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Tour d'Italie 2014 : Rigoberto Uran (Omega Pharma) remporte le chrono et endosse le maillot rose

Uran les a tous mis au pas, même Evans

Le 22/05/2014 à 17:23Mis à jour Le 22/05/2014 à 18:48

Vainqueur de la 12e étape, un chrono de 42km entre Barbaresco et Barolo, Rigoberto Uran (Omega Pharma Quick Step) en a profité pour prendre les commandes du général, au détriment de Cadel Evans (BMC), repoussé désormais à 37 secondes du Colombien au classement.

Omega Pharma-Quick Step n’a plus besoin de Tony Martin pour gagner des contre-la-montre. Sur les 41,9km de chrono entre Barbaresco et Barolo, Rigoberto Uran a créé la sensation lors de la douzième étape, devançant tous les autres favoris à la victoire finale. Mais avec 1’17’’ sur Diego Ulissi (Lampre-Merida) et 1’34’’ sur Cadel Evans (BMC), l’ancien de la Sky a surtout réalisé des écarts très importants et s’est emparé de la tête du classement général. Rigoberto Uran devient ainsi le premier Colombien à porter le maillot rose sur le Giro. L’autre favori sud-américain de l’épreuve, Nairo Quintana (Movistar), a concédé 2’41’’ et pointe désormais à 3’29’’ de son compatriote au classement général.

Alors que ce contre-la-montre devait permettre à Cadel Evans de prendre ses distances par rapport aux autres favoris de ce Tour d’Italie, l’Australien a perdu sa tunique rose de leader. Une vraie surprise, tant les candidats à la victoire lui semblaient inférieurs dans l’épreuve chronométrée. Mais la première bosse du jour, si elle a pu tromper sur les performances de Domenico Pozzovivo (AG2R) et Fabio Aru (Astana) – partis trop vite -, a vite montré que le vainqueur du Tour de France 2011 n’était pas dans un grand jour. Placé neuvième à 53’’ de l’Italien de l’équipe française, meilleur temps au premier intermédiaire, Cadel Evans était alors en retard sur tous les autres favoris, excepté Wilco Keldermann (Belkin). Mais le reste du chrono, plus roulant, a remis les purs grimpeurs à leur place.

Le finish tonitruant d’Uran

Tandis que les Français ont souffert (Geniez, premier Français, est 21e à 3’29’’), les descentes rendues extrêmement dangereuses par la pluie ont contraint de nombreux coureurs à passer au ralenti, sans prendre le moindre risque. Comme l’a avoué Pierre Rolland (Europcar) à l’arrivée, au micro de Bein Sports : "Je préférais perdre du temps. Vingt, trente secondes, ça se rattrape. Une clavicule, non." Du coup, les favoris théoriques de l’étape, les purs rouleurs, n’ont pas joué l’étape à l’image des coureurs de la Movistar Adriano Malori (+7’09’’) et Jonathan Castroviejo (+8’47’’). Le contre-la-montre, longtemps dominé par l’équipe Omega Pharma –Quick Step, a tourné à la bagarre entre favoris lorsque les meilleurs du classement général se sont élancés. Et la première surprise est venue de la performance astronomique de Diego Ulissi (Lampre-Merida). Pourtant, l’Italien n’avait jamais brillé de sa carrière sur un chrono. Repoussant Thomas De Gendt (OPQS) à 0’50’’, le double vainqueur d’étapes sur ce Giro pensait bien réussir la passe de trois. Mais il était dit que ce contre-la-montre ne pouvait échapper à l’équipe Omega Pharma-Quick Step.

Deuxième au premier intermédiaire (mais avec une trentaine de secondes d’avance sur Ulissi), premier au deuxième (vingt-sept secondes de mieux que l’Italien),  Rigoberto Uran a profité d’une fin de parcours compliqué et vallonné pour conforter son avance sur le puncheur de l’équipe Lampre-Merida. A l’arrivée, le leader d’Omega Pharma-Quick Step repousse Ulissi à 1’17’’. Derrière les autres favoris ont tous peiné. Si certains ont limité la casse (Evans à 1’34’’, Majka à 1’39’’, Pozzovivo à 2’09’’), d’autres ont perdu beaucoup dans ce chrono, à l’image de Nairo Quintana (Movistar, à 2’41’’), Fabio Aru (Astana, à 2’55’’) ou Robert Kiserlovski (Trek, à 3’49’’). Avec ce succès, Rigoberto Uran s’empare du maillot rose de leader, avec 0’37’’ d’avance sur Cadel Evans et 1’52’’ sur Rafal Majka (Saxo-Tinkoff). Avant les premiers cols difficiles de ce Giro ce week-end, un Colombien est bel et bien le favori de ce Tour d’Italie. Mais ce n’est plus celui qu'on attendait.

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