Imago

Chavanel franchit le cap

Chavanel, l'âge des possibles
Par Eurosport

Le 05/09/2008 à 15:05Mis à jour

Installé en tête du classement général de la Vuelta, Sylvain Chavanel a endossé pour la première fois un maillot de leader sur un des trois grands Tours. Une nouvelle preuve du nouveau statut du Poitevin, qui a incontestablement franchir un cap cette anné

Jeudi soir, à Tolède, en descendant du podium où il venait de recevoir le maillot or de leader du Tour d'Espagne, Sylvain Chavanel a commis une petite boulette. La seule d'une journée par ailleurs parfaitement maitrisée. "Le dernier coureur français à avoir porté ce maillot était Laurent Jalabert. Inutile de dire que c'est pour moi un très grand honneur de lui succéder", a-t-il lancé. Le Poitevin ne connait pas bien ses classiques. Ce n'est en effet pas Jalabert qu'il efface des tablettes françaises, mais bien Jacky Durand. Le consultant d'Eurosport avait occupé la première place du général pendant deux jours en début d'épreuve, lors de l'édition 1999.

Heureusement, Jacky Durand n'est pas du genre susceptible. Sur notre antenne, le Mayennais s'était d'ailleurs réjoui de voir Chavanel prendre la relève. "J'ai toujours pensé qu'il était le seul, avec Anthony Geslin, à pouvoir me succéder au palmarès du Tour des Flandres, a confié l'ancien vainqueur du Ronde. Là, il me succède comme maillot or sur la Vuelta, c'est très bien, je suis heureux pour lui." Au-delà du clin d'oeil, ce fait d'armes vient s'ajouter à la collection 2008 de Chavanel, déjà bien garnie avec sa victoire d'étape sur le Tour de France, une autre sur Paris-Nice, son titre national du contre-la-montre, ou ses succès dans la Flèche Brabançonne ou A Travers les Flandres. A 29 ans, le Poitevin n'a jamais été aussi fort.

"Une surprise et un grand bonheur"

En arrivant à Grenade, Chavanel n'avait pourtant pas fait de la tunique dorée un objectif. Ce sont les circonstances qui l'ont poussé à l'envisager. Son excellent contre-la-montre mercredi, et son opportunisme le lendemain, ont fait le reste. " Franchement, je ne pensais me retrouver en tête de la Vuelta, avoue le leader de Cofidis. En revanche, j'espérais vraiment gagner une étape. C'est pour cela que j'étais très déçu mercredi après le chrono. En tout cas, pour moi, c'est une surprise et un grand bonheur ".

C'est aussi la confirmation que Sylvain Chavanel a changé. Pour de bon. "C'est devenu un leader et un tueur", explique Alain Deloeuil, le directeur sportif de Cofidis sur la Vuelta. Désormais, Chavanel sait gagner. Et ça change tout. Mimosa a donc fait sa mue. Ce surnom, qu'il déteste, mais qui lui a si longtemps collé à la peau, appartient au passé. Comme ce statut d'éternel espoir du cyclisme français. Une étiquette pesante. Il n'était pas le nouveau Hinault. Juste un coureur avec ses qualités propres, qui ne demandaient qu'à s'exprimer. C'est le cas depuis quelques mois. En pleine phase ascendante, il n'a peut-être pas fini de monter, avec la perspective de courir chez Quick Step en 2009. " L'année prochaine, avec Patrick Lefevere, il sera peut-être encore plus tueur!", note Jean-François Bernard.

En attendant, il lui reste une fin de saison à négocier et, dès samedi, au lendemain de la première journée de repos, un maillot or à défendre. Sur ce point, Chavanel est sans grande illusion. Il le sait, sa prise de pouvoir a toutes les chances de virer à l'anecdote quant à l'issue des débats à Madrid. Avec l'arrivée dans les Pyrénées ce week-end, sa tâche sera très compliquée. "Un maillot, ça se respecte, et j'essaierai de le défendre le jusqu'au bout à Andorre, mais il faut bien comprendre que ce sera très difficile ", prévient le Français. S'il doit être bref, raison de plus pour ne pas bouder son plaisir. "Mon grand-père est espagnol, du côté de Barcelone, et porter ce maillot de leader dans une famille espagnole, c'est vraiment formidable".

0
0