Il aura donc fallu attendre la mi-Giro pour connaître de vrais frissons. Mais cela valait la peine de patienter. Jusqu'ici, il y avait bien eu les cinq victoires magistrales de Petacchi, l'abandon de Cipollini, les premières escarmouches entre les favoris, les belles dispositions de McGee ou encore la rivalité naissante chez Saeco entre Cunego et Simoni. Mais rien qui n'ait vraiment donné un tant soit peut la chair de poule. C'est finalement un jeunot de 23 ans qui a réveillé tout le monde pour de bon.

Passé professionnel cette saison au sein de la formation Ceramiche-Panaria, Emmanuelle Sella s'est révélé à l'Italie toute entière jeudi, en signant le premier succès de sa carrière, en y ajoutant la manière. Revenu de l'arrière sur un groupe imposant d'une vingtaine de coureurs, Sella a ensuite filé pour boucler les cinquante derniers kilomètres en solitaire. Sur un parcours exigeant, avec une succession d'ascensions aussi courtes que sévères, il a donné du piquant à cette journée, devant une foule considérable.

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Garzelli en difficulté

Son courage dans les passages à 18%, sa chute (sans gravité heureusement) dans la descente du Passo delle Siepi, son extrême nervosité, témoignage de son inexpérience, mais aussi son enthousiasme, tout cela a contribué à l'échappée de Sella en épopée d'autant plus sympathique qu'elle s'est avérée victorieuse. Comme quoi, pour peu que le contexte et le profil s'y prêtent, il est possible d'attaquer et de gagner sur ce Giro.

Le bonheur du jeune Italien aurait même pu être total. 16e du général à 2'34" de Damiano Cunego ce matin, Sella a longtemps endossé virtuellement le maillot rose. Mais les accélérations de Simoni, McGee ou Popovych dans les 20 derniers kilomètres, conjuguées à sa légitime fatigue, ne lui ont finalement pas permis de poser cette énorme cerise sur son beau gâteau. On imagine qu'il se consolera aisément avec cette superbe victoire d'étape. Une première qu'il n'est pas prêt d'oublier. Nous non plus. On ne peut s'empêcher de voir un symbole de l'inépuisable réservoir italien, dans cette victoire d'un néo-pro sur les terres de Cesena, celles de Marco Pantani, le champion que l'Italie n'a pas fini de pleurer.

L'autre enseignement de cette journée ensoleillée, c'est le coup de moins bien de Stefano Garzelli. Distancé à deux reprises, en difficulté devant le tempo imprimé par ses rivaux, notamment Simoni et Cunego, le leader de l'équipe Vini Caldirola a affiché des limites inquiétantes, qui n'annoncent rien de bon pour la haute montagne à venir. Certes, il a pu opérer la jonction à chaque fois, évitant ainsi des pertes chronométriques. Mais ses adversaires n'oublieront pas ce qu'ils ont vu aujourd'hui...

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