Décidément, les Slovènes sont bien les nouveaux rois de la "Doyenne". Au terme d’une course assez terne en raison d’un fort vent de face, Tadej Pogacar (UAE Team Emirates) a remporté l’édition 2021 de Liège-Bastogne-Liège. Vainqueur au sprint au sein d’un groupe de cinq, il succède au palmarès à son compatriote Primoz Roglic. Déjà passé tout près l’an dernier avec ce final fou, Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step) n’a cette fois rien pu faire dans la dernière ligne droite et doit se contenter de la 2e place, juste devant un autre Français David Gaudu (Groupama-FDJ). Bernard Hinault devra encore attendre pour trouver son successeur.

INEOS a tout tenté, en vain

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Les années se suivent et les déceptions s’enchainent pour Julian Alaphilippe sur la Doyenne. Déjà 2e en 2015, auteur d’une double bourde rocambolesque l’an dernier, le Français avait cette fois fait la course parfaite. Bien aidé par la force collective de la formation Deceuninck-Quick Step, le champion de France a longtemps compté ses coups de pédale, laissant la formation INEOS Grenadiers tenter de durcir la course dès la côte de Stockeu, à 60km de l’arrivée. Mais le vent de face qui soufflait ce dimanche ne laissait que peu de place à un autre scénario qu’une course de côte dans la Roche-aux-Faucons. Ce qui n’a pas empêché l’équipe britannique de tout tenter pour y échapper.

Frayeur pour Alaphilippe, un temps distancé sur un coup de force d'INEOS Grenadiers

L’énorme tempo imposé par Tao Geoghagan Hart dans la côte de la Redoute a d’ailleurs créé une première sélection surprise dans laquelle on ne retrouvait pas Julian Alaphilippe ou Michael Woods (Israel Start-Up Nation). Sans doute par choix vu la suite de la course. Avec trois coureurs dans le groupe d’une dizaine d’hommes qui s’est alors détaché, INEOS Grenadiers a tenté de piéger le champion du monde mais tout est rentré dans l’ordre quelques kilomètres plus loin. La formation britannique a remis ça dans la côte des Forges, piégeant cette fois Roglic et Valverde en plus d’Alaphilippe mais, là encore, le coup n’est pas parti. C’est finalement Richard Carapaz en solitaire qui a réussi à s’extirper du groupe des favoris mais, tout seul, c’était mission impossible pour l’Equatorien. Surtout avec ce vent de face.

Woods le plus fort mais aussi le moins rapide

Et à force de tout donner pour faire la sélection de loin, INEOS Grenadiers a fini par tout perdre puisqu’aucun de ses coureurs n’a réussi à accrocher le bon coup dans la côte de la Roche-aux-Faucons et aucun ne finira dans le top 10 (Kwiatkowski 11e). Et la sélection, c’est finalement Michael Woods qui l’a réalisée, avec une longue et puissante attaque sur le sommet de la dernière difficulté. Seuls quatre coureurs ont pu prendre son sillage : les Français David Gaudu, très à l’aise également dans la Roche-aux-Faucons, et Julian Alaphilippe mais aussi Tadej Pogacar et Alejandro Valverde (Movistar). Sans doute le plus fort dès que la pente s’élevait, obligeant ses adversaires à s’accrocher dans sa roue plutôt qu’à espérer passer à l’attaque, le Canadien a ensuite payer sa "faible" pointe de vitesse dans le sprint. Le jour de ses 41 ans, Valverde rêvait sans doute d’égaler Eddy Merckx mais l’Espagnol était aussi le moins frais des cinq et il a commis l’erreur de vouloir emmener dans le dernier kilomètre, une faute tactique avec le vent de face.
Comme sur les Mondiaux 2018, le vétéran de la Movistar à lancé son sprint à 300m de l’arrivée, n’étant pas aussi véloce que ses adversaires mais l’Espagnol a vite buté sur le vent de face. Tranquillement calé dans son sillage, respectivement en 4e et 5e position du groupe, Julian Alaphillipe et Tadej Pogacar ont tardé à produire leur effort pour débouler à une vitesse impressionnante de l’arrière. On a un temps cru que le champion du monde allait enfin décrocher un deuxième Monument mais les derniers mètres lui ont été fatals face à un Pogacar qui lui était juste supérieur. Pas de faute comme l’an dernier. Attentif toute la journée, toujours dans les bons coups et lui soutenu par une grosse formation UAE Team Emirates, à l’image d’Hirschi (6e) ou Formolo (16e), le Slovène s’offre la plus belle des vengeances après sa non-participation à la Flèche en raison du Covid et sa 3e place sur Liège l’an dernier, où il avait été gêné dans le sprint… par Alaphilippe. Un an plus tard, le Français est une nouvelle fois du mauvais côté de la barrière mais cette fois, il a juste été battu par plus fort que lui.

Pogacar : "Gagner comme ça devant Alaphilippe...."

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