. TOUR D'ESPAGNE - 16e ETAPE

Pour tout dire, on espérait autre chose de cette 16e étape. Surtout de son final, annoncé somptueux. La pente du Calar Alto semblait suffisamment sélective pour engendrer une grande explication. La météo, déplorable, offrait même un décor propice à une mise en scène dantesque. Pourtant, le spectacle attendu n'a pas vraiment eu lieu. Alejandro Valverde, focalisé sur le seul Alexandre Vinokourov, s'est contenté de contrôler ce dernier, sans jamais le relayer lorsque le Kazakh a attaqué.

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31/08/2012 À 14:36

Un Valverde qui était, sans doute, le plus fort mardi. Mais il avait choisi de ne pas trop en faire, laissant, d'une part, Igor Anton filer vers sa première victoire et, de l'autre, les observateurs sur leur faim. Pour le panache, on devra donc repasser. En revanche, le maillot or n'a pas perdu son temps d'un point de vue strictement comptable. Valverde a en effet repoussé de manière significative deux de ses rivaux, Jose Gomez Angel Marchante et surtout Andrey Kashechkin.

Sastre à la limite

Deuxième du général au départ de l'étape, le Kazakh a reculé de deux rangs. Il a montré ses limites physiques. Parmi les ténors, seuls Alex Vinokourov et Carlos Sastre ont tenu (presque) jusqu'au bout la roue de Valverde. Ils se retrouvent désormais à égalité au général, à 1'42" du leader. Valverde n'a donc plus un, mais deux dauphins. Reste que, comme il le pressentait lui-même ces derniers jours, Vino incarne certainement une menace plus concrète que Sastre, qui semble toujours à la limite.

A trois kilomètres de l'arrivée, le Madrilène n'avait d'ailleurs pas pu garder le contact avec ses deux rivaux, suite à une accélération de Vinokourov. Curieusement, Valverde refusa alors de prendre le relais. On a alors assisté à une scène presque surréaliste, les deux hommes discutant pendant quelques secondes. Leur drôle de temporisation eut deux effets: Igor Anton, qui n'en demandait pas tant, en profita pour s'envoler vers la victoire. Quant à Sastre, il opéra à nouveau la jonction. Même s'il a coincé dans les derniers hectomètres, il peut s'estimer heureux de n'avoir perdu que cinq secondes...

La première d'Anton

Alejandro Valverde se sent visiblement suffisamment fort pour ne pas avoir besoin d'en rajouter. A coup de bonifications (il a pris quatre secondes à Vinokourov et 12 à Sastre), le leader du Pro Tour continue de creuser l'écart. Rassuré par sa performance dans le chrono de Cuenca, il sait qu'il ne perdra pas 1'42" sur Vino dans le dernier contre-la-montre, samedi. Il ne lui reste donc qu'à maîtriser son principal adversaire. Il se refuse pour l'heure à porter le coup de grâce. Espérons pour lui qu'il n'aura pas à le regretter.

Après tout, rien ne dit qu'il ne connaîtra pas un coup de moins bien mercredi ou jeudi, sur les terribles routes de la Sierra Pandera. Là-bas, sa marge de manoeuvre pourrait ne plus peser lourd en cas de défaillance, même si celle-ci n'est pas à l'ordre du jour... On suivra donc avec intérêt son attitude. Son refus de la tyrannie a en tout cas fait le bonheur d'Igor Anton, dont le succès est venu récompenser la superbe course d'équipe des Euskaltel. Présents dans l'échappée principale du jour (avec Landaluze), repris dans la montée finale, puis dans le final avec Anton et Samuel Sanchez, les Basques ont pesé sur la course. A 27 ans, Anton n'avait encore jamais gagné de toute sa carrière. Lui se souviendra de cette journée. Sans doute plus que nous.

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