Vu de l"extérieur, on a le sentiment que cette course a été une véritable promenade de santé. Qu"en a-t-il été exatement ?
Julien ABSALON : Non, ça n'a vraiment pas été facile. Dès le premier tour, plusieurs coureurs ont pris la course en main. Moi, j'ai attendu mon heure. Il y a eu un moment de flottement. J'en ai profité pour partir et faire la cassure. A ce moment-là, j'avais assuré au moins une médaille. Etre seul, c'était une vraie opportunité pour moi car il valait mieux être seul pour bien négocier les trajectoires et avoir une meilleure lecture du terrain. Et gérer la course plutôt que de la subir. Mais je peux vous assurer que j'ai tout donné. J'étais à fond du début à la fin.
A quoi avez-vous pensé dans la dernière ligne droite qui vous conduisait vers la ligne d'arrivée ?
Pékin 2008
Les Bleus roulent sur l'or
23/08/2008 À 10:00
J.A. : J'avais beaucoup d'émotion. Ce fut même l'explosion dans ma tête. Des milliers de choses m'ont traversé l'esprit. J'en avais tellement rêvé de cette victoire, des dizaines de fois la nuit. Le faire en vrai, j'avoue que j'avais du mal à réaliser.
A quel moment avez-vous su que le titre était en poche ?
J.A. : Au dernier moment car tout peut arriver en VTT. Une petite erreur d'inattention aurait pu m'être fatale. Malgré ma minute d'avance, j'aurais aussi pu avoir un coup de chaud ou être victime d'un problème technique. Pendant le dernier tour, je commençais à avoir des crampes. Je suis resté concentré et je me suis accroché jusqu'au bout. J'ai seulement compris que j'avais gagné dans la dernière descente. Là, dans le pire des cas, j'aurais terminé à pied !
Quelle différence y a-t-il entre ce titre et celui que vous aviez empoché il y a quatre ans à Athènes ?
J.A. : Là, j'avais l'étiquette de favori. Il fallait donc résister à la pression, relativiser, ne pas penser à l'enjeu. Ne pas se dire non plus que certains sportifs français qui étaient favoris aux Jeux ont échoué. Ce n'est pas parce que j'avais gagné pas mal d'épreuves avant que la course était gagnée d'avance.
Vous avez connu un passage à vide en mai dernier lors des Mondiaux que vous aviez d'ailleurs dû abandonner. Même si vous aviez retrouvé toutes vos sensations ces dernières semaines, doutiez-vous un peu au départ de cette course ?
J.A. : Aux Mondiaux, la principale raison de ma défaillance était due à une sucession de problèmes. Je m'y étais présenté avec les cervicales de travers et un genou gonflé. Et dans ces conditions, même à 98% de mes possibilités, je ne pouvais pas gagner. Là, j'étais à 100 %. C'est complètement différent. Et je n'étais pas là pour prouver quelque chose. Juste pour gagner.
Avez-vous été surpris par les conditions de course qui n'étaient pas aussi apocalyptiques que celles annoncées depuis des mois ?
J.A. : Ce fut effectivement une énorme surprise de voir un ciel si bleu et une qualité d'air aussi bonne. Je n'ai pas du tout souffert de la pollution. Je félicite d'ailleurs l'organisation des Jeux de ce point de vue-là.
La chaleur était quand même au rendez-vous...
J.A. : Il fallait bien gérer ce paramètre. Beaucoup s'hydrater et ne pas attendre d'avoir soif pour boire. Moi, je buvais un demi-litre par tour. Soit quatre au total. C'était nécessaire car j'ai beaucoup sué. Mais je m'étais préparé à ça et ces dernières semaines dans le Var, je m'entraînais aux heures les plus chaudes.
Vous êtes désormais à la tête d'un incroyable palmarès dont peu de sportifs français peuvent se targuer. Ne souffrez-vous pas d'un relatif manque de reconnaissance ?
J.A. : Non, je ne fais ce métier ni pour la gloire, ni pour les télés. Je ne cherche pas à être mis sur le devant de la scène. Je suis plus content que l'effet olympique et la médiatisation servent les intérêts de mon sport. Que les J.O. boostent l'image du VTT et les fassent davantage connaître auprès du grand public. Je veux juste que ma discipline bénéficie de davantage de reconnaissance.
Irez-vous chercher à Londres un troisième titre olympique d'affilée et réaliser ce que Tony Estanguet n'est pas parvenu à réaliser au cours de cette Olympiade ?
J.A. : Je l'espère. Les Jeux Olympiques sont une source de motivation extraordinaire. C'est aussi beaucoup de pression. Rien n'est joué d'avance. Il faut être là le Jour J. C'est ça qui fait la beauté du sport. Au départ, on est tous sur la même ligne. Tous à égalité.
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