La 16e étape a confirmé ce mardi la tendance de ce Giro qui se veut emballant. Des favoris qui prennent les choses en main, des défaillances, et un patron, toujours le même, qui s’affirme jour après jour. Devancé au sprint par Alejandro Valverde (Movistar), qui remporte à Andalo sa première victoire sur un Tour d’Italie, Steven Kruijswijk (Lotto – NL Jumbo) a une nouvelle fois conforté son maillot rose au terme d’une étape exaltante de bout en bout.
Le Néerlandais, qui s'est montré impressionnant toute la journée pour contrôler ses rivaux, possède désormais trois minutes d’avance sur son dauphin, Esteban Chaves (Orica – Green Edge), distancé ce mardi. Un matelas très confortable à six jours de l’arrivée à Turin.
Le film de l'étape
Tour d’Italie
Nibali, Valverde, les Colombiens… C'était le Giro de tous les records
30/05/2016 À 06:35

Attaqué de tous les côtés, Kruijswijk a réagi en patron

Kruijswijk, rapidement abandonné dès la première ascension par ses coéquipiers de la Lotto-Jumbo, a eu l’enfer qui lui était promis. Mais le grimpeur de 28 ans, 7e du général l’an passé, a montré qu'il était très fort sur ce Giro. Le Néerlandais a parfaitement amorti les attaques attendues de ses adversaires, qui n’avaient déjà plus grand-chose à perdre après un week-end douloureux dans les Dolomites. La grande bagarre a commencé de loin dans cette étape courte de 132 kilomètres et donc forcément nerveuse.
Dans la première des trois ascensions du jour, le Passo della Mendola (2e catégorie), Ilnur Zakarin (Katusha) a allumé la première mèche. Valverde et Vincenzo Nibali (Astana) l’ont imité. Et c’est suite à une énième attaque de ce dernier, que la course a connu son premier tournant. Au sommet du col, Nibali était seulement accompagné de Valverde, Kruijswijk et Zakarin. Il restait encore 68 kilomètres à parcourir.

Nibali a finalement craqué

Piégé, Esteban Chaves (Orica – Green Edge) a alors fait rouler ses hommes pour limiter l’écart sur le groupe maillot rose, qui avait rejoint six échappés, dont Kangert, équipier de Nibali. Au pied du Fai della Paganella (2e catégorie), qui précédait l’arrivée à Andalo (3e catégorie), le Colombien accusait 45’’ de retard. Un débours qui restera sensiblement le même à l’arrivée (+41’’), et ce malgré une belle démonstration de force dans le final.
Au cours de sa vaine tentative de retour, Chaves a tout de même pu constater la défaillance de Nibali, repris puis lâché par le groupe du Colombien. Le Sicilien est le grand perdant du jour, comme dimanche, lors de son désolant chrono en côte d’Alpe di Siusi. Incapable de suivre le trio Kruijswijk-Valverde-Zakarin, le vainqueur du Tour 2014 a laissé filer 1’41’’ à l’arrivée. Le voilà repoussé à 4’43’’ au général. Et sorti du podium provisoire par Valverde (3e, à 3’23’’).
Avec Kruijswijk, l’Espagnol est l’autre grand bénéficiaire de la journée. Défaillant samedi, revigoré dimanche, le Murcian a levé les bras ce mardi, au lendemain de la dernière journée de repos. Il s’agit de sa première victoire sur le Tour d’Italie, qu’il dispute pour la première fois, à 36 ans. Grâce aux bonifications, Valverde est le seul à avoir repris du temps à Kruijswijk (6’’). Ce dernier peut bien laisser les miettes sur la route de son premier sacre en Grand Tour. Sauf jour sans, et malgré une équipe inexistante, on ne voit plus vraiment comment il pourrait en être privé alors qu'il compte désormais trois minutes d'avance sur son premier poursuivant.
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