Dire que Cofidis voulait s'en débarrasser. Au coeur du Tour de France, Eric Boyer avait lâché le morceau, lassé de voir son coureur trainer sa misère dans les pelotons. Peut-être était-ce là une manière de le titiller? Si tel était le cas, le manager de la formation nordiste peut se frotter les mains. Depuis, on a retrouvé le vrai Moncoutié. Passé à 300 mètres d'une victoire de prestige lors de la Clasica San Sebastian début août, il est allé au bout de son effort, et au bout du bonheur, dimanche, lors de la 8e étape de la Vuelta.
Pour sa toute première participation au Tour d'Espagne (il avait fallu le convaincre de faire le déplacement de l'autre côté des Pyrénées), le Lotois ne sera pas venu pour rien. Après ses victoires d'étapes sur le Tour de France, en 2005 et 2006, Moncoutié ajoute une belle ligne à un palmarès très présentable. Quelle fin de semaine en tout cas pour l'équipe Cofidis, qui avait eu droit aux honneurs du maillot or avec Sylvain Chavanel jeudi, et qui atteint maintenant son objectif initial avec le succès de Moncoutié au Pla de Beret.
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Sastre limite la casse
Cette victoire, le Français ne l'a pas volée. La veille, il s'était déjà glissé dans la bonne échappée, celle qui avait permis à Alessandro Ballan de s'imposer au sommet de la Rabassa, mais Alain Deloeuil, son directeur sportif, lui avait demandé de se relever afin de travailler pour Chavanel. La décision de Cofidis avait suscité quelques critiques. Elles n'ont plus lieu d'être désormais. Moncoutié, ni frustré ni rassasié, a remis ça dimanche. Il faisait partie d'un groupe de cinq coureurs échappés au kilomètre 38 (avec ses compatriotes Christophe Kern et Sébastien Joly, l'Espagnol Juan Manuel Garate et le Russe Nikita Eskov), avant de tenter a tenté sa chance tout seul à une vingtaine de kilomètres de la fin.
Il lui restait encore à gravir les six kilomètres du Pla de Beret. Avec 1'10" d'avance sur le groupe des favoris au pied de la montée, ce n'était pas gagné. Mais Moncoutié a parfaitement géré son effort et ne s'est jamais affolé, même quand Alberto Contador en personne a enfin déclenché les hostilités. Le Madrilène, ponctuant le travail de sape de ses hommes de main chez Astana, était sans doute encore le plus fort dimanche. Mais au final, son gain est minime. Il n'a en effet jamais pu décrocher un Alejandro Valverde requinqué par rapport à la veille. Ne lâchant pas la roue de Contador, le Murcien de la Caisse d'Epargne a pris la deuxième place de l'étape, grappillant ainsi quatre secondes au vainqueur du Giro par le jeu des bonifications. Seul Igor Anton (Euskaltel) a pu accompagner ce duo de choc jusqu'au bout.
Mais derrière, le reste de la troupe des ténors n'a quasiment rien cédé. Carlos Sastre, au bord de la rupture, a décroché à plusieurs reprises, n'a finalement perdu que cinq secondes sur la ligne. Le leader du Team CSC est arrivé dans un groupe en compagnie, notamment, de Robert Gesink, Ezequiel Mosquera et... Levi Leipheimer. Sans faire de bruit, ce dernier reprend donc le maillot or de leader qu'il avait cédé jeudi à Sylvain Chavanel. Finalement, au terme de ce week-end pyrénéen, la situation ne s'est pas franchement décantée. Leipheimer devance Contador de 21 secondes, Valverde de 49 secondes et Sastre de 1'27". Les principaux candidats au titre sont donc installés aux commandes de l'épreuve, mais sans qu'on puisse tirer des conclusions définitives.
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