Je me souviens que Paris-Roubaix s'est longtemps déroulé le dimanche de Pâques.
Je me souviens qu'il y a des années à boue et des années à poussière.
Je me souviens de Felice Gimondi, réalisant en 1966 le doublé Paris-Roubaix et, le dimanche suivant, Paris-Bruxelles.
Paris - Roubaix
Brunel rêve de "gagner Roubaix" : "Cette course peut tant te donner… et tant te reprendre"
11/10/2021 À 16:48
Je me souviens du trio Mapei entrant sur le vélodrome pour les cent ans de la course, en 1996 : Museeuw devant Bortolami et Tafi. Il faisait chaud, on était en tee-shirt sur la pelouse. C'était la course du centenaire mais sûrement pas la course du siècle.
Je me souviens que je préférais Roger de Vlaeminck à Eddy Merckx, quatre victoires à trois.
Je me souviens que Raymond Poulidor a terminé six fois dans les dix premiers en étant souvent le premier Français. Et qu’il fut souvent en tête, mais seulement à Doullens et jamais à Roubaix.
Je me souviens qu’entre le 14 avril 2019 et le 3 octobre 2021, il n’y a pas eu de Paris-Roubaix. La faute au Covid-19 et à un Préfet des Hauts-de-France trop zélé, qui interdit aussi les 4 jours de Dunkerque, alors que les courses se déroulaient normalement partout ailleurs.
Je me souviens qu’au sprint, en 1967, Jan Janssen avait réglé d’un rien au sprint Rik Van Looy, le premier héros de ma passion cycliste, et le beau Rudi Altig.
Je me souviens que Paris-Roubaix part de Compiègne après s'être élancé, depuis sa création en 1896, de la Porte Maillot puis de Chatou, Suresnes, Le Vésinet, Argenteuil, Saint-Denis et Chantilly.
Je me souviens qu'en 1968, j'avais tenté d’écouter l'arrivée sur un petit transistor, lors de vacances de Pâques en Normandie. Mais il y avait surtout des parasites dans les grandes et les petites ondes.
Je me souviens que Jean Stablinski n’a jamais gagné Paris-Roubaix, mais qu’il savait dénicher des portions pavées inédites avec Albert Bouvet et Edouard Delberghe.
Je me souviens que Laurent Fignon aurait bien mérité de gagner au moins une fois la course.
Je me souviens qu'après la pluie, la silhouette d'Andreï Tchmil se reflétait sur la piste quand il passa la ligne en levant les bras en 1994.
Je me souviens que Peter Sagan, toujours facétieux, avait fait semblant de faire tomber le pavé qu’on lui remettait sur le podium en 2018.
Je me souviens que Jacques Anquetil, en 1960, a terminé huitième d’une course qui n'était pas faite pour la "caravelle".
Je me souviens que, pour la seconde victoire de Gilbert Duclos-Lassalle, en 1993, il avait fallu de longues minutes et la photo finish pour avoir confirmation qu'il avait battu Franco Ballerini.
Je me souviens que les deux recordmen de victoires sont Roger de Vlaeminck et Tom Boonen : quatre fois chacun.
Je me souviens que la meilleure moyenne a longtemps été détenue par Peter Post (45,129 km/h en 1964), battue seulement en 2017 par Greg van Avermaet (45,204 km/h).
Je me souviens que le Carrefour de l’arbre est le lieu central de la bataille de Bouvines.
Je me souviens que Bernard Hinault, en maillot arc-en-ciel en 1981, avait battu Roger de Vlaeminck et Francesco Moser. Huit victoires à eux trois.
Je me souviens du fabuleux doublé de Marc Madiot.
Je me souviens qu’au milieu des années 1960, on croyait que les secteurs pavés allaient tous disparaître et la course avec eux.
Je me souviens que j'ai vite oublié Dirk de Mol, Mathew Hayman et Johan Vansummeren.
Je me souviens que, pendant longtemps, le vainqueur brandissait son bouquet sans avoir pris le temps d'enlever la poussière ou la boue sur son visage.
Je me souviens qu'Adrie van der Poel a terminé troisième en 1986, alors que son fils Mathieu n'était pas encore né.
Je me souviens que la tranchée d'Arenberg n’est apparue dans la course qu’en 1968.
Je me souviens qu'après la première guerre mondiale, Paris-Roubaix a repris dès avril 1919, et que "L'Enfer du Nord" fut celui des tranchées avant d'être celui des pavés.
Je me souviens que Bernard Hinault, un an après sa victoire, a terminé neuvième en 1982 de cette course qu'il qualifiait de "connerie".
Je me souviens que Roger de Vlaeminck portait un maillot Brooklyn pour trois de ses quatre victoires.
Je me souviens qu’aucun Français n’a gagné à Roubaix depuis Frédéric Guesdon en 1997.
Je me souviens des photos des coureurs sous des douches d'un autre âge, qui portent chacune le nom d'un vainqueur inscrit sur une plaque en laiton.
Je me souviens que j'aimais regarder pédaler Fabian Cancellara.
Je me souviens qu'en 1986, 87 et 88, Paris-Roubaix est arrivé avenue des Nations-Unies, devant la siège de La Redoute, et que ça avait beaucoup moins de charme que le vieux vélodrome.
Je me souviens que Roger Rosiers avait gagné en 1971 avec le maillot Bic qui fut aussi celui de Jacques Anquetil et de Luis Ocana.
Je me souviens qu’il y a, à Wallers, un "pont Gibus", en hommage aux deux victoires de Gilbert Duclos-Lassalle.
Je me souviens que Johan Museeuw, vainqueur en 2000, avait franchi la ligne d’arrivée en montrant son genou gauche, gravement blessé deux ans plus tôt dans la trouée d’Arenberg.
Je me souviens que Felice Gimondi, sur la photo de 1966, a le visage aussi noir et presque mélancolique que celui de Peter O'Toole dans Lawrence d'Arabie quand il vient de traverser le désert.
Je me souviens que Paris-Roubaix n'a pas eu lieu depuis 903 jours et que le dernier vainqueur s'appelle Philippe Gilbert.
Je me souviens qu'après la déculottée du championnat du monde, et en l'absence de Julian Alaphilippe, les Belges ont soif de revanche.
Je me souviens du dernier virage avant l'entrée sur le vélodrome.

Paris - Roubaix : La carte de la course masculine

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