La cote des favoris :

5 étoiles : Primoz Roglic, Richard Carapaz

Tour d'Espagne
Se relever toujours plus haut, la drôle d’habitude de Pinot
19/10/2020 À 22:50

4 étoiles : Thibaut Pinot, Tom Dumoulin, Alejandro Valverde

3 étoiles : Enric Mas, Alexandr Vlasov, Daniel Felipe Martinez

2 étoiles : Guillaume Martin, Esteban Chaves, Daniel Martin

1 étoile : IIan Van Wilder, Marc Soler, Mikel Nieve, George Bennett et Sepp Kuss, Christopher Froome, David Gaudu, Michael Woods et Hugh Carthy, Wout Poels

Primoz Roglic (26 ans, Jumbo-Visma)

Meilleur résultat : Vainqueur, en 2019

2e participation

Comment ne pas en faire LE grand favori ? Intouchable ou presque sur les courses par étapes depuis février 2019, avec cinq succès en sept courses terminées, le Slovène est également le tenant du titre, après une victoire incontestable et quasi incontestée l’an dernier. Fort d’une équipe ultra solide à ses côtés, Roglic devrait être aussi difficile à décrocher que cela avait été le cas en septembre sur la Grande Boucle. Mais, justement, sur le Tour, le Slovène n’a jamais porté l’estocade et a fini par s’écrouler à la veille de l’arrivée, un scénario qui n’a pas oublié de rappeler, à l’instar du Giro 2019, que le leader de la Jumbo-Visma n’était pas aussi imbattable que son attitude le laissait croire.

L’an dernier, cela lui avait servi pour s’imposer quelques mois plus tard sur la Vuelta, alors pourquoi ne pas réitérer la performance en 2020 ? D’autant qu’avec sa multiplication d’arrivées très pentues dans lesquelles il excelle et un long chrono en début de troisième semaine, le tracé de la Vuelta 2020 lui sied encore à merveille. Et sa victoire brillante sur Liège-Bastogne-Liège témoigne de la capacité de réaction du bonhomme, qui ne commettra pas les mêmes erreurs que sur le Tour.

Primoz Roglic.

Crédit: Getty Images

Richard Carapaz (27 ans, INEOS Grenadiers)

Meilleur résultat : /

1re participation

Longtemps bridé sur le Tour de France en faveur d’un Egan Bernal finalement défaillant, Richard Carapaz avait ensuite rappelé en troisième semaine le grimpeur qui il était. Mais l’Equatorien est bien plus qu’un grimpeur, c’est tout simplement l’un des deux coureurs à avoir triomphé de Roglic depuis deux ans. Si Tadej Pogacar y est parvenu sur le Tour, lui l’avait déjà fait en 2019 à l’occasion d’un Giro qu’il avait brillamment remporté. Sous le maillot de la Movistar, Carapaz avait participé à deux Grands Tours, deux Giro conclus à la 4e et à la 1re place. C’est dire les qualités de l’Equatorien, également doté d’un excellent punch, un vrai avantage pour multiplier les bonifications.

Capable de bien rouler lorsqu’il marche, Richard Carapaz devrait être le leader d’INEOS Grenadiers pour la première fois depuis son arrivée l’hiver dernier, malgré Christopher Froome, et pourra compter sur un soutien de luxe avec l’inattendu triathlète Wurf, le grimpeur Sosa mais surtout Amador, déjà son lieutenant sur le Giro 2019. De quoi aborder cette Vuelta avec confiance, même s’il n’a pas couru depuis les Mondiaux.

Richard Carapaz - Tour de France 2020, stage 17 - Getty Images

Crédit: Getty Images

Thibaut Pinot (30 ans, Groupama-FDJ)

Meilleur résultat : 6e, en 2018

3e participation

A force de briller mais d’avoir des pépins de toutes sortes sur les Grands Tours, Thibaut Pinot est un peu devenu le "Docteur Jekyll et Mister Hyde" des courses de trois semaines. Un coureur dont on ne sait finalement pas trop quoi attendre, capable de se faire piéger bêtement en plaine un jour, de distancer n’importe qui en montagne le lendemain, avant de devoir abandonner en raison d’un souci physique une semaine après. Pourtant, sur les qualités pures, le Français est l’un des meilleurs coureurs du monde. Reste à savoir avec quel état d’esprit le Franc-Comtois va aborder cette Vuelta.

