Primoz Roglic doit aimer se faire peur. Plus une course ne se passe avec le Slovène, habitué à jouer les premiers rôles (il n'a plus terminé hors du Top 5 d'une course à étapes depuis… Tirreno-Adriatico 2018) sans que le dénouement ne soit incertain proche de l'arrivée. C'était vrai à la veille de celle du Tour de France, avec le résultat que l'on connaît. Cela l'est encore sur cette Vuelta 2020. Le robotique Roglic aborde l'étape de la Covatilla, juge de paix de cette troisième semaine, avec 45 secondes d'avance sur Richard Carapaz et 53 sur Hugh Carthy.

Le très populaire site internet, Procyclingstats, a, ce vendredi, établi le classement de cette Vuelta 2020 sur les seules étapes de montagne, enlevant donc au passage le contre-la-montre dominé par Roglic. Celui-ci nous apprend que Richard Carapaz, mais aussi Hugh Carthy devancent le Slovène en montagne sur ce Tour d'Espagne. Le premier de 40 secondes, le deuxième de 24.

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Roglic et les bonifications, une histoire d’amour

Preuve, qu'une nouvelle fois, Roglic n'a pas été impérial en haute altitude. Preuve aussi, chiffres à l'appui, qu'à l'exception du chrono, Roglic n'a pas été dominateur. Comme sur le Tour, il s'est presque "contenté" d'aller chercher les bonifications où il pouvait pour creuser un maigre avantage. Et comme sur le Tour, il se retrouve dans une situation difficile : celle de pouvoir tout perdre face à des adversaires proches qui ont, à l'inverse, tout à gagner.

Primoz Roglic

Crédit: Getty Images

Jumbo-Visma et Primoz Roglic ont-ils commis la même erreur que sur la Grande Boucle ? Leur assurance va-t-elle une nouvelle fois leur jouer des tours ? Sans boule de cristal, impossible de le dire au matin de cette 17e étape. Ce que l'on peut en revanche noter, et regretter, c'est que la formation néerlandaise a reproduit le schéma perdant de septembre. Sans être aussi dominatrice que sur les routes françaises, Jumbo-Visma a eu la main sur la Vuelta sans pour autant sembler vouloir l'écraser ou à tout le moins la renverser.

Et pourtant, il y a eu des escarmouches. Grimpeur facile, Sepp Kuss avait le double avantage de pouvoir faire peur aux adversaires de Roglic tout en n'ayant pas la pression du résultat, précisément parce que son leader était toujours là, en embuscade. On a vu l'Américain tenter sa chance en première semaine avant de disparaître des premières positions du classement à Formigal, au soir de la 6e étape.

La Covatilla comme la Planche des Belles Filles ?

Et Jumbo-Visma est redevenue ce qu'elle a été cette saison : une équipe très forte mais terriblement prévisible sur les Grands Tours. A l'inverse, Ineos a tenté des coups, rompant avec ses habitudes pour isoler Roglic à Formigal par exemple. S'il y a une formation qui a pris le taureau ibérique par les cornes depuis un peu plus de deux semaines, c'est la britannique.

Il paraît qu'on ne change pas, qu'on ne se refait pas. Jamais Roglic n'a annoncé qu'il allait tout faire exploser sur la Vuelta. On ne l'aurait pas cru. On pouvait en revanche penser que le Tour l'avait vacciné. Sa situation actuelle prouve que non, même si on est en droit de se demander s'il était capable de faire mieux.

C'était criant sur le Tour, ça l'est un peu moins sur la Vuelta tant Hugh Carthy mais surtout Richard Carapaz ont semblé, parfois, supérieurs à lui. Sur les terribles pentes de l'Angliru par exemple. A la Covatilla ce samedi, Roglic retrouvera des pentes plus régulières malgré un passage à 12% en milieu d'ascension. Bref, un profil taillé pour lui mais, après tout, la Planche des Belles Filles était elle aussi censée convenir à ses qualités...

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