La bombe de Grenade. Alexandre Vinokourov a fait exploser la Vuelta et Alejandro Valverde dans la cité andalouse. Du pur Vino. Son travail de sape, à coup d'attaques incessantes depuis dix jours, a fini par payer. Une prise de pouvoir à l'instinct, mais aussi à la force du mollet. Même si, comme il l'avoue lui-même, il n'escomptait pas s'emparer du maillot or dès mercredi. "Je suis très bien physiquement. Je ne pensais pas lui prendre autant de temps à Valverde mais dans les derniers kilomètres, j'ai vu que c'était possible et c'est ce que j'ai fait", raconte le nouveau leader.

La veille, sur les pentes de Calar Alto, ses tentatives multiples n'avaient pourtant pas ébranlé Valverde le moins du monde et l'Espagnol semblait dominer son sujet. Pourquoi a-t-il cédé cette fois? Vino avance une explication: "A Calar Alto, Valverde était très fort, mais c'était une étape particulière, car nous étions au lendemain d'une journée de repos. Puis il est difficile de répondre à toutes les attaques, tous les jours." Cette fois, il a aperçu une brèche, et s'y est engouffré. "J'ai vu que Valverde se retrouvait isolé très tôt par rapport aux autres jours. Je me suis dit que c'était maintenant ou jamais."

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Une oeuvre collective

Le coup de génie de Vino fut de remettre un coup de booster dans la descente, au moment où Valverde était sur le point d'opérer la jonction. Tactiquement, c'était parfait, surtout avec Kashechkin en Cerbère derrière, pour tenir le maillot or sous sa garde. S'il est allé chercher tout seul son maillot or, le leader de l'équipe Astana n'a d'ailleurs pas oublié de souligner le travail de sa formation, réellement impressionnante depuis le départ de Malaga. "L'équipe a fait un super travail, surtout Kashechkin. Moi, je n'ai fait que terminer le boulot", juge le Kazakh.

Dans sa bouche, l'hommage prend une signification toute particulière. Très attaché au destin de cette nouvelle formation, avec ce sponsor trouvé en dix jours sur sa seule notoriété, Vinokourov n'a toujours pas digéré l'exclusion d'Astana, la veille du départ du Tour de France. "Nous avons une équipe fantastique et nous avons tous à coeur de prouver ici que cette décision était injuste. Ce groupe méritait de participer au Tour ", jure l'ancien coureur de T-Mobile. L'argument peut convaincre ou non, c'est selon. Reste que Vino puise incontestablement une énorme motivation dans ce qu'il considère comme une injustice.

"Montrer de quoi j'étais capable"

Cette rage le pousse à prendre une double revanche. Collective donc, et individuelle. Il a un compte à régler. La Vuelta est devenue son Tour de France à lui, même si le maillot or n'aura jamais tout à fait l'éclat du jaune à ses yeux. "Cette année, il y a eu des circonstances spéciales. Même si rien n'effacera ma déception de ne pas avoir couru le Tour, je devais montrer ici de quoi j'étais capable", confirme Vino. Avec deux étapes en poche et le maillot de leader sur les épaules, il est largement dans les temps. Il se rêve déjà en triomphateur, samedi, à l'issue du chrono. Le jour de son 33e anniversaire. "J'ai coché la date , sourit-il. Ce sera un jour très spécial, mais ce ne sera pas simple ."

Malgré son coup d'éclat de Grenade, son avantage sur Valverde (neuf secondes) demeure effectivement fragile, d'autant que l'Espagnol a montré samedi dernier qu'il pouvait quasiment rivaliser avec lui contre la montre. Jeudi, lors de l'ultime étape de montagne, Vinokourov ne restera donc pas inactif, si ses jambes le lui permettent. "J'espère au moins conserver ma position. Mais je ne peux pas me permettre de gérer. Je me méfie trop de Valverde pour cela. Alors, je vais continuer à attaquer", promet-il. De toute façon, il ne sait pas courir autrement. Qui s'en plaindra?

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