Comment aller plus haut quand on a déjà la tête dans les étoiles? C'est à cette épineuse question que Philippe Gilbert va tenter de trouver une réponse en 2012. L'an dernier, le Belge a vécu une saison absolument extraordinaire, cumulant 18 victoires, la plupart très prestigieuses, avec Liège-Bastogne-Liège, la course de ses rêves d'enfant, en guise de point d'orgue. Cet hiver, Gilbert a changé de maillot en signant chez BMC, où il a rejoint Cadel Evans et Thor Hushovd, mais pas d'ambition. Il ciblera les mêmes objectifs que la saison passée, avec, en prime, un œil sur l'Olympe, l'autre sur l'arc-en-ciel.
Cette semaine, le numéro un mondial est en stage avec son équipe en Espagne, à Denia. A quelques jours de ses premiers coups de pédales officiels sous ses nouvelles couleurs, lors du Tour du Qatar, Gilbert s'est montré égal à lui-même: toujours aussi ambitieux, mais aussi très serein. "Je suis relax, a-t-il expliqué. J'aime mon boulot, c'est plus une passion qu'un boulot. J'ai toujours voulu être coureur professionnel, disputer des grandes courses et les gagner. Maintenant que je suis arrivé à faire tout ça, pourquoi stresser? Pour moi, c'est juste un rêve et j'en profite." Le Liégeois ne se met pas de pression, et son équipe non plus. "BMC investit beaucoup dans le cyclisme, mais personne ne nous met sous pression et nous n'en avons pas besoin".
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Philippe Gilbert sait ce qu'il veut, il sait comment l'obtenir. Dans cette première partie de saison, les classiques ardennaises constitueront évidemment son principal centre d'attention. Il ne pourra pas faire mieux qu'en 2011, il le sait. Mais sa seconde partie de saison, du Tour de France au Championnat du monde en passant par les Jeux olympiques et le Tour d'Espagne, s'annonce plus chargée encore. "Cette année, c'est vraiment une grosse saison, confirme-t-il. Les classiques, le Tour, les Jeux, la Vuelta, les Mondiaux, ça va faire beaucoup mais j'espère être au niveau pour relever tous ces défis."

Belgium's cyclist Philippe Gilbert poses after to receiving the 2011 UCI World Tour trophy during the Peace and Sport international forum in Monaco

Crédit: Reuters

Il n'abordera toutefois pas tous ces évènements de la même façon. Sur les classiques, aux Jeux ou aux Mondiaux, la gagne sera l'unique objectif. La donne sera différente sur la Vuelta, qu'il appréhendera comme une préparation pour les Championnats du monde. Et le Tour? Cadel Evans, tenant du titre, sera naturellement le leader de BMC. Gilbert, lui, aura toutefois une liberté de manoeuvre. Seule certitude, il ne briguera pas le maillot vert cet été. "J'ai perdu toute chance de bien figurer en troisième semaine parce que j'ai dépense trop d'énergie. C'était une mauvaise expérience", juge le Belge. Moins se disperser pour frapper plus juste. Et viser le général? "Tout ça est parti du fait qu'Eddy Merckx a dit que je pouvais gagner le Tour, rappelle-t-il. Mais ça n'a pas été une bonne chose, les gens s'attendent à ce que je joue le général maintenant. Moi, je me concentre avant tout sur les courses d'un jour et j'adore ces courses."
Parmi celles-ci, il y a évidemment le Championnat du monde. Contrairement à l'an dernier, le parcours de Valkenburg lui sera cette fois très favorable. Un maillot arc-en-ciel donnerait encore une dimension supplémentaire à son palmarès déjà fortement garni. Mais les Jeux, autre rendez-vous phare de la saison 2012, compte presque autant à ses yeux. "C'est différent. Vous n'avez pas le maillot sur vous toute l'année comme avec le titre de champion du monde, mais à la fin de votre carrière, vous pouvez dire 'j'ai été champion olympique', et c'est quelque chose de très important." Du Qatar, en ce début février, aux rendez-vous de l'automne, Philippe Gilbert sera sur tous les fronts. Affamé mais tranquille.
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