La voix d'un homme traduit souvent beaucoup de sa personnalité. Chez Cadel Evans, elle en est le reflet exact. Quand l'Australien parle, il faut souvent prêter l'oreille pour comprendre. Sa voix est douce, presque effacée. C'est la voix d'un homme qui n'aime pas se mettre en avant. Evans est comme ça. Il sait ce qu'il veut, mais préfère ne pas le faire trop savoir. Aujourd'hui, ce que désire plus que tout l'ancien vététiste, c'est remporter le Tour de France. L'an dernier, il avait souffert de se retrouver en première ligne, dans la peau du favori numéro un. Cette fois, rien de tel. L'équipe Astana, bannie en 2008, focalisera l'attention médiatique avec Alberto Contador et Lance Armstrong.
Pour Evans, c'est parfait. On se souvient du grand barnum de l'été dernier. Lors de la première journée de repos, Cadel Evans occupait la première place du classement général. Dans le petit hôtel où elle était basée, l'équipe Silence-Lotto avait organisé une conférence de presse en grande pompe, faisant apparaitre Cadel Evans sur fond de musique rock. C'était too much pour lui. Cadel n'a rien d'une rock star ni d'une idole des jeunes. Alors, cette année, il a mis le hola. "J'ai besoin de me focaliser sur la course et uniquement sur la course, implore-t-il. J'ai demandé à l'équipe de faire moins de tapage que l'an dernier autour du Tour de France." Aujourd'hui il peut bien l'avouer, ce statut de favori lui avait pesé. "Astana n'était pas là et d'un seul coup, tout le monde me désignait comme le favori. Pour moi, ça ne changeait rien. J'étais là pour essayer de gagner le Tour. Mais le regard des gens sur moi et leurs attentes avaient changé, et ça m'a un peu perturbé", explique-t-il.
Le Dauphiné, bon révélateur
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20/04/2009 À 10:00
A l'évidence, il sera beaucoup plus tranquille cette année. Pour beaucoup, il a laissé passer une chance unique d'arriver en jaune à Paris en échouant à la deuxième place derrière Carlos Sastre. La concurrence s'annonçant plus féroce, l'Australien va retrouver une place d'outsider parmi d'autres. Parfait pour lui. A un mois de l'échéance, il abat sur les routes du Dauphiné Libéré une carte importante dans sa préparation. Deuxième en 2007 comme en 2008, il a pris l'habitude de répondre présent dans les Alpes, même s'il n'en a jamais fait un objectif. "Je n'ai pas de grandes attentes concernant la victoire finale, prévient-il, mais si j'en crois mon histoire récente, le Dauphiné a toujours été un bon révélateur pour savoir où j'en étais à quelques semaines du Tour de France."
Compte tenu du plateau très relevé offert par le Critérium cette année encore, Evans sera vite fixé. Comme toujours, sa saison s'est résumée jusqu'ici à une lente montée en puissance pour atteindre son pic de forme au mois de juillet. Un peu moins présent que l'an dernier sur les classiques ardennaises au printemps, il a tout de même pris la 5e place de la Flèche Wallonne, avant un Top 20 à Liège. Fin avril, au Tour de Romandie, il avait fini à la 7e place. Sa dernière sortie à ce jour. Loin du barnum du Giro, il a passé le mois de mai à travailler. "Ma meilleure période d'entrainement de l'année. Je commence à avoir de très bonnes sensations", assure-t-il. La semaine prochaine, il croisera notamment la route d'Alberto Contador. "Il a réussi un super début de saison mais il faut voir comment il va revenir", souffle Evans. Mais s'il venait à dominer le Castillan sur ce Dauphiné, qui sait si Evans ne se retrouverait pas à nouveau en pleine lumière pour le Tour? L'idée pourrait bien l'effrayer...
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