La cote des favoris

5 étoiles : Wout Van Aert (Belgique)

Mondiaux sur route
Cavagna : "Le titre mondial de Julian ? J'ai pleuré devant ma télé"
12/10/2020 À 16:21

4 étoiles : Marc Hirschi (Suisse), Jakob Fuglsang (Danemark), Michael Woods (Canada), Tadej Pogacar (Slovénie), Julian Alaphilippe (France)

3 étoiles : Vincenzo Nibali (Italie), Alejandro Valverde (Espagne), Michal Kwiatkowski (Pologne), Primoz Roglic (Slovénie)

2 étoiles : Tom Dumoulin (Pays-Bas), Michael Matthews (Australie), Maximilian Schachmann (Allemagne), Daniel Martinez (Colombie), Alexey Lutsenko (Kazakhstan), Greg Van Avermaet (Belgique)

1 étoile : Richie Porte (Australie), Tom Pidcock (Grande-Bretagne), Miguel Angel Lopez (Colombie), Guillaume Martin et Valentin Madouas (France), Dan Martin (Irlande), Mikel Landa et Enric Mas (Espagne), Sepp Kuss (Etats-Unis), Rui Costa (Portugal), Diego Ulissi (Italie)

Wout Van Aert (26 ans, Belgique) : *****

Meilleur résultat : /

Aucune participation

Déjà impressionnant l’an dernier, Van Aert est devenu sans conteste le meilleur coureur du monde depuis la reprise de la saison, post-confinement. Vainqueur des Strade Bianche, de Milan-SanRemo, du Championnat de Belgique du chrono ainsi que deux étapes du Tour, le Belge semble intouchable dès qu’il a l’occasion de jouer sa carte. Sur le papier, ces Mondiaux d’Imola peuvent paraître très dur pour un coureur du gabarit du triple champion du monde de cyclocross (2016, 2017 et 2018) mais ce qu’il a démontré sur les routes du dernier Tour de France, en soutien de Primoz Roglic, pousse à l'optimisme.

S’il a tenu vers la Roche-sur-Foron, où il a pris la 3e place, il n’aura pas de souci sur les 256km du Mondial italien, d’autant qu’en spécialistes des Flandriennes, il est habitué aux longues distances. Reste à connaitre sa fraîcheur, physique et mentalr, après 15 jours à défendre le maillot jaune de Roglic sur le Tour de France. Capable de s’imposer en solitaire, il possède en outre la plus belle pointe de vitesse de tous les favoris. Reste un paramètre à déterminer : l’équipe de Belgique va-t-elle parvenir à se muer en force collective plus qu’en somme d’individualités ? Si c'est le cas, il sera l’homme à battre dimanche. Un statut qu’il commence à connaître.

La palette à Jacky : Comment Roglic a mis van Aert sur la voie royale

Marc Hirschi (22 ans, Suisse) : ****

Meilleur résultat : 27e, en 2019

2e participation

Lui aussi a impressionné sur les routes de la Grande Boucle. Vainqueur à Sarran, élu super combatif, le Suisse a clairement franchi un palier, voire même plusieurs, à l’occasion de ce mois de septembre. Il aborde ces Mondiaux avec un statut bien différent de celui qui aurait été le sien avant le Tour. En pleine forme, très juste sur le plan tactique, même si malchanceux à plusieurs reprises (Nice, Laruns), il sera le leader incontesté d’une équipe de Suisse qui va manquer de ressources humaines par rapport aux autres favoris (6 contre 8) et qui semble moins forte.

La présence de Michael Albasini (22e des Mondiaux l’an passé), d'Enrico Gasparotto (10e de la Flèche 2019) ou encore Michael Schär vont lui permettre d'être serein : il sera bien entouré. Rapide au sprint mais adepte de longs raids, Hirschi a déjà connu le sacre mondial sur un parcours difficile avec son titre espoir à Innsbrück il y a deux ans. Depuis, il a confirmé être capable de briller au plus haut niveau (victoire sur le Tour), sur les épreuves longues (3e de la Clasica 2019), quelques soient les conditions, à l’image de sa 27e place sur les Mondiaux l’an dernier, sous une pluie torrentielle. Et il ne semble avoir peur de rien. Ni de personne.

