Au terme du contre la montre, Masomah Ali Zada avait le sourire sur son vélo. Classée dernière de l’épreuve, à presque 14 minutes de la Néerlandaise Annemiek van Vleuten, la cycliste afghane qui concourt pour la bannière des réfugiés olympiques n’était pas venue à Tokyo pour la gagne. Elle disputait d’ailleurs sur le circuit Fuji le tout premier contre la montre de sa jeune carrière. L’athlète de 25 ans était tout simplement heureuse et fière d’être présente à Tokyo après ce qu’elle a traversé.
Je suis fière de représenter les droits des femmes afghanes
"Je suis tellement contente de ma course. Le plus important c’est que j'ai participé en tant que cycliste et en tant que femme afghane. J'ai vécu dans un pays où certaines personnes semblent vouloir limiter les droits des femmes" a-t-elle expliqué après sa course au micro d’Eurosport. "Je suis ici et je suis tellement fière de représenter les droits des femmes afghanes" poursuit-elle.
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Persécutée en Afghanistan par les Talibans qui n’acceptent pas qu’une femme fasse du vélo, elle a demandé en 2016 l’asile à la France, où elle vit aujourd’hui. "J'ai continué à faire du vélo en France et je n’ai rien lâché car participer aux Jeux Olympiques n'est pas facile, il faut s'entraîner dur " détaille-t-elle. "C'était mon rêve mais je pensais que ce n'était pas possible parce que c'est si dur. Mais j'ai continué à rêver, à travailler, à continuer à faire du vélo et aujourd'hui je suis là."

Une réponse forte

Dans l’impossibilité de représenter son pays, étant réfugiée en France depuis plusieurs années, Masomah Ali Zada s’est alors aligné sous le drapeau des réfugiés olympiques. Cette équipe, qui existe depuis les Jeux Olympiques de Rio, compte à Tokyo 29 athlètes, éparpillés loin de leur pays d’origine, pour différentes raisons. Des athlètes et "82 millions de personnes" que la jeune afghane était heureuse de représenter sur le circuit du contre-la-montre.

Masomah Ali Zada

Crédit: Getty Images

Ils pensent que les femmes ne peuvent pas faire des choses difficiles
A travers sa participation, la cycliste, longtemps frappée par des hommes dans son pays à cause de sa pratique sportive, a également voulu envoyer un message fort à l’attention de ses détracteurs. "En participant aux Jeux Olympiques, j’ai gagné contre eux. Je ressors gagnante contre les gens qui pensent que les femmes n’ont pas le droit de faire du vélo. Ils pensent que les femmes ne peuvent pas faire des choses difficiles. Mon message est une réponse forte pour eux, pour leur montrer qu’ils n’arriveront pas à limiter les droits des femmes."
Et de conclure : "Si vous ne nous donnez pas nos droits, nous nous battrons pour les obtenir". Un message d’espoir et de paix que les athlètes de l’équipe olympique des réfugiés diffuseront jusqu’à la fin de ces Jeux Olympiques de Tokyo.
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