Il pourrait se contenter de jouer les étapes, comme il l’avait fait en 2018, mais, à la vue du tracé et de la concurrence, on a du mal à le voir évoluer en marge du classement général. Si son équipe ne sera pas aussi solide en montagne que celle prévue sur e Tour, le soutien de Gaudu est un atout non négligeable pour Pinot, habitué à réagir après de gros coups durs. En 2018, il avait brillé sur la Vuelta après l’immense déception du Giro (abandon le dernier jour alors qu’il jouait le podium). Quelques semaines après son abandon sur le Tour, le Franc-Comtois rêve désormais de remporter – enfin - sa première course par étape World Tour.

Thibaut Pinot sur le Tour de France 2020

Crédit: Getty Images

Tom Dumoulin (29 ans, Jumbo-Visma)

Meilleur résultat : 6e, en 2015

2e participation

Arrivée cet hiver au sein de la Jumbo-Visma, le Néerlandais n’a jamais véritablement eu les coudées franches pour le moment et ça ne devrait pas non plus être le cas sur cette Vuelta. C’est sans doute l’unique raison qui nous pousse à mettre Tom Dumoulin aussi bas dans cette liste des favoris. Aussi fort soit-il, avoir le grand favori et tenant du titre comme coéquipier n’est jamais un cadeau, surtout quand celui-ci tient une forme aussi resplendissante que Primoz Roglic.

Mais, après avoir soutenu sans faille le Slovène sur le Tour de l’Ain, sur le Critérium, sur le Tour de France et dernièrement à Liège, le vainqueur du Giro 2017 espère bien qu’il sera temps de lui rendre la pareille. La Jumbo-Visma assure que "la route dictera les rôles de chacun" mais la Vuelta et ses ascensions extrêmement pentues favorisent clairement l’explosivité de Roglic. Mais si le Slovène faiblit, Tom Dumoulin se fera un plaisir de rappeler à tous qu’il n’est pas un vainqueur de Grand Tour pour rien.

Tom Dumoulin

Crédit: Getty Images

Alejandro Valverde (40 ans, Movistar)

Meilleur résultat : Vainqueur, en 2009

13e participation

Même à 40 ans, même au terme d’une saison vierge de tout succès pour le moment, une première depuis son passage chez les professionnels, impossible ne pas penser à Alejandro Valverde concernant le classement général du Tour d’Espagne. L’Espagnol est un trop grand spécialiste de l’épreuve pour cela, avec ses dix top 5, ses sept podiums et sa victoire finale au compteur. Surtout, il a pris l’habitude de retrouver sur les routes espagnoles son meilleur niveau, même après des saisons plus compliquées, à l’image de l’année passée (2e).

Un peu en retrait sur le Tour (12e) mais encore dans le top 10 à la veille de l’arrivée, intéressant mais en second rideau sur les Mondiaux (8e), le Murcien semblait alors monter en puissance, avant de laisser de côté les classiques ardennaises pour mieux préparer la Vuelta. Et le voir gagner une 13e étape sur la Vuelta ne serait pas si surprenant, de même que le voir à la lutte pour un 10e podium en Grand Tour. Surtout sur une course de 18 jours. Surtout si l’étape du Tourmalet venait à être annulée.

Alejandro Valverde, Tour de France 2020

Crédit: Getty Images

Alexandr Vlasov (24 ans, Astana)

Meilleur résultat : /

1re participation

Il n’aurait jamais dû prendre part à la Vuelta, étant engagé sur le Tour d’Italie aux côtés de Jakob Fuglsang. Mais le Russe a quitté la course dès le deuxième jour, victime de problèmes gastriques. Un mal (surtout pour le Danois) pour un bien puisque le natif de Vyborg pourra ainsi pleinement assouvir ses ambitions personnelles. Véritable révélation de la saison 2020 avec des succès au Mont Ventoux Challenge et au Tour d’Emilie, Alexandr Vlasov a aussi impressionné en prenant la 5e place de Tirreno-Adriatico.

