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Des vélos à moteurs utilisés pendant la Strade Bianche et Coppi e Bartali ?

Des vélos à moteurs utilisés pendant la Strade Bianche et Coppi e Bartali ?

Le 17/04/2016 à 16:44Mis à jour Le 17/04/2016 à 19:24

DOPAGE MECANIQUE - Une enquête menée par Stade 2 et le journal italien Corriere della Sera montre l'utilisation de moteurs durant la Strade Bianche et Coppi e Bartali. Les deux médias ont utilisé un détecteur de chaleur pour montrer l'emploi de ces moteurs dans les cadres des vélos durant les deux courses.

Les allégations de dopage mécanique existent depuis plusieurs années mais n'en étaient restées jusque-là qu'au stade de rumeur et de théorie. L'enquête conjointe de Stade 2 et du Corriere della Sera pourrait bien changer la donne. Les deux médias révèlent, selon eux, l'utilisation de moteurs durant deux courses professionnelles disputées au mois de mars en Italie : la Strade Bianche et Coppi e Bartali. Les journalistes Thierry Vildary et Marco Bonarrigo ont utilisé un détecteur de chaleur pour constater l'utilisation de ces moteurs dans plusieurs vélos durant ces courses.

L'article de deux pages publié ce dimanche par le Corriere della Sera révèle que sept moteurs ont été décelés par le détecteur de chaleur, déguisé en caméra, sur des vélos utilisés durant les courses. Cinq étaient cachés dans le tube de la selle, deux dans le moyeu d'une roue arrière. Ces moteurs sont cachés dans la fibre de carbone utilisée pour les cadres et peuvent développer une puissance de 60 à 250 watts pour les plus perfectionnés grâce à des magnets, situés au niveau des roues. Cette puissance peut être activée par un appareil Bluetooth, comme une montre par exemple.

Des roues magnétiques capables de "transformer un coureur professionnel moyen en phénomène"

Les deux journalistes ont notamment rencontré Istvan Varjas, considéré comme l'inventeur de ces vélos à moteur, dont chaque roue peut coûter jusqu'à 50 000 euros et ne sont produites qu'en quantité très limitée. En février dernier, un article de la Gazzetta Dello Sport considérait que la puissance développée par ces roues magnétiques pourrait suffire à "transformer un coureur professionnel moyen en phénomène."

Ce problème est déjà pris en considération par l'UCI qui a renforcé la lutte contre le dopage mécanique. Un premier cas a été constaté lors des derniers championnats du monde de cyclo-cross des moins de 23 ans avec la Belge Femke Van der Dreissche. L'Union cycliste internationale a été informée de l'enquête et son président Brian Cookson a été interviewé par les équipes de Stade 2 (émission diffusée le 17 avril).

Le journaliste italien Marco Bonarrigo était également présent sur Paris-Roubaix pour constater les tests réalisés par l'UCI et déceler les moteurs sur les vélos utilisés durant la classique. Celui-ci a constaté que l'outil utilisé par l'Union cycliste internationale pour capter les champs magnétiques n'était "pas fiable". Les contrôles annoncés comme systématiques sur tous les vélos utilisés durant Paris-Roubaix auraient, qui plus est, été en réalité réalisés sur une quinzaine de cycles seulement.

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