Remco Evenepoel a-t-il déjà gagné la Vuelta ?

Laisserait-on une chance à la glorieuse incertitude du sport si l’on devait parler de Pogacar ou de Vingegaard ? La réponse est oui, presque par principe. Alors comment ne pas prendre d’immenses pincettes au moment d’aborder la problématique avec un jeune loup, certes maillot rouge sur le dos, mais qui n’a encore jamais terminé le moindre Grand Tour.
Giro
Pour le Tour, on attendra : Evenepoel sera au Giro en 2023
HIER À 11:16
Avec l’altitude, le plus inquiétant est passé pour Remco Evenepoel. Reste à savoir si le Belge est capable de tenir sur trois semaines, avec une avance relativement confortable d’1’34” sur son dauphin et alors que les dernières difficultés seront bien moindres que celles affrontées ce week-end. Le leader du général a montré qu’il savait résister mais également qu’il avait des faiblesses. Quelques secondes par-ci, quelques autres par-là et Primoz Roglic, notamment, pourrait revenir fort. A Remco de trouver les ressources mentales et physiques pour écrire l’histoire.

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Rodriguez ou Ayuso : qui des deux prodiges espagnols va finir le mieux classé ?

27 petites secondes. Voici ce qui sépare Juan Ayuso (4e, +4’49") de Carlos Rodriguez (5e, +5’16") au classement général. Les deux pépites espagnoles ne se quittent quasiment pas sur cette Vuelta. Preuve en est encore ce dimanche, où les deux hommes ont été décrochés à quelques minutes d’intervalle du groupe des favoris avant de rouler ensemble pendant plusieurs kilomètres sur les pentes de la Sierra Nevada.
Mais, à un moment, une différence s’est faite. A la pédale, Juan Ayuso (19 ans) a progressivement laissé Carlos Rodriguez (21 ans) collé à l’asphalte. A tel point que le plus âgé des deux a cédé 1'34" sur la ligne d’arrivée en très peu de kilomètres. La dynamique est donc du côté d’Ayuso mais attention à ne pas enterrer le champion d’Espagne. Surtout au vu de leur (petit) écart au général.

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Quel Français peut remporter une étape ?

Une question que l’on se posait déjà juste avant ce périlleux week-end mais qui demeure. Certes, Rudy Molard est déjà monté sur le podium de cette Vuelta 2022. Mais c’était pour y enfiler le maillot rouge. Car jusqu’ici aucun Français n’a encore levé les bras. Alors qui pourrait réaliser cette belle performance ? Bryan Coquard est passé proche de l’exploit il y a quelques jours, lorsqu'il a vu Mads Pedersen s’imposer juste devant lui lors de la 13e étape. Mais le sprinteur tricolore pourrait bien ne pas voir Madrid, si son équipe Cofidis décidait de le retirer pour aller glaner quelques points UCI sur des courses moins prestigieuses mais plus "intéressantes" sur le papier.
Quant aux chances en montagne, Thibaut Pinot serait peut-être le mieux placé pour croire à un bouquet. Néanmoins, le coureur de la Groupama-FDJ n’arrive toujours pas à prendre la bonne échappée ou à résister à la bataille entre favoris. A chaque tentative, il s’est fait manger dans la dernière ascension. Il lui faudra des jambes de feu et des favoris loin derrière pour enfin décrocher une victoire qu’il attend tant.
Quant à Clément Champoussin, il a prouvé l’an dernier qu’il pouvait remporter une étape sur la Vuelta (20e) et également qu’il était capable de suivre des coureurs comme Rochard Carapaz, même si la craquante a fini par arriver. Elie Gesbert n’est, lui, pas passé loin mais sa résistance au peloton n’a pas suffi face à ses compagnons d’échappée.

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Quelle étape peut donner du show en troisième semaine ?

A l’inverse du Giro cette année, les organisateurs de la Vuelta ont décidé de placer l’étape-reine et l’essentiel des étapes-clés avant la troisième semaine, avec pour objectif que les coureurs n’en gardent pas sous le pied. Mais cette dernière semaine est parsemée d'étapes "pièges" et possède une journée que l'on avait cochée : l’avant-dernière. La 20e étape proposera un enchaînement Puerto de la Morcuera (9,4km à 6,9%) - où l'on retrouvera des bonifications au sommet - et Puerto de Cotos (10,3km à 6,9%) qui pourrait bouleverser le classement général.
En 2015, Fabio Aru avait d’ailleurs détrôné Tom Dumoulin dans la même configuration, ce qui laisse présager d’une superbe bataille à la veille de l’arrivée à Madrid. Remco Evenepoel ne sait pas encore comment il réagira en troisième semaine ni si son équipe sera capable de contrôler suffisamment la course. De bons arguments pour croire au spectacle jusqu’au crépuscule de ce Tour d’Espagne.

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Quel maillot peut encore livrer du suspense ?

La lutte pour le maillot rouge mise de côté, cette Vuelta a encore un grand intérêt pour un classement annexe en particulier. Avec une avance de 173 unités au classement par points, Mads Pedersen s’est quasiment assuré de revêtir le maillot vert à Madrid, s'il y parvient. Mais en ce qui concerne le meilleur grimpeur, la bataille peut encore faire rage.
Depuis qu’il a remporté deux étapes, Jay Vine a pris les rênes du classement de la montagne. Dimanche encore, le coureur australien s’est emparé de 13 points supplémentaires pour parfaire son avance, qui est actuellement de 29 unités sur son premier poursuivant Richard Carapaz. Mais l’Equatorien, qui a déjà glané deux étapes également, pourrait bien faire des pois son ultime objectif de ce Tour d’Espagne. Un duel qui pourrait aussi déboucher sur le coureur qui aura donc levé le plus de fois les bras sur cette Vuelta.

Jay Vine sul podio di Sierra de la Pandera con la maglia a pois - Vuelta di Spagna 2022

Crédit: Getty Images

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