NOM: GIRARDENGO
Prénom: Costante
Pays: Italie
Date de naissance: 18/03/1893
Victoires: 3
Victoires d'étapes: 30

Trois décennies avant Fausto Coppi, il fut le premier "Campionissimo" de l'histoire du cyclisme italien. Un champion hors normes, au charisme incontournable, et dont la longévité reste exceptionnelle puisqu'il a couru de 1912 à 1936, prenant se retraite à l'âge de 43 ans. Six fois vainqueur de Milan-San Remo un record qui tiendra jusqu'à ce qu'Eddy Merckx n'y ajoute une unité dans les années 70, Girardengo a également remporté à deux reprises le Giro. Son premier succès intervient en 1919, une année magique pour l'Italien, puisqu'il remporta également la Primavera, le Tour de Lombardie et le troisième de ses neuf titres de champion d'Italie. Sa domination est sans partage puisqu'il enlève sept des 10 étapes. Il lui faudra néanmoins attendre quatre ans pour signer un nouveau succès dans son tour national. Entre ces deux triomphes, trois abandons consécutifs. Le plus frustrant en 1931, alors qu'il venait de remporter les quatre premières étapes et que la victoire lui semblait promise. L'émergence d'Alfredo Binda, au milieu des années 20, marquera le début de son déclin. Le passage de témoin se produit lors du Giro 1925, dont il prend la deuxième place, derrière Binda. Mais avec ses 30 victoires d'étapes, Girardengo demeure une des légendes de l'histoire du Giro et un des plus grands coureurs de la première moitié du XXe siècle.

Tour d'Italie
Les forces en présence (1)
01/05/2009 À 02:00

NOM: BINDA
Prénom: Alfredo
Pays: Italie
Date de naissance: 11/08/1902
Victoires: 5
Victoires d'étapes: 41

Crédit: AFP

L'homme qui a détrôné Girardengo au sommet de la hiérarchie transalpine au coeur des années 20. Son émergence au plus haut niveau a coïncidé avec le progressif déclin de son illustre aîné. Binda est le champion du Giro, dont il a détenu tous les records. Certains tiennent encore aujourd'hui. Laissons parler les chiffres. Même s'ils ne disent pas tout, ils sont éloquents. Binda a remporté cinq fois le Tour d'Italie (1925, 27, 28, 29 et 33), plus un autre podium (2e en 1926). Fausto Coppi et Eddy Merckx l'ont également remporté cinq fois par la suite, sans jamais le dépasser. Binda totalise aussi 41 victoires d'étapes. Seul Mario Cipollini a fait mieux, 70 ans après lui. Sur la seule édition 1929, la star de l'équipe Legnano glane 12 étapes (record absolu) dont 8 consécutivement (autre record). Sa domination était telle qu'en 1930, alors qu'il reste sur trois succès de rang, les organisateurs lui font nu pont d'or pour... ne pas venir, craignant qu'il ne tue l'intérêt de l'épreuve en la survolant à nouveau. Du coup, Binda disputera cette année-là le Tour de France. Son unique participation. Il y gagnera deux étapes. Ironie de l'histoire, le Varésan, a failli courir sous les couleurs françaises. Il travaillait et vivait à Nice lorsqu'il débuta sa carrière et avait envisagé de prendre la nationalité française. Il repartira en Italie à 23 ans, en 1925, après le refus de la célèbre équipe Alcyon de le payer au prix qu'il demandait. L'immense Binda demeure le plus grand grimpeur de la première moitié du siècle. On le surnommait "le grimpeur assis", tant il était rectiligne sur sa machine même en plain effort. Ce qui fit dire à René Vietto que "même si on lui avait posé un verre d'eau sur la tête dans un col, il n'en aurait pas fait tomber une goutte."

