A propos du dernier Tour de France, avez-vous reçu tous les échantillons sanguins nécessaires pour l'établissement du passeport biologique ?
Anne Gripper: Oui, nous les avons bien reçus.
Savez-vous donc combien de coureurs présentent des anomalies ?
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A.G: Non, je ne peux pas vous le dire pour le moment car nous devons lier les informations que nous avons recueillies auprès d'A.S.O. aux notres. Il est donc encore trop tôt pour savoir quels profils sont anormaux.
Pourtant Pierre Brodry (directeur de l'Agence française pour la lutte contre le dopage) a déclaré qu'une trentaine de coureurs pouvaient en faire partie ?
A.G: Cette agence utilise une méthode dite de la "vieille population". De là, elle réalise un test pour savoir si les niveaux sanguins sont anormaux ou pas.
Cela veut-il dire que ces coureurs étaient propres ou pas ?
A.G: Justement de cette population donnée, l'agence peut savoir si les niveaux sont plus ou moins élevés par rapport à cette base utilisée pour les tests.
Bernard Laporte (secrétaire d'Etat aux Sports, ndlr), a récemment déclaré que le passeport biologique n'est pas encore prêt. Que répondez-vous à cela ?
A.G: Nous en sommes aux prémices du passeport biologique. C'est un énorme chantier dans la lutte anti-dopage et je pense que dans la manière d'avancer, il faut qu'on y aille prudemment. On doit être patient et être sûrs que nous avons suffisamment d'informations à notre disposition pour le mettre en place. Cette année fut une phase de lancement. Nous avons essayés d'obtenir un maximum d'informations sur les coureurs en effectuant notamment des contrôles hors compétition. Malheureusement, nous sommes souvent à leur recherche pour pouvoir les faire. Mais notre base de prélèvements sanguins est assez importante désormais. La troisième phase est l'analyse en laboratoire des échantillons. La quatrième phase est l'analyse des résultats par nos experts. Nous en sommes là. Nous nous assurons qu'ils aient un maximum d'informations.
Vous savez cependant que les équipes LPR, Mitsubishi et Collstrop ne pourront pas participer à Paris-Tours car elles ne souscrivent pas au passeport biologique. Combien d'entre elles sont dans ce cas-là ?
A.G: Je n'ai pas la liste avec moi mais sachez que cette liste d'équipes adhérant au passeport n'est pas rendue publique. Si les organisateurs le demandent, nous la leur fournissons et informons alors les dirigeants des équipes sur les règles anti-dopage des organisateurs.
Pourquoi n'est elle pas encore publique ?
A.G: Pour l'instant, notre approche est plutôt confidentielle notamment par rapport à l'aspect financier sur l'établissement de ce passeport biologique puisqu'elles doivent une sorte de redevance à l'UCI. L'année prochaine, les aspects financiers seront rendus publics.
Si les équipes sont impliquées, cela veut-il dire que tous les coureurs de ces équipes, sans exception, devront adhérer au passeport ?
A.G: Leur engagement financier et les informations qu'elles nous enverront montreront qu'elles veilleront au bon fonctionnement du passeport biologique et que, par conséquent, tous les coureurs y seront soumis.
Avant le Tour d'Italie, vous aviez pourtant assuré à une réunion sur le passeport biologique, à Aigle (Suisse) que toutes les équipes y avaient adhérer ?
A.G: Le problème est qu'on pensait que toutes les équipes participant au Giro s'étaient engagées financièrement sur ce passeport biologique et avaient donc effectué les contrôles imposés. Par conséquent, on ne pouvait que leur faire confiance.
LPR n'avait donc pas payé. Et pour CSF-Navigare et Diquigiovanni ?
A.G: LPR n'avait pas payé, en effet. Les négociations sont en cours avec les deux autres équipes mais je ne peux pas vous en faire état pour le moment en raison des aspects financiers.
Est-ce que tous les participants aux Mondiaux élite de Varèse étaient impliqués dans le passeport biologique ?
A.G: Cela dépend. Seuls étaient impliqués les coureurs liés contractuellement à des formations qui s'étaient engagés pour le passeport biologique.
Est-il possible que des coureurs ayant fini dans les vingt premiers des Mondiaux n'en fassent pas partie ?
A.G: C'est tout à fait possible.
Pierre Bordry a critiqué le fait que des coureurs comme Riccardo Ricco ou Manuel Beltran aient pu prendre le départ du Tour. Est-ce que les tests ont révélé des anomalies avant ?
A.G: Il est encore trop tôt pour dire, à ce stade de développement du passeport biologique, si ces coureurs présentaient des anomalies avant le départ du Tour.
Les analyses de l'AFLD n'avaient donc aucun rapport avec le passeport biologique...
A.G: Exactement. L'AFLD a effectué ses propres tests et choisi les coureurs à suivre pour les contrôles.
En accord avec les coureurs, le CIO va garder les échantillons pendant huit ans. Ce n'était pas le cas avant avec l'UCI. Qu'en est-il aujourd'hui ?
A.G: Il est effectivement possible de garder les échantillons pendant huit ans mais on débat actuellement de l'utilité de les stocker aussi longtemps. Le problème ne vient pas du stockage mais il est judiciaire, c'est-à-dire jusqu'à quand peut-on remonter pour juger un athlète contrôlé.
Le CIO souhaiterait utiliser la méthode de détection de la CERA sur des échantillons prélevés aux JO de Pékin. Sera-t-il possible que l'UCI en fasse de même pour le Giro et la Vuelta ?
A.G: On y réfléchit et une décision sera bientôt prise à ce sujet. Techniquement et légalement, la chose est possible mais il faut faire attention car les échantillons pourraient perdre de leur utilité et de leur fiabilité si on traine trop.
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