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Fuglsang, l’arme anti-Ineos sur le Tour ?

Fuglsang, l’arme anti-Ineos sur le Tour ?

Le 16/06/2019 à 19:38Mis à jour Le 16/06/2019 à 21:17

CRITERIUM DU DAUPHINE – Vainqueur de l’épreuve pour la deuxième fois après 2017, Jakob Fuglsang apparait aujourd’hui comme le principal adversaire de Team Ineos pour la victoire sur le prochain Tour de France. Impressionnant cette saison, marquée également par son succès sur Liège-Bastogne-Liège, le Danois d’Astana reste toutefois prudent.

Il n’est pas connu pour être le coureur le plus expansif du peloton. Que ce soit sur un vélo ou dans ses déclarations. Cette année pourtant, il en aurait bien le droit. A 34 ans, Jakob Fuglsang réalise sans conteste la meilleure saison de sa carrière. Le Danois de la formation a remporté le Tour d’Andalousie mais surtout Liège-Bastogne-Liège et le Critérium du Dauphiné, un doublé quel seuls Eddy Merckx (1971), Bernard Hinault (1977) et Alejandro Valverde (2008) avaient réussi dans l’histoire. Sans oublier des places d’honneurs sur les Strade Bianche et la Flèche Wallone (2e), Tirreno-Adriatico (3e) et le Tour du Pays Basque (4e).

Le désormais double vainqueur du Dauphiné (2017, 2019) n’a jamais terminé "pire" que 6e d’une épreuve cette saison. Une constance impressionnante qui aura surement trotté dans la tête de ses adversaires ce dimanche, lors d’une 8e et dernière étape que Fuglsang craignait : "Quand on regarde le profil, une étape courte de 113 kilomètres simplement, pas mal de coureurs pensaient que ça allait être plus dur, plus nerveux que sur le papier, a admis le Danois. J’avais un peu peur qu’il y ait des attaques de favoris". Mais il n’en a rien été, loin de là.

" Plus simple que je ne l’imaginais"

Sur la route de Champéry, Fuglsang n’aura jamais été attaqué par ses adversaires directs, à l’exception d’une timide accélération de Thibaut Pinot peu avant la flamme rouge. "Ça aurait été bien plus simple que je ne l’imaginais, racontait le Danois de 34 ans après l’arrivée. L’équipe aura encore été fantastique, elle a très bien contrôlé la situation dès le début. Pour moi, c'était un peu comme de rouler dans une grande limousine bleue jusqu'à l'arrivée. On a été loin de ce qui avait pu se passer en 2017 vers le Plateau de Solaison, lorsque j’avais renversé Richie Porte. Ce n’était pas assez difficile". Tant mieux pour le champion du monde espoirs de VTT (2007), qui lorgne désormais vers le Tour de France.

Jakob Fuglsang (Astana), dans la roue de ses équipiers lors du Criétrium du Dauphiné 2019

Jakob Fuglsang (Astana), dans la roue de ses équipiers lors du Criétrium du Dauphiné 2019Getty Images

A 20 jours du départ de la Grande Boucle, Jakob Fuglsang apparaît de plus en plus comme l’adversaire principal de la Team Ineos dans la lutte à la victoire finale. Le Danois est en grande condition, son équipe est forte mais question pour autant pour le grimpeur de 34 ans de se dévoiler. "Jusqu'ici c'est une saison fantastique pour moi, tempère-t-il. Je suis sur le bon chemin. Si la forme continue, on verra ce que ça donne en juillet. Je suis déjà heureux que le Dauphiné se soit aussi bien passé. Maintenant, le Tour c’est autre chose, avec de la tension même en dehors de la course. On verra bien."

Merckx, unique détenteur du triplé Liège-Dauphiné-Tour

Le leader de la formation Astana sait très bien qu’il n’entretient pas forcément la meilleure des relations avec le Tour de France, à l’image de son raté de l’an passé (12e à près de vingt minutes). S’il y avait pris une belle 7e place en 2013, il s’agit de son seul et unique top 10 sur la Grande Boucle. Mais c’est en 2017, alors qu’il sortait tout juste de sa première victoire sur le Dauphiné avec un statut de sérieux candidat au podium, qu’il garde son plus mauvais souvenir, étant tombé vers Peyragudes alors qu’il 5e du général et ayant dû abandonner le lendemain.

Cet été, il compte bien aller au bout. Si le top 5 est l'objectif annoncé, le Danois espère le podium "avec un peut coup de pouce". Mais, en l’absence de Froome et avec des favoris loin d’être au top jusqu’ici, c’est peut-être l’année ou jamais de parader, maillot jaune sur le dos, sur les Champs-Elysées. Et succéder ainsi à Eddy Merckx, unique coureur à jamais avoir réussi le triplé Liège-Dauphiné-Tour. C’est dire la tâche qui attend le Danois.

Emanuel Buchmann (Bora-Hansgrohe) et Tejay Van Garderen (EF Education-First) encadrent Jakob Fuglsang (Astana) sur le podium du Dauphiné 2019

Emanuel Buchmann (Bora-Hansgrohe) et Tejay Van Garderen (EF Education-First) encadrent Jakob Fuglsang (Astana) sur le podium du Dauphiné 2019Getty Images

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