On s’attendait à un duel pour la dernière classique de l’année. On a été servi. Mais ce ne sont pas Arnaud Démare (FDJ.fr) et John Degenkolb (Giant-Shimano), favoris annoncés, qui ont assuré le spectacle à l’arrivée de Paris-Tours. Non. Après 237 kilomètres d’échappée, Thomas Voeckler (Europcar) et Jelle Wallays (Topsport Vlaanderen-Baloise) ont déboulé ensemble à l'entrée de l’Avenue de Grammont. Une surprise en cachant une autre, c’est le Belge, illustre inconnu de 25 ans qui comportait pour principal succès la 1re étape du World Ports Classic 2013, qui a réglé au sprint le Français de 35 ans. Pour la troisième place, le champion de Belgique Jens Debusschere (Lotto-Belisol) a réglé un peloton de battus, coupable d'avoir sous-estimé l'échappée matinale partie dès le kilomètre 0.
Un groupe de sept qui n’a jamais compté plus de 6’30’’ d’avance mais qui possédait encore une minute de marge au moment d’attaquer la côte de Beausoleil, détonateur traditionnel de la classique des feuilles mortes. La faute à la fin de saison, véritable fardeau ce dimanche dans les jambes des équipiers de Degenkolb et Démare après une saison harassante à chasser les échappés.  La faute aussi à un Voeckler virevoltant et revanchard sous la pluie tourangelle. Privé de Mondial pour s’être une nouvelle fois abîmé la clavicule en août, l’ancien porteur du maillot jaune a de la fraîcheur à revendre en cette fin de saison, où il a pris la 3e place du Tour de Vendée le week-end dernier.
Paris - Tours
Gallopin déclare forfait pour Paris-Tours
10/10/2014 À 17:10
Voir le tweet

Voeckler aurait pu sauver sa saison

C’est lui qui, dans Beausoleil, a accéléré pour s’isoler avec Wallays. L’histoire d’un come-back réussi et d’un succès venant récompenser une saison de galère était presque écrite quand, après la côte de l’Épan, Degenkolb s’est trouvé isolé dans le peloton de tête. Démare, en quête d’un 15e bouquet cette saison et en forme après sa domination sur l’Eurométropole Tour la semaine dernière, n’était plus là, mais l’Allemand a trouvé le moyen de semer la pagaille parmi les poursuivants. Du pain béni pour le duo de tête. Avec Voeckler le roublard et Wellays l’inexpérimenté, on ose imaginer autre chose qu'un premier succès français depuis Frédéric Guesdon en 2006. Dans la lignée d'un autre, plus retentissant, celui de Virenque en 2001, après une autre échappée au long cours.
Mais contrairement au septuple maillot à pois, Voeckler est arrivé accompagné sur l’Avenue de Grammont. Lançant le sprint, l’ancien double champion de France, n’a rien pu faire face au puissant Wallays qui s’affirme enfin chez les grands, quatre ans après son succès sur Paris-Tours Espoirs. Déçu, Voeckler peut l’être. Une deuxième place sur une grande classique, bien que n’étant plus estampillée World Tour, ça peut laisser des regrets. Surtout quand on était déjà passé proche d’un exploit sur le Tour de Lombardie l'an passé et qu’on n’a pas gagné cette saison. Mais elle rappelle qu’à 35 ans, Voeckler n’a rien perdu de son panache et qu’il faudra compter sur lui pour 2015.