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Farrar comme un éclair

Farrar comme un éclair
Par Eurosport

Le 09/09/2009 à 16:15Mis à jour

L'Américain Tyler Farrar (Garmin) a remporté au sprint la 11e étape à Caravaca de la Cruz. Il a devancé le Belge Philippe Gilbert (Silence-Lotto). Alejandro Valverde (Caisse d'Epargne) reste leader. David Moncoutié (Cofidis) a profité de son échappée pour s'emparer du maillot de meilleur grimpeur.

Tyler Farrar aura du prendre son mal en patience pour réussir à décrocher enfin sa première victoire d'étape sur ce Tour d'Espagne. En l'absence de Mark Cavendish, le sprinter américain était en effet annoncé au départ d'Assen comme le probable épouvantail des sprints de cette Vuelta. Fort d'un mois d'août où il avait enlevé la Vattenfall Cyclassic et dominé les emballages du Tour du Bénélux, le protégé de Jonathan Vaughters ne devait faire qu'une bouchée de l'adversité lors des sprints massifs de la Vuelta. Sa première semaine fut pourtant bien en deçà de ses espérances. Jamais dans le coup pour la gagne, il a successivement laissé briller Gerald Ciolek, Greg Henderson, André Greipel et Borut Bozic et a dû se contenter d'accessits indignes des ambitions qu'il affichait à l'aube de l'épreuve.

Troisième du chrono inaugural puis 5e à Emmen, 4e à Vinaros et 2e à Xativa, Tyler Farrar commençait à désespérer. Pas franchement réputé pour ses qualités de grimpeur, il ne se faisait sans doute pas d'illusions sur ses chances de s'imposer à Caravaca de la Cruz au terme d'une étape marquée par l'escalade de deux cols longs et difficiles. A l'arrivée dans la cité murciane, c'est pourtant lui qui, tout en puissance, est parvenu à tirer les marrons du feu en devançant Philippe Gilbert et le plus surprenant Marco Marcato (Vacansoleil) au bout de la longue ligne droite d'arrivée en faux plat montant.

Moncoutié en grenat

Le bonheur de Farrar dans l'aire d'arrivée contrastait avec le visage autant marqué que déçu des coureurs de l'équipe Liquigas. Auteurs d'un véritable coup de force dans l'ascension de l'Alto Campo de San Juan, les hommes de Roberto Amadio se sont donné les moyens de mettre Daniele Bennati sur orbite. Imprimant un rythme infernal en tête du paquet, les coéquipiers d'Ivan Basso ont en effet lâché un à un les différents sprinters. Au sommet, à moins de 50 kilomètres de l'arrivée, le peloton ne comptait ainsi plus qu'une cinquantaine d'unités et s'était rapproché à moins d'une minute des trois courageux du début d'étape. Malheureusement pour les hommes au maillot vert, à peine relayés dans le final par la Rabobank, André Greipel, Tyler Farrar and co sont parvenus à revenir dans la partie descendante. A l'arrivée, la 14e place de Daniele Bennati, lâché sous la flamme rouge par des coéquipiers éreintés, était symptomatique de la faillite collective d'une équipe qui aura tout de même eu le mérite d'essayer.

Victimes collatérales de cette impressionnante passe d'arme, David Moncoutié (Cofidis), Amets Txurruka (Euskaltel) et le décidément très remuant Johnny Hoogerland (Vacansoleil), n'ont rendu les armes qu'à 43 bornes de la ligne. Pour le Lotois, les quelques trois heures passées aux avant-postes n'auront pas été inutiles. Passé en tête au sommet des deux difficultés du jour, le meilleur grimpeur sortant a retrouvé un maillot grenat avec lequel il a désormais ses habitudes. Avec 14 points d'avance sur un David De la Fuente (Fuji-Servetto) qui a payé ce mercredi la débauche d'énergie consentie les jours précédents, "Moncoucou" peut appréhender la prochaine trilogie montagneuse avec une certaine sérénité.

Di Grégorio tente le coup

Avant l'impressionnant déboulé de Tyler Farrar, le final de l'étape a également été marqué par une offensive de Rémy Di Grégorio (Française des Jeux). Le grimpeur marseillais, en proie au doute depuis sa non sélection pour le Tour de France, a tenté de se faire la belle sitôt le groupe Moncoutié rejoint. Logiquement repris sous la banderole des 15 kilomètres, il aura tout de même fait impression et se sera rassuré avant un week-end qu'on annonce terrible. De l'étape de l'Alto de Velefique vendredi à celle de la Pandera dimanche en passant par la Sierra Nevada, le menu sera copieux. Pour les adversaires d'Alejandro Valverde qui n'ont rien tenté en terre murciane, les occasions de passer à l'offensive seront nombreuses. Pour Tyler Farrar, ce sera sans doute plus délicat. Sa victoire inattendue à Caravaca de la Cruz n'en a que plus de saveur.

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