"Paris-Nice est une course passionnante, et c’est souvent le premier objectif de l’année", observe Frédéric Guesdon, dont la Groupama-FDJ fait sans nul doute de la course au soleil un rendez-vous majeur… ce qui ne l’empêche pas de se présenter dimanche au départ de Saint-Cyr-L’école sans son meilleur atout pour les courses par étapes, Thibaut Pinot.
"On arrive à avoir des leaders sur Paris-Nice et Tirreno, ce qui n’était pas forcément le cas il y a quelques années", préfère observer Guesdon, qui devra mener le duo formé par Arnaud Démare et David Gaudu vers le succès à partir de dimanche. C’est également sur eux que reposeront les ambitions de la formation française en juillet, Pinot préférant soigner ses blessures loin des courses au maillot jaune.
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Ce n’est pas la première fois que le Franc-Comtois privilégie Tirreno-Adriatico et le Giro à leurs pendants français, mais il avait fait ses débuts sur Paris-Nice en 2020. C’était il y a seulement un an, dans une sorte de tournée hexagonale avant la Grande Boucle, et il avait pris la 5e place pendant que Démare vivait un premier confinement après sa participation à l’UAE Tour. Depuis, le monde a changé. Et la Groupama-FDJ aussi, à sa manière.

David est capable de voler de ses ailes

En un an, la trajectoire qui devait mener Pinot vers les plus beaux sommets juilletistes a méchamment dérapé sur la patinoire de Nice. Loin du Tour, Arnaud Démare s’est imposé comme le coureur qui lève le plus souvent les bras dans les pelotons professionnels. Et David Gaudu a gagné ses galons de leader avec une Vuelta très réussie (2 victoires en montagne, 8e au général).
Le petit Breton longtemps couvé par Pinot s’est encore imposé le week-end dernier, sur la Faun-Ardèche Classic. Il est aujourd’hui le seul coureur de la Groupama-FDJ à s’être imposé en 2021. Et à en juger par la tranquillité qu’il affichait lundi au micro de Bistrot Vélo, ce ne sont pas ses nouvelles responsabilités qui l’inquiètent.

Gaudu : "Avec Pinot, on ne s’est jamais tiré dans les pattes et ça fonctionne"

"David est capable de voler de ses propres ailes", appuie Frédéric Guesdon. Ça commence sur Paris-Nice et ce sera encore le cas sur le Tour, où Gaudu espère gagner une étape de montagne et pourquoi pas signer un joli classement général. Pour sa cinquième saison professionnelle, les attentes restent en-deçà de celles qui accompagnaient Pinot depuis ses coups de force dans les Pyrénées en 2019. Et le jeune grimpeur est très entouré.
Sur Paris-Nice, Gaudu pourra compter sur son compagnon Bruno Armirail, qui l’accompagnait notamment dans les bons coups sur la Vuelta. Le reste de l’équipe va avant tout œuvrer sur le plat. On retrouve quatre membres du train qui a mené Démare vers ses quatre victoires au sprint sur le dernier Giro : Jacopo Guarnieri, Ramon Sinkeldam, Miles Scotson et Ignatas Konovalovas.

Rudy Molard et Thibaut Pinot (Team Groupama - FDJ) lors du Tour Var et des Alpes maritimes 2021

Crédit: Getty Images

La pression repasse sur Démare

Avec ses succès en série et son palmarès étoffé, Démare reste le leader dont on attend les garanties de succès les plus sérieuses. Il n’a pas encore levé les bras cette année, mais "l’objectif, c’est Paris-Nice", assure Frédéric Guesdon. "On fera le bilan à l’arrivée et il enchaînera sur de très belles classiques. Sanremo, Gand, Roubaix, ce sont des courses où il a déjà fait des résultats. Il est quand même obligé de faire quelques classiques."
Après les succès de l'an passé, la priorité reste donnée au sprint cette saison. “On s’aperçoit qu’il ne faut pas se diversifier de trop, être vraiment dans son domaine”, justifie Guesdon. Après avoir dompté Sagan sur le Giro, Démare éprouve cette stratégie face à Sam Bennett et Pascal Ackermann, entre autres, sur Paris-Nice, avant de viser une troisième victoire d’étape sur le Tour cet été.
Il est plus difficile de placer de telles attentes en Thibaut Pinot alors qu’il se plaignait encore de douleurs au dos pour sa reprise. Le Franc-Comtois doit avant tout retrouver ses moyens pour libérer sa rage de vaincre. Il veut ce podium final qui lui a cruellement échappé sur le Giro. Plus tard dans la saison, ses rêves olympiques peuvent lui permettre de nouer une nouvelle relation avec le public français, avant de revenir sur la Grande Boucle.
"En regardant le Tour à la télé, j’ai compris que je voulais y revenir à 100%", nous expliquait-il au printemps 2019, avant de signer un retour brillant quelques mois plus tard. À bientôt 31 ans, il reprend ses distances. Pour mieux revenir ? En attendant, la Groupama-FDJ compte sur Arnaud Démare et David Gaudu.
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