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Carapaz : "Avec cette avance, je peux être tranquille"

Carapaz : "Avec cette avance, je peux être tranquille"

Le 29/05/2019 à 21:11Mis à jour Le 30/05/2019 à 00:43

TOUR D'ITALIE - Richard Carapaz était un sérieux outsider, au départ du Giro. Après 17 étapes, il en est le favori. L'Equatorien de l'équipe Movistar a augmenté de 7" son avance sur Vincenzo Nibali (Bahrain-Merida, 2e +1'54") et Primoz Roglic (Jumbo-Visma, 3e +2'16"), mercredi à Anterselva, où Nans Peters (AG2R La Mondiale) a glané son premier succès pro. De quoi "être tranquille", selon Carapaz.

Richard Carapaz est un leader de plus en plus solide du Giro. Le coureur équatorien de la Movistar, 4e de l'épreuve l'an passé, compte près de deux minutes d'avance sur son plus proche poursuivant après 17 étapes. Ce mercredi, jour de ses 26 ans, à Anterselva, il a augmenté de 7 secondes sa marge sur ses deux principaux rivaux : Vincenzo Nibali (Bahrain-Merida, 2e à 1'54") et Primoz Roglic (Jumbo-Visma, 3e à 2'16"). Seul son coéquipier Mikel Landa (4e, à 3'03") a coupé la ligne (12 secondes) avant lui, parmi les cadors.

"Ce fut une bonne journée, à la fois pour Mikel (Landa) et pour moi, a estimé Richard Carapaz. Il faut tenir compte des efforts d'hier (mardi) dans le Mortirolo, du froid, de la fatigue accumulée. On avait le plan de prendre un peu d'avance si l'opportunité se présentait : c'est ce qu'on a fait." C'est en répondant à une attaque, alors que Landa était déjà passé à l'offensive, que Carapaz a lâché Roglic et Nibali : "J'ai vu que Miguel Angel (Lopez) prenait quelques mètres d'avance, j'ai suivi et j'ai vu que le trou se faisait. C'est un petit avantage qui peut valoir beaucoup à la fin."

Richard Carapaz - Giro d'Italia 2019 stage 17 - Getty Images

Richard Carapaz - Giro d'Italia 2019 stage 17 - Getty ImagesGetty Images

Nibali : "J'ai limité les dégâts et donc ça me va"

Distancé sur le sommet de l'ascension finale, Vincenzo Nibali a corroboré les propos du maillot rose, en insistant sur l'impact de l'étape précédente sur les organismes : "La fatigue d'hier (mardi) m'est restée dans les jambes." Dans ce contexte, et alors qu'il a pu compter sur Domenico Pozzovivo pour ne pas perdre trop de temps, le Requin de Messine était soulagé de ne pas avoir sombré : "Nous sommes dans la troisième semaine, tout le monde peut avoir une petite ou une grande défaillance. Vu sous cet angle, j'ai limité les dégâts et donc ça me va."

Roglic s'est montré un peu plus alarmant que Nibali, sur sa condition physique surtout. "Je me ressens encore de ma chute de dimanche (lors de la 15e étape, durant laquelle il avait perdu 40 secondes). J'ai des douleurs à la poitrine, mais ça va mieux du côté de l'estomac." Le Slovène, qui avait un matelas d'avance de 3'16" sur Carapaz au soir de la 9e étape et qui ne cesse de rétrograder dans la hiérarchie des favoris depuis, a timidement tenté de positiver : "Je reste optimiste, je continuerai à lutter jusqu'au bout."

Primoz Roglic a montré ses limites dans le Mortirolo lors de la 16e étape du Giro 2019

Primoz Roglic a montré ses limites dans le Mortirolo lors de la 16e étape du Giro 2019Getty Images

C'est maintenant Carapaz qui est dans la position du chassé. Mais il l'est à beaucoup moins d'encablures de l'arrivée que Roglic ne l'était. D'où une confiance légitime et affichée. "Je ne peux pas me considérer comme le vainqueur (…) Mais, avec cette avance, je peux être tranquille", a-t-il déclaré, avant de préciser qu'il n'en deviendrait pas plus frileux : "Si je peux gagner une seconde par-ci une seconde par-là..."

Peters voulait "poser une seule attaque"

Loin de ces considérations, le Français Nans Peters, vainqueur du jour à l'issue d'une longue échappée, a insisté sur l'aspect tactique de son premier succès professionnel : "Je me suis accroché (dans l'échappée) et je me suis dit que j'allais poser une seule attaque (…) J'ai eu l'opportunité à 15-16 kilomètres de l'arrivée. J'ai su par l'oreillette qu'il y avait une petite montée suivie d'une descente. Je me suis dit que si j'arrivais à faire la différence, c'était un endroit propice pour creuser l'écart et si je me faisais reprendre, je pouvais me remettre dans les roues sans exploser."

"C'est toujours mieux d'avoir un coup d'avance, a ajouté le coureur d'AG2R La Mondiale. Je suis pro depuis deux ans et demi, je passe les étapes, je progresse tactiquement et physiquement. Je connais mieux mes adversaires et je me connais mieux aussi." Questionné sur ses perspectives d'avenir, il a revendiqué la casquette de baroudeur : "Je suis opportuniste, un attaquant, car je ne suis pas rapide au sprint et je ne suis pas parmi les meilleurs en montagne. Dans l'équipe ? les Bardet, les Latour, sont des grands noms. Je n'ai pas la prétention de rivaliser, d'ailleurs ce n'est en rien une rivalité, chacun peut s'exprimer sur différents terrains." Il l'a fait avec brio sur le sien.

Nans Peters à l'arrivée de la 17e étape du Giro 2019, qu'il a remportée

Nans Peters à l'arrivée de la 17e étape du Giro 2019, qu'il a remportéeGetty Images

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