Dimanche soir à Florence, après la première défaillance de Ryder Hesjedal sur les pentes du Fiesole, Jonathan Vaughters, sur le réseau social Twitter, avait publiquement annoncé que la Garmin-Sharp passerait au "plan B" sur ce Tour d’Italie, devenu au fil des jours un véritable calvaire pour la formation américaine. Ce mercredi, le nouveau plan tactique du manager général de la Garmin et de son staff a déjà fonctionné grâce au beau succès d’étape de Ramunas Navardauskas, son jeune coureur de 25 ans. "On n'a pas eu de chance ces derniers jours. L'objectif, ce matin (mercredi), était d'aller chercher un résultat. On voulait montrer ce que nous valions. J'avais quartier libre et ça me convenait. La journée a été longue mais elle se conclut bien. Hesjedal est un vrai champion et un garçon très attachant. Je suis sûr qu'il est heureux pour moi, comme tous les autres coureurs de Garmin", a notamment précisé le Lituanien à l'arrivée. Et le vainqueur du jour ne s'est pas trompé sur la joie d'Hesjedal. Le Canadien, malade et l'air hagard, l'a passablement étreint avec ses dernières forces après avoir franchi la ligne d'arrivée avec 13'35" de retard. Une image de joie belle et terrible à la fois.
A Corte di Caso, mercredi, le puissant rouleur a fait parler la poudre et surtout les watts dans le final légèrement vallonné de cette 11e étape du Giro. Il a notamment construit son succès d’étape en deux temps. Le premier en se sortant du groupe de 20, échappé depuis le 60e kilomètre, à 17 kilomètres du terme. Cette première pierre à son édifice a été apporté avec la manière car le coureur de la Garmin est parvenu, en compagnie de Daniel Oss (BMC) et Patrick Gretsch (Argos-Shimano) pendant un temps, à creuser un écart assez conséquent (plus de 2'30") en l'espace d'une dizaine de kilomètres.Le second donc en lâchant à coups de fractionnés, son dernier compère de fugue, le rapide Daniel Oss, également bon rouleur mais trop limité pour rivaliser à armes égales pour le succès d'étape. Avec ce coup de force, Navardauskas signe-là son deuxième succès en 2013. Il avait remporté le premier en Suisse, le 25 avril dernier, lors d’un sprint massif lors de la 3e étape du Tour de Romandie. Après ce fameux coup du 15 mai 2013, le Lituanien sera certainement beaucoup plus scruté et craint à l'avenir lorsqu'il prendra part à une fugue au long cours.

Ryder Hesjedal : "Ce succès n'est pas une surprise pour moi"
Pour ceux qui ne connaissent pas encore le longiligne et puissant rouleur lituanien, il est temps de faire les présentations. Comme nombre de coureurs au sein du peloton, Navardauskas a plus le profil du bon équipier, l'homme de l'ombre plutôt habitué à protéger et rouler pour son leader (Ryder Hesjedal, Thomas Danielson et Daniel Martin au sein de la Garmin). Et il y a cet autre visage, celui aperçu entre Tarvisio et Vajont, où le bon équipier se transforme en homme de main, en potentiel sauveur au sein d'une formation qui accumule les déconvenues depuis le grand départ de Naples. La polyvalence et la volonté de ce spécialiste du contre-la-montre, souvent plébiscité par ses équipiers, lui assurent en tous cas depuis 2007, et ses débuts chez les professionnels, un joli palmarès de 12 victoires (dont trois titres de champion de Lituanie, deux sur route en 2007 et 2011, un en contre-la-montre en 2012). En 2010, après trois saisons passées en Continental Pro, Navardauskas a même fait un détour en France sous les couleurs du Vélo Club La Pomme Marseillaise à l'image de Daniel Martin, Daryl Impey ou encore Nicolas Roche (autrefois équipe amateur et devenue équipe Continentale depuis 2011). Ce bref passage dans l'Hexagone lui a valu de devenir numero 1 "français" devant un certain Tanel Kangert (aujourd'hui chez Astana) ou des espoirs d'alors comme Arnaud Demare et Nacer Bouhanni.

Le coureur de la Garmin, à la progression constante, s'est toujours montré à son avantage lors des grand tours, en passant notamment très souvent à l'offensive. Bien entouré par une armée de rouleurs (Zabriskie, Vandevelde et Millar), il a aussi pleinement contribué aux succès de la Garmin, lors des contres-la-montre par équipes, du Tour de France 2011 aux Essarts ainsi que sur celui du Giro 2012 à Vérone. L'année dernière, même si dans l'esprit de beaucoup l'image est oubliée, il s'était paré du maillot rose pendant deux jours en début d'épreuve. Tout cela avant d'aider Ryder Hesjdedal à devenir le premier canadien à remporter le Giro à Milan. Un année plus tard, Hesjedal a donc rendu hommage à son dévoué partenaire dans un entretien donné à Cycling Weekly. "Aujourd'hui, il a parfaitement représenté l'équipe et tout fait pour qu'elle gagne. Ramunas a été incroyable, il a eu une opportunité et l'a transformée. Ce n'est pas une surprise pour moi". Avant d'ajouter. "Faire ce qu'a fait Ramunas aujourd'hui... c'est un travailleur désintéressé. J'ai été heureux de l'aider ce mercredi. Je suis allé chercher les bouteilles pour l'équipe après 50 kilomètres courus à très haute vitesse dans le peloton. Je lui ai tendu une bouteille juste avant qu'il parte dans l'échappée (...)". Parfait plan de rechange de cette formation Garmin, Navardauskas a donc revêtu les habits de lumière pour au moins une étape. Et qui nous dit que cet ogre en devenir n'a pas fini de lever les bras ?
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