On l’attendait plutôt sur les Grands Tours mais c’est bien sûr les classiques que David Gaudu aura d’abord révélé son immense talent. Alors que son succès au Tour de l’Avenir en 2017 semblait le destiner aux courses par étapes, le grimpeur breton est devenu un vrai classicman avant de pouvoir rêver au classement d’un Grand Tour.
A 24 ans, le Tricolore a signé ce dimanche le premier podium de sa carrière sur un Monument en prenant la 3e place de Liège-Bastogne-Liège, un résultat historique pour la Groupama-FDJ. "L’équipe n’avait jamais fait de podium à Liège-Bastogne-Liège", s’enthousiasmait son directeur sportif Franck Pineau dans le communiqué de la Groupama-FDJ . Un podium qui avait un fort goût de victoire pour Gaudu. "C'est quasi une victoire, avoue-t-il. Je suis très content. Devant moi, c'est quand même le vainqueur sortant du Tour de France (Pogacar) et le champion du monde (Alaphilippe)".
C’est passé de justesse dans le Roche-aux-Faucons, à 20m près…
Liège - Bastogne - Liège
De spectatrice à Liège en 2016 à vainqueur en 2021 : L'incroyable parcours de Demi Vollering
04/05/2021 À 21:33
D’autant qu’avec une arrivée au sprint à cinq (Valverde et Woods accompagnaient les trois hommes), le podium était loin d’être acquis. "On arrive à cinq et je finis troisième alors que sur papier, je suis peut-être le moins rapide, estime t-il. Je suis aux anges. Un podium sur une des plus grandes courses du monde, c'est fantastique. Des monuments, il n'y en a que cinq dans l'année, donc je suis très heureux". Et il y a de quoi. Ils ne sont pas si nombreux ces derniers temps parmi les Français à être monté sur le podium de Liège (2 sur les 22 dernières éditions avant Alaphilippe et Gaudu cette année) et ce résultat, le Breton est allé le chercher à la pédale, au terme d’une course menée de main de maitre.

David Gaudu (Groupama-FDJ) dans la roue de Michael Woods (Israel Start-Up Nation) sur Liège-Bastogne-Liège 2021

Crédit: Getty Images

"Il s’est débrouillé comme un chef face à l’adversité, estimait Franck Pineau. Il est facile, toujours placé… Il a fait zéro faute". Et, lorsque les favoris se sont expliqués dans l’ultime ascension, le Breton était prêt. "Le moment décisif, ce fut la côte de La Roche-aux-Faucons, comme souvent, raconte le Tricolore. Je n'avais que cela en tête depuis le matin "La Roche-aux-Faucons, La Roche-aux-Faucons, La Roche-aux-Faucons"... Je savais que j'allais tout jouer dedans. Soit ça allait passer, soit j'allais exploser le moteur… Et c'est passé de justesse au sommet, à 20m près". En tête de course avec Alejandro Valverde, Michael Woods, Julian Alaphilippe et Tadej Pogacar, David Gaudu fait alors figure d’exception dans un groupe où tous étaient déjà montés sur le podium de la Doyenne.
Sur ce genre de course, c’est notre patron
Malgré tout, malgré sa pointe de vitesse supposée plus faible, le Tricolore a passé ses relais comme les autres. "On a bien collaboré, raconte-t-il. Même si je me savais le moins rapide des cinq, j'ai fait ma part de travail". Et il a été récompensé au sprint en se montrant plus véloce que Woods mais aussi que Valverde, parti de trop loin. Un résultat qui confirme l’exceptionnel printemps réalisé par David Gaudu, 5e sur la Flèche Wallonne mercredi mais aussi 5e du Tour du Pays Basque en remportant l’étape-reine à Arrate. "J’ai acquis beaucoup de confiance ces dernières semaines, avoue le Breton. Je me dis maintenant que j'arrive à lutter avec les meilleurs du monde. C'est prometteur pour la suite et, la suite, ce sont ces classiques accidentées".

Gaudu : "Cette 3e place à Liège est une petite victoire"

Des courses d’un jour où le grimpeur français s’est assuré depuis un an un statut de leader qui semble aujourd’hui tout naturel. "Sur ce genre de course, c'est notre patron, confirme son manager Marc Madiot. C'est un patron... jeune. Ça ne me surprend pas du tout. Il a un sacré moteur. Il fait peu d'erreurs même s'il lui a fallu plus de temps qu'à d'autres pour arriver à ce niveau chez les pros". Mais c’est désormais chose faite et, maintenant, tout semble possible et le Breton ne s’interdit rien. "On verra dans quelques années si je peux viser un peu plus haut mais les courses à étapes me font aussi rêver, avoue le Français. Je vois que beaucoup de coureurs parviennent à concilier les deux, donc pourquoi pas moi ". Vu ce qu’il démontre depuis plusieurs semaines, il n’y a aucune raison, en effet.
Liège - Bastogne - Liège
Pellaud : "Il y a d'autres chats à fouetter que de disqualifier Carapaz pour position inadéquate"
26/04/2021 À 17:06
Liège - Bastogne - Liège
Pogacar, une victoire parfaite pour un profil unique
25/04/2021 À 17:30