C'était une étape taillée pour lui, avec une arrivée en côte, terrain sur lequel il est quasiment imbattable. Alejandro Valverde avait coché cette étape. Il n'a d'ailleurs pas hésité à faire travailler toute son équipe en début d'étape pour rouler derrière l'échappée du jour, composée de Sandy Casar, Sébastien Hinault et Manuel Quinziato. Outre un deuxième succès depuis le départ de Grenade, l'Espagnol visait les 20 secondes de bonification qui auraient pu lui permettre de revenir sur les talons d'Alberto Contador avant d'aborder l'Angliru, samedi. Valverde avait donc beaucoup à gagner jeudi. Il a finalement tout perdu. Rejeté en dehors du Top 10 au général, il a perdu quasiment trois minutes trente sur tous les autres prétendants.

Pour Valverde, la Vuelta 2008 a basculé à un peu plus de 50 kilomètres de l'arrivée de cette 12e étape. Sous la pluie, dans le froid, tout ce que déteste le Murcien, il s'est trouvé pris au piège dans une cassure au pied de la descente de l'Alto del Caracol, dernière difficulté du jour. Une grosse bourde, Valverde étant mal placé. Rapidement, l'écart a grimpé. 20 secondes, puis 30, puis 50. Devant, dans le peloton principal, ils étaient tous là. Contador, Leipheimer, Sastre, Anton, Mosquera ou encore le maillot or, Egoi Martinez. Tous, sauf Valverde, totalement esseulé.

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Bettini règle ses comptes

Avec le soutien de ses équipiers de la formation Caisse d'Epargne, il a maintenu un temps son retard aux alentours d'une quarantaine de secondes, avant de céder à la panique en sortant seul, laissant ses équipiers derrière lui. Seuls Philippe Gilbert et Sylvain Chavanel, compagnons d'infortune, l'accompagnaient encore. Mais devant, la coalition anti-Valverde a battu son plein et parfaitement fonctionné. Astana, Euskaltel et Xacobeo ont uni leurs efforts pour condamner le double vainqueur de Liège-Bastogne-Liège. Le crime parfait. A Suances, terme de l'étape, l'addition s'est avérée particulièrement salée puisque Valverde a lâché 3'23". Le voilà quasiment à quatre minutes de Contador avant d'attaquer les Asturies...

Les malheurs de Valverde ont fait le bonheur de Paolo Bettini. Débarrassé de cet encombrant rival, le Toscan est allé cueillir sa deuxième victoire en une semaine. Il a manifestement retrouvé tout son punch à l'approche des Mondiaux, et sur ce final pentu (4% de moyenne sur les 1400 derniers mètres), Bettini n'a rencontré aucune adversité. Il devance dans l'ordre trois de ses compatriotes, Davide Rebellin (Gerolsteiner), Damiano Cunego et Alessandro Ballan (Lampre), Alberto Contador prenant la cinquième place.

Un Contador qui n'a laissé à personne le soin de lancer les hostilités peu après la flamme rouge. Mâchoire serrée, le leader d'Astana a voulu montrer qui était le patron. Un avertissement adressé à ses adversaires (il a repris trois petites secondes à Sastre et Cie) mais aussi aux dirigeants d'Astana, au lendemain de l'annonce du retour à la compétition d'un certain Lance Armstrong... Bettini avait lui aussi un message à faire passer jeudi. L'Italien n'a pas apprécié, et c'est peu de le dire, la signature de Stefan Schumacher chez Quick Step. Il l'a fait savoir dans une interview accordée à la Gazzetta dello Sport. Furieux de voir que ses dirigeants ont choisi de mettre de l'argent sur l'Allemand, alors qu'ils ont refusé de revaloriser son contrat, Bettini a annoncé qu'il allait partir en fin de saison. C'était donc la journée des règlements de compte. Celui de Valverde est bon...

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