Egan Bernal

Sa situation au classement général
Elle est parfaite ou presque, puisque le Colombien est en rose depuis son succès d'étape, le premier sur un grand tour, à Campo Felice. Depuis que Remco Evenepoel a explosé sur la 11e étape, il a même un matelas plus confortable encore sur Aleksandr Vlasov (45'') et les autres qui sont à plus d'une minute.
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Comment en est-il arrivé là ?
Terminant 40e à 20 secondes d'Evenepoel par exemple sur le chrono inaugural, Bernal avait rassuré. Puis, petit à petit, il s'est imposé en patron. A Sestola et à Ascoli Piceno quand il a pris du temps à tous ses adversaires, à Campo Felice, où il a gagné, puis sur les Strade Bianche. Des gains minimes à chaque fois en apparence mais son plus proche poursuivant n'a jamais été deux fois le même. Surtout une impression de domination certaine.
Ses aptitudes en haute montagne
Paradoxalement, on pourrait penser que le Giro n'est pas encore entré dans la phase qui lui convient le mieux. Lui le Colombien de Zipaquira est à l'aise au-dessus des 2000m et en haute montagne. Il doit encore confirmer qu'il est au niveau de son Tour 2019 mais Bernal entre sur un terrain qui devrait lui plaire. Sur le papier, il est indiscutablement le meilleur grimpeur du plateau, ce qui en fait désormais l'unique favori.

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Aleksandr Vlasov

Sa situation au classement général
Si on avait dit au Russe qu'il serait dauphin du maillot rose après 12 jours de course, il aurait sans doute signé tant il manque encore de repères sur les grands tours. Repoussé à 45 secondes de Bernal, il devance tous ses autres adversaires mais attention, sa marge reste minime (1'05'' sur Buchmann 6e).
Comment en est-il arrivé là ?
C'était lui la surprise du chrono du premier jour. Onzième à 24 secondes de Ganna, le leader d'Astana n'avait concédé du temps qu'à Almeida et Evenepoel. Par la suite, il a seulement calé lors de la 6e étape, perdant 17 secondes sur Bernal. Le reste du temps, il a bien souvent été dans la roue du Colombien, ou pas loin, avant d'être un peu juste sur l'étape des routes blanches.

Aleksandr Vlasov

Crédit: Getty Images

Ses aptitudes en haute montagne
Cette saison, Vlasov a montré qu'il était un bon grimpeur. Seulement 11e au Chalet Reynard sur le Tour de la Provence, il était dans le coup à la Colmiane sur Paris-Nice (5e) et au Tour des Alpes (4e de la 2e étape à… 58 secondes de Simon Yates). Ses plus belles références, le Russe les tient de la Vuelta 2020 : 2e à l'Angliru, 4e à l'Alto de Moncalvillo et 5e à la Laguna Negra de Vinuesa. De quoi lui donner de beaux espoirs dès ce samedi sur le Zoncolan.

Damiano Caruso

Sa situation au classement général
Damiano Caruso est l'assurance tous risques des Bahrain-Victorious qui ont perdu Mikel Landa sur chute et qui voient Pello Bilbao incapable de rééditer sa performance de 2020 (5e final). Sans faire de bruit, l'Italien est sur le podium à 1''12 de Bernal certes, mais à seulement 27 secondes de Vlasov.
Comment en est-il arrivé là ?
En faisant montre de sa polyvalence. Bon lors du contre-la-montre (25e à 32 secondes), Caruso n'a jamais brillé outre-mesure. A 11 secondes du groupe Bernal sur la 4e étape, 6e à Ascoli Piceno puis à Campo Felice, il ne lâche jamais vraiment et gratte du temps quand d'autres craquent un peu plus que lui.
Ses aptitudes en haute montagne
Damiano Caruso compte trois tops (un doute sur le pluriel) 10 sur des grands tours : la Vuelta 2014, le Giro 2015 et surtout le Tour 2020. En montagne, l'Italien évoluait en deuxième voire troisième rideau mais n'a jamais connu de défaillance. Il ne devrait pas être acteur en haute montagne sur ce Giro mais il s'accrochera. Le voir reculer dans la hiérarchie ne serait cependant pas une surprise.

