Vincenzo Nibali avait échafaudé un plan "anti-Wiggo" en prévision du Giro. Jusqu'ici, il s'y est tenu… à la lettre. Le Sicilien, discret dans un premier temps lors des étapes de plaine, avait - comme il l’avait prévu - passé la vitesse supérieure vendredi lors de la 7e étape entre Marina di San Salvo et Pescara, avec un objectif bien précis en tête : prendre du temps au vainqueur du Tour de France 2012 avant le contre-la-montre de samedi. Si ce premier "coup" avait failli échouer, la faute à une double-chute dans la descente vers la ligne d’arrivée, il avait finalement reçu une aide inattendue… celle du Britannique en personne. Pétrifié sur son vélo, les mains greffées sur les freins, le leader de la Sky - victime lui aussi d'une sortie - avait ainsi laissé le champ libre au "Requin de Messine", lui offrant au passage un capital-bonus enviable (1'27") à la veille du chrono.
Samedi, à Saltara, alors que nombreux observateurs voyaient l’étape atterrir dans l’escarcelle de Bradley Wiggins, le favori des tifosi en a profité pour passer la deuxième couche. L'Italien, explosif dès sa sortie de la rampe de lancement, a pris tous les risques de la première à la dernière borne, conscient de l’opportunité unique s’offrant à lui. En effet, mis au courant des défaillances répétées de son rival - un changement de vélo pour crevaison, combiné à une peur viscérale de partir à la faute - à l’approche du premier intermédiaire (52" de retard sur Alex Dowsett) puis du second (59"), le Sicilien n’a alors plus lâché la pédale. "La première partie m'était favorable avec beaucoup de virages et de montées-descentes. J'ai un peu plus souffert dans la deuxième partie par rapport aux purs spécialistes, je n'ai pas le même gabarit qu'eux, mais j'ai bien géré et j'ai gardé assez de forces pour la montée finale, a-t-il indiqué après avoir franchi la ligne d'arrivée. Ce chrono, on l'avait dit, était déterminant. Je n'ai perdu que 11 secondes sur Bradley Wiggins".
Car, s’il fallait tirer un enseignement de cette 8e étape, ce serait sans aucun doute celui-ci : le leader de la Sky n’a pas créé les écarts en minutes qu’il souhaitait, Vincenzo Nibali limitant - à l’instar de bien d’autres coureurs - la casse face celui qui l’avait maté à deux reprises à Besançon et à Chartes sur la Grande Boucle 2012. Mais ce n’est pas tout : l’Italien s’est offert, au nez et à la barbe de "Wiggo", le luxe d’entretenir son avance au classement général. "Pour moi, ce maillot rose a beaucoup de signification, c'est une émotion fantastique de le revêtir comme la première fois en 2010, s’est-il réjoui, avant de faire un point rapide sur le déroulé de son schéma de course. Les choses se passent au mieux (…) mais la route jusqu’à Brescia est encore longue, et je ne néglige personne". Faute de quoi le travail accompli serait réduit à néant.
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