Il souffle comme un petit vent d'optimisme sur le cyclisme français depuis le début de la saison. Bien sûr, ce n'est pas une tempête susceptible de chambouler la hiérarchie établie au sien du peloton. Non, juste une petite bise, pleine de fraicheur, mais qui fait tant de bien. Des nouveaux noms, de nouveaux visages. Une nouvelle attitude, aussi, moins complexée. Pierre Rolland en est un des plus beaux symboles. Du haut de ses 21 ans, l'Orléanais, par son culot, fait vraiment plaisir à voir. Alors, c'est vrai, on ne veut pas s'emballer. Mais il y a vraiment de la graine de champion dans les jambes du grand espoir du Crédit Agricole, qui n'était même pas n lors de la dernière victoire française sur le Tour de France, en 1985.
Repéré dès la saison dernière, avec notamment une victoire d'étape à Uzerche sur le Tour du Limousin, Pierre Rolland a rapidement confirmé en 2008. Il n'a pas encore gagné cette saison, mais en multipliant les places d'honneur sur l'Etoile de Bessèges, le Haut-Var ou Paris-Nice, il s'est affirmé comme un coureur de talent et de caractère. Rien ne l'effraie, celui-là. Il suffisait le voir à l'attaque sur Liège-Bastogne-Liège en avril dernier pour s'en convaincre. Son profil, c'est celui d'un puncheur-grimpeur dénué de ces inhibitions si fréquentes ans le peloton français.
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"Je fais du vélo pour gagner"
L'étape d'Annemasse du Dauphiné Libéré, pas plus tard que jeudi, est venu confirmer le tempérament du garçon. Présent dans la bonne échappée, il s'est ensuite envolé dans le très difficile mont Salève. La victoire d'étape lui tendait les bras, avant de lui glisser entre les pédales quand Cyril Dessel l'a repris puis déposé juste avant le sommet. En franchissant la ligne d'arrivée, c'est d'un poing rageur de dépit qu'il a accueilli sa deuxième place. "Oui, je suis déçu, a-t-il reconnu d'une voix posée. Je ne suis pas satisfait de faire deuxième. Je fais du vélo pour gagner des courses, pas pour terminer deuxième." Un discours déjà très assuré, aux accents "Fignonesques" et "Hinaultiens".
Conscient de tenir là un petit joyau, Roger Legeay veut maintenant prendre le temps de le polir. "Est-ce un futur grand ? Oui... mais il faut le laisser grandir. Je sais que tout le monde est en attente d'un grand champion français. Le public, les journalistes l'attendent. C'est à nous de le protéger de tout ça. Il ne s'agit pas de le couver, mais de faire écran pour qu'il puisse s'épanouir", confie le manager du Crédit Agricole, qui ne peut masquer une certaine admiration pour son poulain. "Il a d'abord les qualités physiques et, en plus, c'est un gagneur, un vrai ", assure l'ancien boss de Greg LeMond.
Le risque, forcément, serait d'en demander trop, et trop vite, à Pierre Rolland. Dans cette optique, même si la tentation de le voir briller au mois de juillet sur les routes du Tour de France est grande, il est nécessaire d'y résister. "Ce ne serait pas lui rendre service", poursuit Legeay. A défaut de Grande Boucle, c'est sur la Vuelta que le natif de Gien traînera sa carcasse longiligne (1,83 pour 69 kilos) sur sa première course de trois semaines, en septembre. On en salive d'avance. En attendant, Rolland chante sur le Dauphiné, dont il occupe une flatteuse 10e place à l'orée de ce dernier week-end. "Quelque chose me dit qu'on va encore en entendre parler...", souffle Legeay.
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