A vrai dire, il ne s'est passé grand chose pendant les huit premiers jours de ce 64e Tour d'Espagne de l'histoire. Le très impressionnant Fabian Cancellara a certes régné à Assen et à Valence tandis que Gerald Ciolek, André Greipel, qui a au passage confirmé qu'il était certainement le sprinteur le plus rapide du peloton derrière son coéquipier Mark Cavendish, et les plus surprenants Greg Henderson et Borut Bozic sont allés chercher leur part de gloire mais, sans leur faire injure, on a un peu le sentiment que la Vuelta n'a pas encore réellement débuté. Le public belge et néerlandais a certes répondu présent lors des trois premières journées de course mais, les longues et monotones étapes doublées d'une certaine apathie des puncheurs et des baroudeurs nous ont quelque peu laissés sur notre faim.
A l'aube de la deuxième semaine de course, on n'en sait pas beaucoup plus sur l'état de forme et la motivation des principaux postulants à la victoire finale. Tout juste a-t-on obtenu confirmation que les frères Schleck et Damiano Cunego s'étaient alignés au départ de ce Tour d'Espagne dans l'objectif de parfaire leur condition dans la perspective des mondiaux de Mendrisio. Déjà rejetés à plus de 3 minutes de leur coéquipier suisse Fabian Cancellara, Andy et Frank devraient néanmoins se montrer à leur avantage dès que la route va s'élever.
Tour d'Espagne
Le triplé pour Moncoutié
18/09/2010 À 15:59
Dimanche, la longue étape (204,7 km) reliant Alzira aux hauteurs de l'Alto de Aitana par-delà 7 cols et une montée finale de 21,7 kilomètres à 5,7% de moyenne leur fournira un premier terrain d'expression favorable et donnera également l'occasion d'une première véritable empoignade aux favoris de cette Vuelta que le contre-la-montre valencian n'a pas départagé. Cadel Evans (6e à 1'12" de Cancellara), le premier d'entre eux au classement général, rêve de redorer son blason après un Tour de France très décevant. S'il n'affiche pour le moment pas ses ambitions sur une course qu'il considérait avant le départ comme une préparation pour les championnats du monde, il paraitrait tout de même logique, au vue de son excellent positionnement au terme de la première semaine de course, qu'il se prenne au jeu et essaie de jouer à fond ce que l'on peut légitimement considérer comme l'une de ses dernières chances de remporter un grand tour.
Des passages à 9,5%
Alejandro Valverde, Samuel Sanchez et Ivan Basso sont finalement les seuls à assumer leurs ambitions sur ce Tour d'Espagne. Très motivé par l'épreuve après avoir été contraint de regarder le Tour de France à la télé, le Murcian s'est volontairement fait très discret depuis le départ en pays batave. Septième du général à 2 secondes d'Evans, le leader de l'équipe Caisse d'Epargne a sans doute retenu les leçons de la débauche d'énergie qu'il consentait sur les grands tours à l'époque où il courait tous les lièvres. Dimanche, sur les hauteurs d'Alicante et lundi, au cours de l'étape de Xoret del Cati dont le profil lui convient à merveille, il ne pourra plus se cacher. Son compatriote Samuel Sanchez est également dans le coup (9e à 1'20"). Excellent 6e du chrono valencian, il a spécifiquement préparé cette Vuelta et entend faire mieux cette année que son encourageante 3e place à Madrid en 2007. Le Varésan, enfin, est apparu en retrait lors de deuxième contre-la-montre mais il reste à portée de fusil au moment d'aborder un terrain qui sied davantage à ses qualités.
A l'aune de la hiérarchie précaire d'une Vuelta pour le moment privée de patron, tout demeure donc quasiment possible. Si les costauds, de Cadel Evans à Ivan Basso, se tiennent en seulement en 40" et pourraient à cet égard être tenté de privilégier une course attentiste, des garçons comme Alexandre Vinokourov (14e à 1'48"), Robert Gesink (19e à 1'57"), Jacob Fuglsang (21e à 2'03) auront tout intérêt à emballer la course. Ezequiel Mosquera, déjà rejeté à 2'52", devra également à un moment ou un autre passer à l'offensive s'il veut enfin monter sur le podium de la Vuelta. Avec des passages à 9,5%, l'Alto de Aitana devrait nous permettre d'y voir plus clair. Selon une expression consacrée dans le milieu, ce sont les coureurs qui font la course. En leur proposant au menu une copieuse 8e étape, les organisateurs de la Vuelta leur ont tout de même donné un bon coup de main.
Tour d'Espagne
Nibali maîtrise Mosquera
18/09/2010 À 15:27
Tour d'Espagne
Nibali fortissimo !
18/09/2010 À 10:43