NOM: BARTALI
Prénom: Gino
Pays: Italie
Date de naissance: 18/07/1914
Victoires: 3
Victoires d'étapes: 16

Gino Bartali incarne l'image du Florentin de son époque. Profondément croyant, travailleur, dur au mal. Jamais, sans doute, dans l'histoire du sport, un champion n'a suscité une telle admiration collective. Bartali n'était pas seulement aimé et respecté, il faisait l'objet d'une vénération de la part du public. Du bord de la route, les femmes et les enfants lui lançaient des pétales de rose à chacun de ses passages. Certains s'agenouillaient même. Malgré cette incroyable aura, qui fit de lui le champion le plus mystique de l'histoire du cyclisme, "Gino le pieux" ne s'est jamais départi de sa simplicité. L'homme était aussi humble que le champion pouvait s'avérer impitoyable. Il n'a que 20 ans lorsqu'il décroche le premier de ses sept maillots de meilleur grimpeur sur le Giro, en 1935. Les deux années suivantes, c'est le maillot rose qu'il va s'offrir. Deux évènements vont alors marquer sa carrière et indubitablement la freiner. L'émergence de Fausto Coppi, de cinq ans son cadet, et l'éclatement de la Seconde Guerre Mondiale, qui lui fera perdre, plus encore qu'à Coppi, les plus belles années de sa vie cycliste. Combien Bartoli aurait-il remporté de Tours de France et de Giro sans ce terrible conflit? Personne ne le saura jamais, mais il lui faudra attendre neuf longues années pour signer sa troisième, et dernière victoire dans le Tour d'Italie, en 1946. Bien sûr, Coppi lui fit de l'ombre, même si les deux champions se sont souvent évités. Mais la gloire de l'un a nourri la légende de l'autre, et vice versa. La rivalité Bartali-Coppi, plus encore que celle qui opposa Anquetil à Poulidor, a divisé tout un pays.

NOM: COPPI
Prénom: Fausto
Pays: Italie
Date de naissance: 15/09/1919
Victoires: 5
Victoires d'étapes: 22

Considéré avec Eddy Merckx, comme le plus grand champion de l'histoire du cyclisme, Fausto Coppi co-détient, avec le Belge et Alfredo Binda, le record de victoires sur le Giro. L'histoire de Coppi ne peut être distinguée de celle de Gino Bartali. Tout opposait les deux hommes. Gino le Pieux et Fausto (tout est dit dans le prénom) l'athée. Le champion de la Démocratie chrétienne et le chouchou de la gauche. Le rigoriste face à l'homme moderne. Gino, homme de tradition. Fausto l'aventureux, qui se met au banc de la société en quittant femme et enfants pour rejoindre "la Dame blanche." Il y a autant de caricature que de vérité dans le parallèle entre ces deux trajectoires et les deux coureurs avaient plus à partager qu'on n'a voulu leur faire croire. Parce qu'il fallait les opposer. Le paradoxe veut que Bartali, si croyant, dégageait une profonde humanité quand Coppi, qui croyait plus en lui qu'en Dieu, avait quelque chose de divin dans sa façon de courir. La destinée de ces deux champions hors du commun se rejoint véritablement en 1940. Sur ce Giro, ils courent au sien de la même équipe. Bartali, la star installée. Coppi, le gregario encore en apprentissage, du haut de ses 21 ans. Mais Bartali, victime d'une chute dans l'étape de Gênes, perd plus de cinq minutes et en ressort amoindri physiquement. Dès lors, la voie est libre pour Coppi qui, avec l'aide son leader, force la décision dans les Dolomites pour ramener son premier maillot rose. Quatre autres suivront. Le dernier sera sans doute le plus beau. En 1953, à 34 ans, Coppi doit faire face à Hugo Koblet. "Le pédaleur de charme", lauréat du Tour de France 1951, semble avoir fait le plus dur. Mais il reste encore à franchir le Stelvio, emprunté alors pour la toute première fois. Coppi y porte l'estocade et renverse la situation. A Bormio, il est en rose. Sa cinquième victoire l'attend. Depuis, le Stelvio est à jamais associé à Fausto Coppi. Une stèle l'honore à son sommet.

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