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Contador imperator

Contador imperator
Par Eurosport

Le 02/06/2008 à 09:00Mis à jour

10 mois après le Tour de France, Alberto Contador s'est offert le Giro. L'Espagnol de l'équipe Astana a maté la colonie italienne, assurant le coup dimanche lors du contre-la-montre final à Milan, remporté par Marco Pinotti. Contador devance au classemen

Il n'y a pas eu photo. Dix kilomètres ont suffi pour savoir qu'Alberto Contador avait bel et bien remporté l'édition 2008 du Tour d'Italie. Au premier pointage, son principal rival Riccardo Ricco accusait déjà 55 secondes de retard et donc près d'une minute au général. Peu à l'aise dans le contre-la-montre, le grimpeur de Saunier Duval n'avait qu'un miracle à espérer avant le départ. Rapidement, il est revenu sur terre, l'Espagnol choisissant de partir fort pour tuer tout suspense. Avec le temps de référence de l'Italien dans l'oreillette tout le long des 28,5km séparant Cesano Maderno et Milan, le coureur Astana n'avait plus qu'à gérer son effort. La victoire d'étape était optionnelle. C'est pourtant les bras levés qu'il franchissait la ligne, avec seulement le 11e temps du chrono à 39" du vainqueur, mais avec 1'53" de mieux que Ricco. Pas de victoire d'étape en trois semaines, mais un maillot rose définitivement sur ses épaules. A 25 ans, l'ancien pensionnaire de Discovery Channel signe là son succès le plus imprévisible, lui qui ne s'attendait même pas à aller au bout de la course.

En succédant à Danilo Di Luca, il devient surtout le premier à mettre un terme à l'outrageante domination italienne sur le Giro. 12 ans après Pavel Tonkov, un "étranger" ajoute son nom au palmarès qui ne comptait jusque là qu'un seul Espagnol, Miguel Indurain (1992-93), le dernier coureur également à avoir empoché le Tour de France puis le Giro. Le Castillan devance un trio de Tansalpins (Ricco, Bruseghin, Pellizotti). Avec le Russe Denis Menchov (5e) et le jeune Belge Jurgen Van Den Broeck (7e), ils ne sont que trois à apparaître dans le Top 10. Les deux coureurs ont d'ailleurs pleinement rentabilisé la dernière étape et grappille un rang au général. Le coureur de la Rabobank a tout donné pour reprendre Emanuele Sella, moins à l'aise dans le chrono et qui allait bien finir par payer ses efforts en montagne. Le géant de Silence-Lotto profite lui de la méforme d'un Danilo Di Luca désabusé qui termine 112e de l'étape à 3'36" du vainqueur Marco Pinotti.

Un podium pour deux secondes

Finalement, la bataille qui aura tenu en haleine les spectateurs ne fut pas pour le maillot rose, mais pour la dernière place sur le podium. Expert de la course contre le temps, Marzio Bruseghin, repoussé à deux minutes de Contador et à 1'56" de Ricco, semblait en mesure de jouer les trouble-fête. Non pas pour la victoire, mais pour la place de dauphin. Finalement, c'est contre lui-même qu'il a dû batailler et contre la fatigue des derniers jours, et notamment les efforts fournis dans le Mortirolo pour distancer Di Luca. Le vainqueur du chrono d'Urbino a livré un duel intense avec Franco Pellizotti, repoussé à cinq secondes au général. Les deux coureurs effectuant les derniers mètres au sprint, le coureur de la Lampre sauve sa 3e place à l'arrivée pour deux toutes petites secondes d'avance sur l'homme le plus rapide au Plan de Corones.

Pendant près de deux heures, Marco Pinotti a, lui, patienté avant de savoir s'il allait enfin accrocher sa toute première victoire d'étape, après sa 4e place lors du contre-la-montre d'Urbino. Car avant le départ des 66 derniers concurrents, le podium était déjà connu et ne changerait plus, les coureurs étant fatigués et les candidats à la victoire peu nombreux. Seul Christian Vandevelde (Slipstream), premier maillot rose du Giro, parviendrait à s'immiscer parmi les cinq plus rapides du jour (5e). A l'arrivée, la formation High Road s'illustre avec la première place pour Pinotti, la 2e pour Tony Martin à sept secondes et la 4e pour Bradley Wiggins, repoussé à 13 secondes. Le Russe Mikhail Ignatiev (Tinkoff) prive les hommes en noir du triplé. L'équipe américaine confirme sa place dominante dans les chronos après avoir terminé 3e à Palerme lors du chrono par équipes de Palerme.

Faute de rose, Riccardo Ricco, double vainqueur d'étape, se consolera avec le maillot blanc de meilleur jeune. Le grimpeur de Saunier Duval devance la révélation belge Van Den Broeck et Vincenzo Nibali. Avec trois succès dans ce Giro, Daniele Bennati (Liquigas) repart avec le maillot cyclamen du classement par points. Le meilleur grimpeur est sans conteste Emanuele Sella, l'homme qui survola les Dolomites. Forte de trois coureurs dans le Top 15 (Sella 6e, Pozzovivo 9e et Baliani 12e), la CSF Group est sacrée meilleure équipe du Giro devant Astana. Invitée de dernière minute et en manque de repères, la formation luxembourgeoise prouve, s'il en était besoin, qu'elle est décidément la meilleure équipe du Pro Tour.

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