Un an après le quatrième sacre de Roberto Heras et le cataclysme qui s'en est suivi avec la disqualification pour dopage de l'enfant chéri de la Vuelta. Un mois après la fin d'un Tour de France marqué par la mise à l'écart des ténors et la victoire entachée de Floyd Landis. Le Tour d'Espagne se demandait bien comment il allait relever la tête et redevenir attractif. Il a fallu deux coups du sort pour lui donner un peu de magie et lui offrir un beau vainqueur.

Paradoxalement, le malheur du Tour a fait le bonheur de la Vuelta. C'est une blessure à la clavicule pour Alejandro Valverde sur le Tour et l'Opération Puerto, qui a fait d'Alexandre Vinokourov une victime collatérale, qui sont à l'origine d'une des plus belles rondes espagnoles. Si le premier se devait de briller enfin dans son tour national, le second, la rage au ventre, venait pour préparer les Mondiaux de Salzbourg et accessoirement montrer à ses sponsors qu'ils avaient eu raison de s'investir. Deux champions, deux revanchards sur le destin estival, la Vuelta n'en espérait pas tant pour se refaire une santé.

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Ils l'ont tenue en haleine jusqu'au bout. Mais à ce jeu-là, Vinokourov fut le plus fort, probablement le plus orgueilleux et sans doute le plus malin. "Avec le traumatisme que fut l'exclusion du Tour, il fallait que je démontre que je pouvais jouer la victoire sur une grande course, analyse le Kazakh. Ce fut une Vuelta très dure et compliquée, c'est pour cela que je suis ravi de cette victoire. Chaque jour, je me suis trouvé meilleur."

A l'attaque encore et toujours

Le panache et l'audace. Deux mots qui siéent à l'infatigable attaquant mieux qu'à tout autre. On ne saura jamais si sa défaillance dans la première étape de montagne relevait de la tactique ou d'une remise en route physique difficile. Reste que longtemps Valverde a cru qu'il n'aurait que Kashechkin à surveiller et ne s'est que tardivement méfié d'un retour de Vinokourov. "Malgré les difficultés rencontrées dans la première étape de montagne, j'ai réussi à récupérer et à lutter pour la victoire," explique-t-il.

Vino avait laissé flotter un certain flou autour du leadership au sein d'Astana. Il s'est même mis au service de Kashechkin pendant près de deux semaines. Il a su attendre son heure et saisir le sens du vent. Quand celui-ci a tourné en sa faveur, il est passé à l'offensive. Dans le Morredero, on a retrouvé le fougueux Vino qui savait dynamiter les étapes. Mais Valverde, alors sûr de son fait, le priva de la victoire à 200m de la ligne. Pas suffisant pour démoraliser le Kazakh, mais assez pour le piquer au vif. Il récidiva dès le lendemain à Lugo puis à la Cobertoria devant l'Espagnol. Une simple mise en route avant le feu d'artifice final.

La vista d'Astana et de Vino

Si Vino plaît tant, c'est parce qu'il ne connaît qu'une seule tactique: attaquer encore et toujours. Calé dans la roue de Valverde, il laissait Paulinho et Kashechkin placer les premières banderilles. Restait plus qu'à contre-attaquer avec des appuis en ligne de mire pour se débarrasser de l'Espagnol trop facilement isolé."Le soutien de mon équipe a été fondamental et il faut souligner le travail de chacun", insiste le Kazakh. "Il était clair qu'avec Vino et Kash, nous avions la possibilité de gagner la Vuelta. Vino a fait la différence dans la dernière semaine et tenu en respect les favoris", se félicite Herminio Diaz Zabala, le directeur sportif d'Astana.

Le soleil a été au rendez-vous de la Vuelta et celui du drapeau kazakh a frappé encore plus fort sur les routes ibériques avec cinq victoires d'étape et deux hommes sur le podium. Pour la première fois, Madrid a entendu l'hymne national de cette ancienne république soviétique. Vino le sait, cette première victoire pour lui est aussi celle de tout un pays. Désormais auréolé d'un grand titre, Vinokourov prend une nouvelle dimension à 33 ans. Ses rêves de titre mondial, dimanche à Salzbourg, ne se sont pas envolés pour autant. Mais cela ne sera pour lui qu'une mise en bouche avant le Tour de France 2007, plus que jamais son Graal à atteindre.

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