A l'arrivée à Rivas Vaciamadrid, Alexandre Vinokourov avait de quoi être le plus heureux des hommes. "Cette victoire est un super cadeau d'anniversaire, quelque chose de très précieux , clamait-il. Ce matin, j'étais motivé pour gagner. C'est un très bon jour pour moi." En prélude du sacre madrilène de dimanche, le Kazakh pourra déjà sabrer le champagne pour ses 33 ans après un nouveau coup de maître dans le chrono qui relègue un peu plus loin Alejandro Valverde. "J'ai débuté avec précaution, mais quand j'ai vu que je pouvais gagner l'étape, j'ai accéléré" , explique le maillot or.

Cette victoire finale, l'intenable Vino est allé la chercher tout seul. Au panache et à l'audace comme lui seul sait encore le faire. Ecarté du Tour de France après l'implication de certains équipiers dans l'affaire Fuentes, le Kazakh goûte en Espagne aux joies de la revanche sur le destin. "Je préfèrerais gagner le Tour de France, mais remporter une grande course à étapes comme la Vuelta, c'est pas mal non plus", reconnaît-t-il. "Avec ce Tour d'Espagne, je tiens un peu ma revanche par rapport au Tour de France. Quant au reste, le mieux, c'est de tourner la page. Il fallait respecter le code éthique, c'est tout", conclut l'ancien coureur T-Mobile sans malice.

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Une condition physique au top

Annoncé en retrait par rapport à Andrey Kashechkin après son coup de moins bien dans la montagne la première semaine, Vinokourov a montré qu'il ne fallait pas l'enterrer trop vite. "J'ai eu une première semaine difficile, admet-il. Mais les victoires à Lugo et à La Cobertoria ont radicalement changé la donne". Le coureur Astana avait pourtant accepté d'endosser la tenue d'équipier de luxe pour pousser son jeune compatriote vers les sommets avant que celui-ci ne cède du terrain. Mais il n'oublie pas de hommage à ce dernier, acolyte de choc pour déjouer la machine Valverde. "C'est un grand coureur d'avenir, souligne Vinokourov. Notre amitié dure depuis huit ans et je l'aiderai professionnellement tant qu'il en aura besoin".

La clé du succès, Vinokourov l'a sans doute trouvée dans sa condition physique: "Il est vrai que j'étais plus fort dans la dernière semaine. Ça m'a sans doute aidé de ne pas disputer le Tour de France. Je suis arrivé sur la Vuelta avec 30 jours de compétition et avec la plénitude de ma condition physique." Mais c'est surtout tactiquement que le Kazakh sait qu'il a mis sous l'éteignoir les dernières velléités d'Alejandro Valverde. "L'erreur de Valverde a été de ne pas mettre d'équipier dans l'échappée vers Grenade. Il est resté isolé et j'ai pu attaquer sur la fin quand il est revenu", explique Vino.

La tête au Mondiaux

Dimanche, il ne faudra pas chercher Vino sur le devant de la scène. Madrid n'ayant pas le panache des Champs-Elysées, il a d'ores et déjà annoncé qu'il ne briguerait pas la victoire d'étape, malgré la présence du président kazakh. Le maillot or a déjà la tête aux Mondiaux de Salzbourg et la récupération physique commence dans les rues castillanes. "Je vais participer au chrono et à la course en ligne. Aucun des deux ne sera facile. Il faut maintenant que je récupère. Mais ma motivation est très forte", prévient un Vino insatiable.

Et dire qu'il n'était venu de l'autre côté des Pyrénées que pour mieux préparer les championnats du monde. Mais le Kazakh reconnaît à présent en vouloir encore davantage et trouver dans cette victoire la motivation nécessaire, s'il en était besoin, pour revenir encore plus fort sur la Grande Boucle l'an prochain. "Toutes les années paires, les choses tournent mal pour moi sur le Tour de France alors qu'en 2003 et 2005, cela s'est bien passé. J'espère donc, comme Lance Armstrong l'a fait à 33 ans, être capable de gagner le Tour au même âge, en 2007." Il n'est jamais trop tard pour bien faire.

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