Spécialiste des courses par étapes chez les jeunes (4e du Tour de l’Avenir, vainqueur du Baby Giro en 2018), le Russe va certes débuter son deuxième Grand Tour en quelques semaines mais, pour la première fois, il devrait enchainer trois semaines de course. Mais la réussite des jeunes depuis deux ans (Bernal, Evenepoel, Pogacar) ne permet d’écarter aucune surprise, d’autant qu’il pourra compter sur une très forte formation Astana, avec notamment les frères Izagirre et le champion d’Espagne Luis Leon Sanchez.

Vlasov - Giro dell'Emilia 2020 - Getty Images

Crédit: Getty Images

Enric Mas (24 ans, Movistar)

Meilleur résultat : 2e, en 2018

3e participation

A l’instar de son équipier et co-leader Alejandro Valverde, lui aussi a connu une petite résurrection. C’était sur le dernier Tour de France, où Enric Mas est sorti du trou dans lequel il était depuis son arrivée à la Movistar pour s’offrir son premier top 5 sur la Grande Boucle. Une performance surprenante qui est venue rappeler que l’Espagnol a beau être jeune, il a déjà brillé sur les Grands Tours, avec un podium sur la Vuelta 2018. La confirmation a été lente mais le Majorquin semble de nouveau à son meilleur niveau.

Sa dernière semaine sur la Grande Boucle pousserait même à en faire un des principaux favoris pour le Tour d’Espagne mais cohabiter avec Valverde sur la Vuelta revient souvent à soutenir le Murcien et personne ne sait comment Mas va gérer son 2e Grand Tour de la saison, une première pour lui. Mais si le champion du monde 2018 venait à faire son âge sur les routes espagnoles, la Movistar devrait pouvoir compter sur Enric Mas pour un nouveau podium.

Enric Mas, ciclista del Movistar Team

Crédit: Getty Images

Daniel Felipe Martinez (24 ans, EF Pro Cycling)

Meilleur résultat : 41e, en 2019

2e participation

Après six Grands Tours, le Colombien est toujours à la recherche de sa première performance majeure au classement général. Très attendu sur les routes du Tour de France, il a perdu toute illusion à la suite de sa chute mais n’a pas perdu toute ambition en remportant la 13e étape au Puy Mary. Un premier succès en Grand Tour qui vient couronner une année qui a tout pour être celle de l’explosion. Brillant en début de saison (2e du Tour de Colombie + une étape), Daniel Felipe Martinez s’est ensuite offert le général du Critérium du Dauphiné au nez et à la barbe de Thibaut Pinot, certes bien aidé par l’abandon de Primoz Roglic. Mais cette victoire d’envergure n’est pas à sous-estimer et confirme que le Colombien est taillé pour les courses par étapes. Reste à prouver que trois semaines n’est pas trop long pour lui et la Vuelta a souvent été favorable à cela.

Daniel Martínez

Crédit: Getty Images

Guillaume Martin (27 ans, Cofidis)

Meilleur résultat : /

1re participation

S’il n’avait pas chuté sur la route du Puy Mary, qui sait à quelle place le Français aurait terminé le Tour de France. Car, en 2020, l’ancien grimpeur de la Wanty-Groupe Gobert a clairement franchi un cap, rivalisant les tous meilleurs grimpeurs que ce soit sur le Tour de l’Ain (8e), le Critérium du Dauphiné (3e) et donc la Grande Boucle. S’il n’a toujours pas réussi le moindre top 10 sur un Grand Tour, Guillaume Martin est désormais un nom à citer lorsque l’on évoque les principaux favoris.

Et sur les routes espagnoles, il pourra compter sur une solide équipe d’hispaniques habitués à la Vuelta avec les frères Herrada. Bien remis de sa chute sur le Tour, il a impressionné en lieutenant d’Alaphilippe aux Mondiaux avant de manquer de peu le bon coup à Liège (14e). Alors pourquoi n’est-il pas un plus grand favori ? Parce que lui-même ne veut pas viser le général. Le Français assure viser avant tout les victoires d’étapes et vouloir "courir différemment du Tour". Mais, vu ses prestations en septembre, il sait qu’il ne bénéficiera d’aucune liberté et qu’il devra gagner à la pédale. Comme s’il jouait le général en fait.

