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A tort ou à raison, Roglic a fait de Nibali son unique rival

A tort ou à raison, Roglic a fait de Nibali son unique rival

Le 24/05/2019 à 19:21Mis à jour Le 24/05/2019 à 19:28

TOUR D'ITALIE - Pour la première arrivée à plus de 2 000 mètres d'altitude du Giro vendredi, Primoz Roglic a contrôlé Vincenzo Nibali en prenant le risque de laisser d'autres coureurs lui reprendre du temps. Une tactique qui pourrait s'avérer périlleuse alors que la course va connaître six étapes de montagne en huit jours.

Jeudi, après l'arrivée à Pinerolo, Vincenzo Nibali n'avait pas hésité à montrer son agacement quant à l'attitude de Primoz Roglic. "Nous faisons tous notre part de travail. Tous, sauf Roglic, avait éructé l'Italien. Il peut se le permettre parce qu'il a une belle avance". La 13e étape du Giro entre Pinerolo et Ceresole Reale, qui a vu le Slovène marquer de très près Nibali, et seulement Nibali, ne va sans doute pas calmer le courroux du "Squale". Roglic a fait de l'Italien son rival numéro un. Son attitude sur les pentes menant au Lago Serru est sans équivoque : lui seul lui fait peur. Au point de laisser d'autres coureurs - et non des moindres - revenir dans le jeu. Une attitude dangereuse.

Zakarin et Mollema tout proche, Carapaz et Landa encore dans le jeu

"Nous étions très focalisés sur Nibali, a reconnu Andy Engels, directeur sportif de Jumbo-Visma au micro de La Chaîne L'Équipe. En fonction des forces de Primoz (Roglic), nous nous sommes concentrés sur l'adversaire principal et nous avons laissé partir des coureurs moins dangereux pour lui". Ces coureurs moins dangereux se nomment Zakarin (2'57'' repris à Roglic aujourd'hui), Landa (1'37''), Carapaz (1'21''), Mollema (1'13'') ou encore Majka (50'').

"Moins dangereux" donc selon la Jumbo-Visma mais nombreux. Et au général, si Roglic n'est pas encore en grande difficulté, il est sous la menace de nouveaux coureurs. Zakarin est revenu à 31 secondes, Mollema à 41, Carapaz à 1'57'', Majka à 2'03'' et Landa, qui n'était plus dans le jeu, à 2'43''.

Après le contre-la-montre de Modène que Roglic avait écrasé de sa classe, le Slovène possédait un matelas confortable sur tous ces coureurs. De 1'55'' sur Mollema à 4'52'' sur Landa ! Le quatrième du Tour 2018 se rassurera en rappelant qu'il a conservé son avance sur un Nibali loin d'être aérien ce vendredi (+1'44'') et qu'il a vu Miguel Angel Lopez être éliminé sur ennui mécanique (+5'23'') et Simon Yates sur défaillance (+5'48'').

"Si Roglic veut me suivre jusqu'à chez moi, je pourrai lui montrer mes trophées"

Alors que la première partie du Giro était à son avantage avec notamment deux chronos, Roglic entre dans la semaine où il a le plus à perdre. Avec six étapes de montagne dont trois arrivées en altitude, le Giro aborde sa partie décisive. Rien ne dit que Roglic ne sera pas le plus fort en montagne mais rien ne dit non plus qu'il va l'être. Surtout, ce vendredi, en se concentrant sur Nibali, il a multiplié les coureurs dangereux pour lui et donc le nombre d'adversaires qu'il devra surveiller alors que certains, dont Landa, ont prouvé qu'ils n'avaient pas peur d'attaquer de loin.

Malheureusement pour le Slovène, son équipe a encore prouvé qu'elle ne pouvait pas l'épauler puisqu'il était isolé dès l'avant-dernière ascension du jour. "J'ai vu que mes rivaux étaient un peu faibles et pas imbattables, a révélé Landa au micro de AS après l'arrivée. Ça donne le moral pour avancer". On l'aura compris, Landa, et sans doute d'autres, n'ont pas dit leur dernier mot.

Primoz Roglic a-t-il péché par excès de confiance ? L'avenir, sans doute proche, nous le dira dans ce Giro qui a pris un virage à 90 degrés en découvrant la haute montagne. Vincenzo Nibali a, lui, de son côté trouvé soit des adversaires pour le podium soit des alliés de circonstances. En tout cas, il a encore tancé son rival slovène après cette 13e étape : "S'il veut me suivre aussi chez moi, il pourra prendre des photos avec moi et je pourrai lui montrer mes trophées".