Degenkolb contre Bouhanni. On attendait leur duel lors de cette 5e étape et on l’a eu. Mais la victoire de John Degenkolb (Giant-Shimano), la deuxième sur cette Vuelta 2014, a été beaucoup plus compliquée que ce à quoi on pouvait s’attendre. Sur un parcours assez plat, les sprinteurs ont fini par faire la loi, après avoir dû cravacher pour rester dans les roues des grands d’Espagne, passés à l’offensive par l’intermédiaire d’un coup de bordure initié par les Tinkoff-Saxo. Deuxième de l’étape, Nacer Bouhanni (FDJ.fr) peut s’en vouloir. Idéalement placé à 200m de la ligne, le Français s’est manqué dans son sprint. 12e de l’étape, Michael Matthews (Orica-GreenEdge) conserve le maillot rouge de leader.
Le Tour d’Espagne est définitivement un Tour pas comme les autres. Alors que le profil de la cinquième étape promettait un scénario attendu (échappée reprise et sprint massif), les coureurs ont livré une prestation étonnante. Sur un parcours peu propice aux attaques des favoris, ces derniers se sont livrés bataille à tour de rôle. Sauf Nairo Quintana (Movistar), clairement moins à l’aise que ses adversaires dans le domaine des bordures. Lancée par les Tinkoff-Saxo à 40km de l’arrivée, relayée par la Movistar, l’accélération des favoris a réduit le peloton à sa plus simple expression (60 coureurs tout juste). Certains candidats comme Andrew  Talansky (arrivé avec 3’51’’ de retard) y ont même perdu toute chance de podium.
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Mais la montée du Puerto del Saltillo (3e catégorie) était beaucoup moins propice à faire des bordures. Ni même à lâcher les (nombreux) sprinteurs encore présents (Boonen, Degenkolb, Bouhanni). Une fois Pim Ligthart (Lotto-Belisol), dernier membre de l’échappée de deux repris (Tony Martin s’était relevé), le deuxième groupe est même rentré sur le premier, le peloton étant ainsi constitué d’une centaine de coureurs à Ronda. Et, comme les deux fois où l’arrivée s’est véritablement jouée au sprint dans ce Tour d’Espagne, la course à la victoire s’est résumée à un duel entre Degenkolb et Bouhanni.
Esseulé dans le final, le Français a eu l’intelligence de se placer dans la roue de l’Allemand. Un choix judicieux jusqu’à 200m de la ligne. Le sprinteur de la Giant-Shimano, qui avait lancé les hostilités sur la droite de la route, commençait à coincer et le bolide de la FDJ.fr a alors tenté de le déborder … par la droite ! Malgré ses plaintes sur la route et sa réclamation, John Degenkolb a remporté son deuxième succès sur cette Vuelta, son septième sur le Tour d’Espagne et en profite pour s’emparer du maillot vert au dépens de Michael Matthews. Toujours paré de rouge, l’Australien devrait passer sa dernière journée comme leader. Car, à Zubia, ce sont les leaders qui s’expliqueront.
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