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Helvète underground
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Publié 11/04/2009 à 08:00 GMT+2
Qu'arrive-t-il à Fabian Cancellara? Depuis plusieurs mois, le Suisse n'est que l'ombre de lui-même. Le moral dans les chaussettes, il peine à sortir de l'ornière. Entre blessures, malchance et coups de blues, l'homme fort de l'équipe Saxo Bank peut-il redevenir lui-même dimanche à Roubaix?
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Une image suffit parfois à tout résumer. Celle de Fabian Cancellara, tête basse et vélo sur l'épaule, montant à pied les derniers pavés du Koppenberg dimanche dernier dans le Tour des Flandres, est saisissante à plus d'un titre. Elle en dit long sur l'état d'esprit actuel du champion suisse. Cette fois, c'est la malchance qui l'a rattrapé. Cancellara a cassé sa chaine au pire moment. "C'est la première fois que ça m'arrive en course de casser ma chaine comme ça. C'est juste ridicule", lancera-t-il après son abandon, limite blasé. Pour lui, ce fut le dernier en date d'une série de coups durs. "Je n'avais pas besoin de ça", avoue le Bernois, dont la carrière semble à l'arrêt.
Il y a huit mois, qui aurait pu prédire une telle descente aux enfers? On l'avait laissé triomphant à Pékin. Sacré champion olympique du contre-la-montre, médaillé de bronze dans la course en ligne, le grand Fabian était au fait de sa gloire. Cette saison 2008 tournait au rêve éveillé. Vainqueur de Tirreno, de Milan-Sanremo, deuxième de Paris-Roubaix, tout lui avait souri au printemps et l'été se voulait au diapason. Et puis, plus rien. Ou presque. Vidé physiquement et mentalement, il a d'abord renoncé au Championnats du monde. On pense le retrouver frais et dispo début 2009 et sa victoire dans le prologue du Tour de Californie accrédite cette idée. Pas pour longtemps. Le lendemain, victime d'une forte fièvre, il quitte la course. Aujourd'hui, on peut se demander si ce n'est pas simplement l'envie qui l'a abandonné, lui.
La malchance n'explique pas tout
Lors de ses rares apparitions en course, Cancellara a trainé sa misère ces dernières semaines. L'homme fort de Saxo Bank est méconnaissable. Sur Tirreno, dont il était le tenant du titre, il termine à la 118e place du contre-la-montre. 118e, un rang presque invraisemblable pour le meilleur rouleur du peloton. Résultat, nouvel abandon. Bien sûr, il y a eu cette blessure à l'épaule, qui lui a fait perdre trois semaines dans sa préparation. Mais elle n'explique pas tout. Plus encore que les jambes, c'est la tête qui ne répond plus. On parle de problèmes familiaux qui l'auraient perturbé. Les rumeurs de dopage à son sujet, à la fin de l'été dernier, ne l'ont pas aidé. Bjarne Riis demande qu'on le laisse en paix. "Il a eu besoin d'être un peu calme, a confié le manager danois à nos confrères du Temps. Des fois, c'est nécessaire. Cela fait des années que c'est quand même dur, avec les sollicitations médiatiques. Après, il faut comprendre aussi qu'on doit le laisser tranquille et le laisser travailler."
Après ce début de saison fantomatique (voir ci-dessous), il lui reste une dernière session de rattrapage pour sauver son printemps. Un bon Paris-Roubaix pourrait le remettre en selle. L'intéressé veut encore y croire. "J'ai manqué de chance sur le Tour des Flandres mais je me sentais beaucoup mieux en arrivant à Bruges , estime Cancellara. Jusqu'à cet incident, mes sensations étaient bonnes. Je travaillais pour l'équipe, je restais en tête du peloton et je voulais tout donner pour voir jusqu'où je pouvais accompagner les meilleurs. Je sais que je n'étais pas au top, mais j'ai été privé d'une opportunité de montrer que j'étais là."
Ce sentiment de frustration, presque de colère, témoigne qu'il a peut-être retrouvé le goût de la bagarre. Le volcan se réveille peut-être enfin. C'est un premier pas. Important. Mais pour jouer un rôle majeur sur la plus impitoyable des classiques, il faut d'autres certitudes, dont Cancellara ne semble malheureusement pas disposer actuellement. "Je ne me fais pas d'illusions pour la victoire", avoue-t-il.L'orgueil des champions fait parfois des miracles. Et la classe, elle, ne se perd jamais. Pourtant, on a du mal à voir le Suisse en acteur principal de ce Paris-Roubaix 2009. Et après tout, un beau second rôle, parfois, suffit à relancer une carrière.
SON DEBUT DE SAISON 20091 victoire1 étape du Tour de Californie
SON DEBUT DE SAISON 20085 victoires1 étape du tour de CalifornieTirreno-Adriatico (+ 1 étape)EroicaMilan-Sanremo
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