Seul, loin devant, Hirschi a même pu savourer : L'arrivée de la 12e étape

Jakob Fuglsang (35 ans, Danemark) : ****

Meilleur résultat : 12e, en 2019

8e participation

Depuis un an et demi, c’est le meilleur cycliste du monde sur les classiques vallonnés, un statut qu’il a quelque peu dû partager avec Wout Van Aert cette saison. Mais le Danois reste une référence sur les courses d’un jour difficiles, comme en témoigne sa récente victoire sur le Tour de Lombardie, certes dans des conditions particulières, symbole d’un début de saison impressionnant (victoire en Andalousie, 5e des Strade, 2e du Tour de Pologne). Mais sa coupure fin août a légèrement grippé la machine, bien moins flamboyante sur Tirreno-Adriatico (14e à près de 4 minutes de Simon Yates), et ne le place pas au statut de favori que ses références récentes devraient lui accorder. Contrairement à d’autres nations, il ne possède pas non plus une grosse équipe. Mais il pourra compter sur la science des Mondiaux de Michael Valgren, toujours placé (7e à Innsbruck en 2018 et 7e à Harrogate en 2019).

Jakob Fuglsang

Crédit: Getty Images

Michael Woods (33 ans, Canada) : ****

Meilleur résultat : 3e, en 2018

5e participation

Souvent oublié au départ au moment de lister les favoris d’une classique, le Canadien n’est pourtant généralement pas très loin de la gagne à l’arrivée. Arrivé en 2016 chez les professionnels, à 30 ans, Michael Woods multiplie depuis les places d’honneurs sur les courses d’un jour, sans parvenir à en claquer une de renom, malgré son succès sur Milan-Turin l’an dernier. Mais le puncheur canadien, qui n’est jamais aussi à l’aise que dans les gros pourcentages comme en témoigne son succès à Balcon di Bizkaia sur la Vuelta 2018, est un homme des grands rendez-vous et est déjà passé tout près du titre mondial, il y a deux ans. En confiance après son succès à Saturnia sur Tirreno-Adriatico, par-delà un mur de 1,6km à 10,8%, Woods ne sera surement pas loin une nouvelle fois, même si le Canadien devra se débrouiller seul. Mais, ça, il en a l’habitude.

Tadej Pogacar (22 ans, Slovénie) : ****

Meilleur résultat : 18e, en 2019

2e participation

Il n’était encore qu’espoir il y a deux ans et le voilà déjà propulsé parmi les favoris des Championnats du monde. C’est que le Slovène a une fâcheuse tendance à franchir les étapes quatre à quatre. Vainqueur exceptionnel du Tour de France il y a une semaine, le grimpeur de 22 ans en est non seulement ressort grandi et confiant mais aussi avec une fraîcheur supérieure à la majorité de ses adversaires. Malgré sa jeunesse, Pogacar a déjà prouvé que les longues distances ne lui faisaient pas peur (12e de Milan-SanRemo 2020, 18e de Liège l’an passé) et il a découvert avec brio (18e) les Mondiaux à Harrogate, malgré des conditions horribles. Excellent grimpeur, très bon puncheur, le Slovène possède en outre une solide pointe de vitesse, ce qui pourrait servir en cas d’arrivée en petit comité. Et nul doute qu’il pensera que le dernier vainqueur du Tour à avoir été champion du monde la même année s’appelait Greg Lemond. Et il venait juste de renverser le Tour dans le dernier chrono.

L’émotion de Pogacar : "Je ne peux même pas décrire ce que je ressens"

Julian Alaphilippe (27 ans, France) : ****

Meilleur résultat : 8e, en 2018

5e participation

Les années se suivent et ne se ressemblent pas forcément pour Julian Alaphilippe. Intouchable l’an dernier, le Français est incontestablement plus irrégulier depuis le début de la saison 2020 et il peine à retrouver son niveau de l’année dernière. Malgré tout, le Tricolore reste une valeur sûre et sera le leader logique de l’équipe de France. Mais son incapacité à être aussi tranchant qu’à l’habitude et ses "explosions" soudaines sur le Tour de France, alors qu’il semblait à l’aise, ont poussé le sélectionneur Thomas Voeckler à ne pas jouer que sa carte, alors de solides puncheurs comme Valentin Madouas ou Guillaume Martin. Toujours parmi les favoris, le coureur de Saint-Amand-Montrond n’a jamais concrétisé sur les championnats du monde, passant même à côté en 2019 (28e). Cette fois, il ne sera qu’un outsider parmi tant d’autres. Et c’est peut-être ce qui pouvait lui arriver de mieux.

