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Tour d'Italie : Les 4 raisons qui laissent penser qu'Uran pourrait aller au bout

Les 4 raisons qui laissent penser qu'Uran peut aller au bout

Le 22/05/2014 à 21:41Mis à jour Le 23/05/2014 à 00:05

Nouveau maillot rose du Giro, Rigoberto Uran rêve de remporter son premier Grand Tour. Entre une équipe solide et des qualités adaptées à la troisième semaine, le Colombien d’Omega Pharma-Quick Step peut tout à fait conserver le maillot jusqu’à Trieste.

Un sérieux avantage psychologique

Une équipe solide

Quatre coureurs dans les huit premiers du contre-la-montre. Ce jeudi, l’équipe Omega Pharma-Quick Step a démontré qu’elle tenait la forme. C’est probablement celle qui impressionne le plus depuis le départ. L’équipe belge ne cesse depuis d’être à la hauteur des ambitions du Colombien. Parfaitement protégé par ses équipiers, que ce soit sur les étapes de plat par un Petacchi qui a pris sur lui de laisser ses rêves de victoires d’étape ou dans la moyenne montagne où les Poels, Brambilla et autre De Gendt ont souvent travaillé. Des équipes des principaux favoris, Omega Pharma-Quick Step est certainement celle qui paraît au-dessus du lot sur ce Giro. Plus en tout cas qu’une Movistar décevante jusque-là et qu’une BMC qui a montré lors du week-end qu’en montagne Cadel Evans ne pouvait compter que sur Sanchez et Morabito. Mais saura-t-elle gérer le port du maillot rose ? Rien n’est moins sûr. Il convient de ne pas oublier que c’est la première fois que l’équipe belge joue la carte du classement général sur un Grand Tour. Du moins, ouvertement. Michal Kwiatkowski a bien terminé onzième du Tour de France l’an passé, mais l’équipe était plus au service de Cavendish qu’au sien. Pour remporter un Giro, une Grande Boucle ou une Vuelta, avoir une équipe entière à son service est indispensable. En avoir une du niveau des Omega Pharma-Quick Step est un avantage non négligeable pour Uran.

Chrono par équipes des Omega Pharma-Quick Step, Giro 2014

Chrono par équipes des Omega Pharma-Quick Step, Giro 2014Panoramic

Plus d’expérience que la plupart de ses adversaires, mais pas en tant que leader

27 ans. L’âge de raison selon certains. L’âge de s’offrir un premier Grand Tour pour d’autres. 1991, premier Tour de France de Miguel Indurain. Le Navarrais avait alors 27 ans. Le même âge que Stephen Roche lorsque celui-ci remporte le Tour d’Italie en 1987. D’un Irlandais à un Giro partant d’Irlande, faut-il en voir un signe ? Probablement pas. Mais, pour Rigoberto Uran, l’heure de l’apprentissage sur les Grands Tours est finie. Le Colombien dispute cette année son quatrième Giro, sa dixième course par étapes de trois semaines. Et le Giro lui a déjà réussi deux fois, avec une septième place et le maillot de meilleur jeune en 2012 et sa deuxième place l’an dernier. Parmi les autres favoris, qui peut en dire autant à part Cadel Evans et Domenico Pozzovivo ? Nairo Quintana ? Il n’a que 23 ans et deux Grands Tours derrière lui, malgré sa deuxième place sur la Grande Boucle 2013. Wilco Keldermann ? Fabio Aru ? Leur Giro 2013 reste leur unique course de trois semaines. Rafal Majka ? A 24 ans, il n’a qu’un Giro et trois Vuelta pour expérience. Alors bien sûr, Rigoberto Uran n’avait jamais débuté un Grand Tour en tant que leader jusque-là. Pas comme candidat à la victoire en tout cas. Mais, encore une fois, ses adversaires ne sont pas dans une situation plus favorable sur cet aspect. Excepté les trentenaires Evans et Pozzovivo, tous débutent comme leader visant la victoire ou le podium. L’expérience ne sera pas de trop pour Uran pour gérer au mieux cette saison.

Une préparation parfaite pour la troisième semaine

Uran (OPQS) au Tour d'Oman 2014

Uran (OPQS) au Tour d'Oman 2014AFP

Il est étrange comme d’un jour à l’autre une préparation peut passer d’idéale à ratée, un pic de forme de trop tôt au bon moment. Il y a deux jours, Cadel Evans (BMC) semblait intouchable. Il est tombé brutalement de ce piédestal depuis. Victorieux du Tour du Trentin quelques semaines avant le départ, Evans s’est-il trompé dans sa préparation ? Etait-il prêt trop tôt ? Nul ne le sait. Mais le coureur de la BMC est clairement en baisse en forme. Un constat qui contraste avec Nairo Quintana. Le leader de la Movistar, dont le chrono a rassuré sur la guérison de ses blessures de Montecassino, a visiblement axé sa préparation sur la troisième semaine, certes majuscule une nouvelle fois sur le Giro. Mais ce pourrait être trop tard. Avec 3’29’’ de retard sur son compatriote, Nairo Quintana ne peut plus se permettre d’attendre. Au contraire d’Uran. Lui semble avoir vu juste. Son pic de forme a certes tenu compte de l’importance de la troisième semaine mais aussi de la nécessité de réaliser un chrono positif. Trente-et-unième de Tirreno-Adriatico puis treizième du Tour de Catalogne, le Colombien n’a pas vraiment pesé sur les courses de début de saison. Mais, après s’être reposé un mois, il est revenu encourageant sur le Tour de Romandie (14e). En Suisse, sa performance sur le chrono final aurait mérité plus d’attention (4e). Elle aurait évité d’être surpris par son contre-la-montre ce jeudi.

Resté tranquille le week-end dernier, Rigoberto Uran est arrivé sur le chrono avec la forme idéale. Ça s’est vu. Premier Colombien porteur du maillot rose, il vise désormais quelque chose qu’aucun Colombien n’a donc jamais réussi : gagner le Tour d’Italie. Et le leader d’Omega Pharma-Quick Step a tout pour réussir cet exploit.

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