Hugh Carthy

Sa situation au classement général
Elle n'est pas loin d'être excellente pour l'Américain, qui n'est qu'à cinq secondes du podium et à 32 de la deuxième place. Egan Bernal lui a déjà pris 1'17'' mais comme le Colombien, Carthy entre dans son jardin ce samedi. Surtout, on doute qu'il ait la victoire finale dans un coin de sa tête. Le podium en revanche, oui totalement.
Comment en est-il arrivé là ?
Arrivé sur le Giro avec des ambitions suite à son podium sur la dernière Vuelta, Carthy n'a commis aucune faute dans les étapes vallonnées avant d'être à la rupture sur les Strade Bianche. C'est là qu'il a perdu le plus de temps sur Bernal (32 secondes) tout en étant proche des autres (9'' de Vlasov).

Hugh Carthy

Crédit: Getty Images

Ses aptitudes en haute montagne
Disons-le immédiatement, elles sont excellentes. On ne remporte pas l'étape de l'Angliru, l'un des cols les plus durs d'Europe, sur la Vuelta sans être un maître en la matière. Ce Tour d'Espagne 2020 a d'ailleurs agi comme un révélateur pour Carthy et on ne serait pas surpris de le voir attaquer dans les ascensions d'ici à Milan. Il a d'ailleurs déjà montré le maillot lors des étapes vallonnées de ce Giro.

Simon Yates

Sa situation au classement général
Bien moins bonne que celle que l'on avait imaginée après son succès sur le Tour des Alpes. Seulement cinquième et déjà repoussé à 1'22'' d'Egan Bernal, le Britannique déçoit puisqu'on le pensait capable de se battre pour le maillot rose avec le Colombien.

Simon Yates

Crédit: Getty Images

Comment en est-il arrivé là ?
Pas encore classé dans le top 10 d'une étape depuis le départ, Simon Yates n'est jamais dans le bon coup. Pour faire simple, il n'a pas encore réussi à terminer dans le meilleur temps des favoris jusqu'ici. Bilan, il accumule petit à petit le retard avant la haute montagne. Étrangement discret, il a peut-être retardé sa préparation pour être meilleur en troisième semaine.
Ses aptitudes en haute montagne
On aurait tendance à dire que Simon Yates est un excellent grimpeur. Il l'a montré au Tour des Alpes en écrasant la concurrence (Bilbao, Vlasov, Quintana, Bardet…). Reste qu'il est aussi très irrégulier, et son succès sur la Vuelta 2018 est loin. Le meilleur Yates est capable de rivaliser avec Bernal ou Vlasov. Mais est-il présent en Italie ?

Et les autres ?

Si l'on a choisi de s'arrêter à Simon Yates, c'est que le Britannique est le dernier coureur sous la minute trente, ce qui ne veut pas dire que les autres n'ont plus aucune chance de victoire. Le Giro est une course où les défaillances sont nombreuses et les scénarios très souvent bien difficiles à prévoir à l'avance.
Aussi, on n'écartera surtout pas Emanuel Buchmann (6e, +1'52''), qui a connu un début difficile avant de se reprendre et d'être étincelant sur les étapes des Strade. Trajectoire inverse pour Remco Evenepoel (7e, +2'22''), brillant et bluffant jusqu'à mercredi. On se demande s'il n'a pas mal digéré la journée de repos mais on se questionne aussi sur son attitude à compter de samedi. Pour tout dire, on a hâte. Tout comme on attend les attaques d'un Giulio Ciccone (8e, +2'24'') très en verve depuis le départ mais pas encore récompensé. Derrière, Tobias Foss (9e, +2'54'') fait figure d'intrus mais il se défend bien. On attend en revanche plus de Romain Bardet (11e, +3'29'') et de Vincenzo Nibali (13e, +4'04'').

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