Julian Alaphilippe, au départ des Strade Bianche, le 1er août 2020

Crédit: Getty Images

Vincenzo Nibali (35 ans, Italie) : ***

Meilleur résultat : 4e, en 2013

7e participation

Le maillot arc-en-ciel, l’Italien en rêve depuis septembre 2013 et ce rendez-vous manqué avec le titre mondial, à domicile, sur les routes de Florence. Aujourd’hui, il n’apparaît plus que comme un gros outsider. Toujours présent mais moins fringuant et moins tranchant que par le passé, à l’image de son Tour de Lombardie (6e mais à 3 minutes de Fuglsang), le Transalpin reste toutefois un homme de grand rendez-vous. Il sait se préparer mieux que personne pour une échéance. Au départ d’Imola, dimanche, ses résultats récents n’auront plus aucune importance et c’est au triple vainqueur de Monuments (deux Lombardie, un Milan-SanRemo) qu’auront affaire ses adversaires. Au sein d’une équipe d’Italie solide et aux multiples cartes, le "Requin de Messine" peut faire la différence à tout moment et son talent de descendeur pourrait lui être précieux, vu les périlleuses routes qui seront empruntées.

Alejandro Valverde (40 ans, Espagne) : ***

Meilleur résultat : Vainqueur, en 2018

14e participation

Enfin sacré il y a deux ans à Innsbrück, après six médailles, l’Espagnol connait les championnats du monde mieux que quiconque. Quelque soit le profil, Alejandro Valverde a toujours été au rendez-vous, ne manquant le top 10 qu’à trois reprises (57e en 2007, 37e, 2008 et abandon l’an dernier). Et le tracé d’Imola, aussi difficile que celui d’Autriche en 2018, le convient parfaitement sur le papier. Toujours aussi endurant à défaut de posséder son punch et sa pointe de vitesse d’antan, le Murcien a en plus l’habitude de briller en sortie de Grande Boucle (vainqueur de la Clasica en 2008 et 2014) et il pourra compter sur une grosse équipe d’Espagne où il ne sera pas la seule carte. Mais l’Espagnol vit toutefois sa saison la plus délicate depuis 2002. Incapable de rentrer dans le top 10 de la moindre course par étape, il n’a plus couru de classique majeur depuis le Tour de Lombardie l’an dernier, où il avait certes brillé (2e). Mais enterrer Valverde, même un Valverde de 40 ans, serait une grosse erreur.

Sagan battu, les Bleus inspirés, Valverde royal : les moments-clés de la course

Michal Kwiatkowski (30 ans, Pologne) : ***

Meilleur résultat : Vainqueur, en 2014

7e participation

C’est l’histoire d’un coureur au talent hors norme que l’on ne laisse pas assez souvent jouer sa propre carte. Pourtant, lorsqu’il est leader, Michal Kwiatkowski se rate rarement. Quel coureur peut se targuer d’avoir remporté un titre mondial, Milan-SanRemo, la Clasica San Sebastian, l’Amstel Gold Race, le GP E3 Harelbeke, deux Strade Bianche mais aussi Tirreno-Adriatico, alors qu’il est équipier 50% du temps ? Le Polonais reste une valeur sure des courses d’un jour, même si son dernier succès d’envergure date de 2017, sa dernière grande année sur le plan personnel. Très solide sur le Tour de France, dont il a remporté la 18e étape après un grand numéro en compagnie de Richard Carapaz, Kwiatkowski est l’archétype du coureur susceptible d’être champion du monde à Imola : bon grimpeur, excellent puncheur, habitué aux longues distances et doté d’une solide pointe de vitesse. Reste qu’il devra se débrouiller seul, vu la faiblesse collective de la Pologne. Ça ne l’avait pas gêné en 2014…

Spectateur plaqué, Kwiatkowski et Carapaz à la Hinault-LeMond : L'arrivée de la 18e étape

