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Les 4 choses à savoir sur Alaphilippe, la révélation tricolore des Ardennaises

Les 4 choses à savoir sur Alaphilippe, la révélation tricolore des Ardennaises

Le 26/04/2015 à 21:36

Deuxième de Liège-Bastogne-Liège dimanche, après s'être révélé à l'Amstel Gold Race (7e) et mercredi à la Flèche wallonne (2e), Julian Alaphilippe (Etixx-Quick Step) s'est révélé en une semaine. Voici 4 choses à savoir sur le jeune français.

L'une des marques des grands champions est de débarquer sans prévenir. Balayant l'idée d'un sport où la performance s'acquiert d'abord par l'expérience. Bousculant la hiérarchie établie dans sa propre équipe. De ce point de vue-là, Julian Alaphilippe n'échappe pas à la règle. Ce qu'aucun Français n'a réussi à faire depuis 15 ans, il l'a fait deux fois en quatre jours. Depuis la troisième place de Laurent Jalabert sur la Flèche Wallonne en 2000, pas un Tricolore n'était monté sur le podium d'une classique ardennaise. Le puncher de 22 ans a même fait mieux, prenant les deuxièmes places de la Flèche et de Liège-Bastogne-Liège. Voici quatre choses qu'il faut savoir sur ce phénomène qu'on savait extrêmement talentueux. Mais pas au point de briller aussi tôt et aussi haut.

Il aurait dû rester dans l'ombre

On retiendra que la semaine où Julian Alaphilippe s'est révélé, il n'était pas destiné à briller. Son rôle devait se limiter à propulser Michal Kwiatkowski vers les sommets. Un lieutenant au service d'un leader. Rien de plus. C'est ce qu'il a fait lors des trois classiques, comme lors de l'Amstel où il a grandement contribué au succès du champion du monde polonais, en prenant au passage la 7e place malgré le travail effectué au préalable. Mais Kwiatkowski a ensuite failli. D'abord lors de l'ascension finale du mur de Huy mercredi où il ne pouvait garder la roue d'Alaphilippe, qui entendit alors à l'oreillette son directeur sportif Tom Steels lui crier "tu peux gagner, à fond". Même scénario, ce dimanche à Liège quand le leader d'avant-course s'est fait lâcher dans la côte de Saint-Nicolas à six kilomètres de l'arrivée. A chaque fois, l'équipier a saisi sa chance, se muant alors avec brio en leader de circonstance. Et l'on se demande ce que cela aurait pu donner avec une équipe entièrement à son service. Gageons que cela arrivera très bientôt.

Il était une star naissante du cyclo-cross

En 2010, Alaphilippe crée la sensation en devenant vice-champion du monde de cyclo-cross. Dans son jeune âge, le natif de Saint-Amand-Montrond préfère sauter les planches et rouler dans la boue, plutôt que sur l'asphalte. Double champion de France de cyclo-cross Espoirs (2012 et 2013) ce n'est qu'en 2013, lorsque qu'il rejoint l'anti-chambre de l'équipe Quick-Step (Etixx-iHNed), qu'il décide d'orienter sa carrière sur la route. A l'image de Peter Sagan, Alaphilippe a ainsi hérité d'une agilité déconcertante grâce à son passé de cyclo-crossman. Et comme il apprend très vite, les résultats ont été probants dès sa première saison avec une étape du Tour de l'Avenir et un top 10 au championnat du monde espoirs (9e). En 2014, Patrick Lefevère pouvait ainsi lui offrir les yeux fermés un contrat pro alors qu'il n'a alors que 20 ans.

Alejandro Valverde (Movistar) devant Julian Alaphilippe (Etixx - Quick Step)

Alejandro Valverde (Movistar) devant Julian Alaphilippe (Etixx - Quick Step)Panoramic

L'Armée de Terre l'a sauvé

Sa carrière aurait dû s'arrêter en 2010 avant son passage chez les espoirs. Blessé au genou, les médecins le disent perdu pour le vélo. Mais l'équipe cycliste de l'Armée de terre lui tend la main. "On lui a dit de prendre son temps pour se soigner", raconte l'adjudant David Lima Da Costa, le manager de l'équipe, qui dirige désormais le petit frère de 19 ans, Bryan, "un pur sprinter". Désireux d'apprendre un métier, Alaphilippe signe alors un contrat militaire de trois ans. Il quitte Montluçon pour la caserne de Saint-German-en-Laye. S'épanouissant dans ce cadre nouveau, son genou est alors guéri. Sa progression repart de plus belle, ce qui lui vaut à la fin de sa troisième année de passer des tests en Belgique auprès de Patrick Lefévère.  "Il a éclaté les tests, alors qu'il sortait d'une coupure", se souvient Da Costa. Le phénomène pouvait alors changer de nid pour poursuivre son envol dans la structure belge.

Cavendish l'avait annoncé

Lors du Tour de l'Ain en août dernier, Mark Cavendish avait compris de quel bois était fait son compagnon de chambrée. De retour de blessure après son abandon sur chute sur le Tour, le sprinter britannique avait joué le mentor auprès de Julian Alaphilippe tout au long de l'épreuve jurassienne, lui transportant les bidons et le faisant remonter le peloton. "Heureux d'avoir assisté à la naissance d'un champion", avait-il pu déclarer au soir de la victoire de son poulain, lors de la dernière étape. Contrant Daniel Martin dans le final, il y avait remporté en solitaire une victoire de costaud. Sa première chez les pros. Ce qui lui avait permis de décrocher la 4e place du général de cette course à étapes montagneuse, devant Jean-Christophe Péraud.

Une performance qui prouve l'étendue de sa palette. C'est un vrai passe-partout. Bon sprinter, excellent puncher, il grimpe et sait rouler. "Avec le cyclo-cross, il sait faire les efforts à bloc pendant une heure", juge Da Costa, pas étonné de la performance de son ancien coureur, même s'il n'imaginait pas le voir briller aussi rapidement. Le mois dernier Julian Alaphilippe disait ne pas savoir "quel coureur il était". La semaine qui vient de s'écouler lui a apporté des premières certitudes. Mais ses limites ne semblent pas près d'être connues. 

Julian Alaphilippe, Alejandro Valverde et Michael Albasini sur le podium de la Flèche Wallonne 2015

Julian Alaphilippe, Alejandro Valverde et Michael Albasini sur le podium de la Flèche Wallonne 2015Panoramic

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