Guillaume Martin (Cofidis) lors de la 10e étape du Tour 2020.

Crédit: Getty Images

Esteban Chavès (30 ans, Mitchelton-Scott)

Meilleur résultat : 3e, en 2016

6e participation

Qu’il semble loin le temps où "Chavito" nous enchantait en montagne et luttait à armes égales avec les meilleurs coureurs du peloton… Mais, depuis 2017 et une saison pourrie qui l’aura vu perdre sa physiothérapeute - dont il était très proche - et chuter lourdement sur le Tour d’Emilie, le Colombien n’est plus que l’ombre de lui-même sur trois semaines. Pourtant, que sur ce soit sur des courses d’une semaine ou en début de Grand Tour, Esteban Chaves semble parfois sur le bon chemin.

Mais cela ne dure jamais plus de sept jours, à l’image de la Vuelta 2019. Encore 10e à 16’’ de Pogacar (futur 3e) après huit étapes, le Colombien explose en Andorre et, au terme de la 9e étape, n’est plus que 14e du général à plus de cinq minutes du Slovène. Toujours capable d’aller décrocher des succès de prestige (Etna ou San Martino di Castrozza sur le Giro), Esteban Chavès ne semble désormais plus pouvoir lutter pour un bon classement général. A moins, enfin, de tenir plus d’une semaine.

Esteban Chaves, sur les pentes de l'Etna

Crédit: Getty Images

Dan Martin (34 ans, Israel Start-Up Nation)

Meilleur résultat : 7e, en 2014

7e participation

Pour l’Irlandais, c’est un peu un retour à la course qui l’a exposé au monde. C’est ici qu’il avait découvert les Grands Tours, en 2009. C’est ici qu’il y avait remporté sa première victoire majeure, au sommet de la Covatilla, en 2011. Et c’est également là qu’il avait décroché son premier top 10 sur une course de trois semaines, avec sa 7e place en 2014. Mais, depuis, l’Irlandais a surtout brillé sur les classiques et le Tour de France et n’a plus jamais fini la Vuelta.

Transparent sur la dernière Grande Boucle, en perte de vitesse depuis deux ans, Daniel Martin rêve d’un dernier gros coup et le tracé de ce Tour d’Espagne, multipliant les ascensions courtes et pentues, sied parfaitement à ses qualités de puncheur, qu’il semble avoir retrouvé la semaine dernière (5e de la Flèche, 11e de Liège). Mais ses faiblesses en chrono et celles de son équipe risquent d’être un frein à tout grosse ambition.

Dan Martin

Crédit: Getty Images

Christopher Froome (35 ans, INEOS Grenadiers)

Meilleur résultat : Vainqueur, en 2011 et 2017

7e participation

S’il ne s’agissait pas de Christopher Froome, il est probable que personne ne parlerait de sa participation à la Vuelta. Mais c’est Christopher Froome, l’homme aux 7 Grands Tours, dont deux Vuelta, l’un des rares à avoir réussi le Grand Chelem sur deux ans. Et, ce, même si depuis sa chute au Critérium du Dauphiné l’an dernier, le Britannique n’est plus que l’ombre de lui-même. Incapable de rentrer dans le top 10 d’une course depuis le Tour de France 2018 (3e), le Kenyan Blanc n’a même pas été sélectionné sur le Tour de France, une décision que lui-même comprenait parfait.

"Je suis le premier à reconnaître que je n'étais pas au niveau où j'aurais dû être", déclarait-il pendant Tirreno-Adriatico dans les colonnes de la Gazetta dello Sport. Il est impossible d’avoir vu une quelconque amélioration de sa forme depuis et le voir si ce n’est qu’accrocher un top 10 sur le Tour d’Espagne serait l’une des surprises de la saison. Mais, après tout, avant la Vuelta 2011, personne non plus ne l’aurait vu s’imposer.

"Ni victorieux, ni sur le podium, je serais même surpris de voir Froome parmi les protagonistes"

Liège - Bastogne - Liège
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