Primoz Roglic (29 ans, Slovénie) : ***

Meilleur résultat : 34e, en 2018

4e participation

Une semaine après la plus grosse déception de sa carrière sportive, cyclisme et saut à ski confondus, nul ne sait dans quel état d’esprit sera le Slovène à Imola. Il est difficile de perdre le Tour à la veille de l’arrivée, encore plus là où tu pensais le gagner. Sera-t-il revanchard ou encore sous le coup de la déception ? Sur le papier, ces Mondiaux lui correspondent parfaitement, avec deux "murs" par tour de circuit, ces ascensions courtes et sèches dans lesquelles le Slovène est si à l’aise. Et Alejandro Valverde a montré en 2018 qu’il était possible d’être sacré une semaine après une grosse déception sur un Grand Tour. Mais la Vuelta n’est pas la Grande Boucle et l’Espagnol n’avait pas en plus le vainqueur final dans son équipe aux Mondiaux. Reste que Primoz Roglic a toutes les qualités pour briller à Imola, à condition d’y être prêt dans la tête.

Roglic : "Je n'ai peut-être pas fait ce qu'il fallait"

Tom Dumoulin (29 ans, Pays-Bas) : ***

Meilleur résultat : 4e, en 2018

7e participation

Deux ans après son énorme déception en Autriche (battu au sprint pour l’or mondial), Tom Dumoulin rêve de maillot arc-en-ciel et de succéder à Joop Zoetemelk, dernier Néerlandais à avoir remporté le titre mondial, en 1985. Le natif de Maastricht sort d’une grosse déception sur le Tour de France, qu’elle soit collective (perte du maillot jaune la veille de l’arrivée) ou individuelle (victoire manquée sur le chrono). En difficulté depuis deux ans, le champion du monde du chrono 2017 est de tout de même revenu à un niveau très intéressant sur la Grande Boucle, pas si loin des meilleurs. Moyennement entouré malgré Oomen et Van Baarle, Dumoulin devra surtout s’isoler pour espérer s’imposer et éviter le scénario d’Innsbrück, sans avoir le punch pour y parvenir à la pédale.

Tom Dumoulin lors de la 9e étape du Tour de France 2020

Crédit: Getty Images

Michael Matthews (29 ans, Australie) : ***

Meilleur résultat : 2e, en 2015

8e participation

Sans en donner l’impression, l’Australien est en train de prendre la succession d’Alejandro Valverde au rang des spécialistes malheureux des Vhampionnats du monde : vice-champion du monde à Richmond, Michael Matthews a loupé de peu le podium à Doha (4e) avant de prendre la médaille de bronze à Bergen. Capable de remporter des sprints massifs, comme de briller sur les forts pourcentages (5e de la Flèche Wallonne en 2018), le natif de Canberra est le seul coureur susceptible de battre Van Aert en cas d’arrivée groupée. Mais c’est aussi celui qui aura le plus de mal à rester au contact au grès des tours, même si sa 4e place sur Liège-Bastogne-Liège en 2017 montre qu’il faudra compter sur lui. D’autant qu’il pourra compter sur un très forte équipe d’Australie, avec Richie Porte mais aussi Clarke ou Hindley à ses côtés.

Maximilian Schachmann (26 ans, Allemagne) : ***

Meilleur résultat : Abandon, en 2018

2e participation

Il y a encore un peu plus d’un mois, l’Allemand faisait partie des principaux favoris, au même titre qu’Alaphilippe ou Fuglsang. Mais, depuis sa chute sur le Tour de Lombardie et sa fracture de la clavicule, Maximilian Schachmann est à la recherche de ses sensations et sa meilleure forme, celle qui lui avait permis de remporter Paris-Nice en mars. Spécialiste des classiques ardennaises (5e de l’Amstel, 5e de la Flèche, 3e de Liège l’an dernier), le Berlinois sera sur son terrain de prédilection à Imola. Mais la forme aperçue sur le dernier Tour de France ne suffira sans doute pas. Et, à l’exception de Simon Geschke, il ne pourra pas vraiment compter sur son équipe pour l’accompagner très longtemps.

https://imgresizer.eurosport.com/unsafe/0x0/filters:format(jpeg):focal(831x632:833x630)/origin-imgresizer.eurosport.com/2020/09/14/2886876.jpg
Mondiaux sur route
"Van Aert ? Pogacar a été le grain de sable dans la belle mécanique belge"
28/09/2020 À 09:51
Mondiaux sur route
"L'humain Alaphilippe est fédérateur car le coureur est aimé de tout le monde"
28/09/2020 À 09:42