Tour, autant joindre l'utile à l'agréable. En puncheur, Madouas cherchera avant tout à épauler David Gaudu. Mais il a les capacités pour jouer sa carte individuelle, surtout si les favoris se marquent de trop près. Les pentes de la Côte de la Vierge sont costaudes, mais pas trop pentues non plus (6,7%), juste ce qu'il faut pour le coureur de 24 ans.

Valentin Madouas lors du Tour de France 2020.

Crédit: Getty Images

Les grosses cotes

  • Pierre Latour (Team TotalEnergies)
Un dernier bouquet avec un maillot couleur bleu-blanc-rouge et pouvoir porter la tunique tricolore tout le Tour durant ? Pierre Latour y a sûrement songé. Le transfuge d'AG2R La Mondiale aura les coudées franches et une équipe dévouée à sa cause sur les routes vosgiennes. Pour l'ultime course de la formation avec les couleurs époque "Total Direct Energie", l'emporter serait presque trop beau pour ouvrir la dynamique du Team TotalEnergies. Les autres prétendants vont devoir surveiller attentivement Latour, qui monte clairement en puissance ces dernières semaines (3e du Tour des Asturies et vainqueur d'étape, 11e du Tour de Suisse avec un Top 5).
  • Arnaud Démare (Groupama-FDJ)
Non, le champion de France en titre ne peut pas être considéré comme un vrai prétendant à sa propre succession. Les quelque 4 400 mètres de dénivelé semblent bien trop importants pour convenir au sprinteur de la Groupama-FDJ. Mais le tracé, avec une seule courte bosse plutôt qu'une succession de grands cols, peut lui donner l'espoir de tenir le coup, tout du moins en première partie de course. D'autant qu'il a passé un cap dans ce registre ces derniers mois, en témoigne sa victoire sur le Tour de Wallonie l'an passé. La force du nombre de son équipe pourrait aussi retarder l'échéance.

Arnaud Demare

Crédit: Getty Images

  • Tony Gallopin (AG2R Citroën)
Le vétéran n'a pas vraiment montré sa patte d'antan ces derniers mois. Mais Gallopin est toujours un adversaire dangereux sur les courses avec des pourcentages pas trop élevés et une répétition des efforts. A 33 ans, le vainqueur d'étape sur le Tour de France et la Vuelta devrait avant tout jouer la course d'équipe. Mais lui laisser la latitude de pouvoir dicter sa loi pourrait être dangereux, surtout qu'il sort de la Route d'Occitanie sur une bonne dynamique, même après avoir participé au Giro.
A suivre aussi : Dorian Godon, Pierre Rolland, Clément Champoussin, Nans Peters, Elie Gesbert, Lilian Calmejane
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