C'est vrai, Peter Sagan a pris un petit coup de vieux ces deux dernières années avec l'émergence d'une nouvelle génération pas franchement décidée à attendre. Mais la plus grande star du cyclisme de ces dix dernières années aime se rappeler au bon souvenir de tous. A 31 ans, "Peto" n'est peut-être plus la machine à gagner qu'il fut jadis, mais il reste capable de l'emporter sur un terrain propice pour lui. Ou lorsqu'il est bien emmené. Ou les deux. Ce fut le cas lundi lors de cette 10e étape du Giro.
"On savait que c'était une étape idéale pour lui, mais ça ne suffit pas toujours pour gagner", relève Alberto Contador, consultant pour Eurosport et ancien coéquipier de Sagan chez Saxo – Bank. Pour aller chercher sa deuxième victoire d'étape en deux participations après la... 10e étape (déjà) du Giro 2020, le Slovaque a certes fait ce qu'il fallait dans un sprint final amputé de quelques as de la vitesse, mais ce succès-là doit aussi beaucoup au travail d'orfèvre de la formation Bora-Hansgrohe, laquelle a une fois de plus démontré que si le cyclisme est pratiqué par des individualités, il est bien, à sa façon un sport collectif.
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J'avais manqué un peu de chance jusqu'à présent
"Je veux remercier tous mes équipiers, ils ont fait un travail remarquable aujourd'hui", a souligné le triple champion du monde en descendant du podium à Foligno. La formule est archi-rebattue. Elle est au cycliste ce qu'est au footballeur le fameux "L'important, c'est les trois points". Mais elle a vraiment du sens après cette journée où Sagan a profité du caviar servi par toute son équipe, qui a éparpillé les principaux rivaux de son leader dans les 40 derniers kilomètres.
"Quel travail de l'équipe aujourd'hui, a encore insisté le septuple maillot vert du Tour de France après la 117e victoire de sa carrière, sa 3e en 2021 après ses succès d'étape sur les Tours de Catalogne et de Romandie. C'est vraiment une super journée pour nous et je suis content d'avoir gagné, pour moi bien sûr, mais encore plus pour les gars après tout ce qu'ils ont fait." Mais parfois, ça ne suffit donc pas toujours. On a souvent vu la Bora se démener dans tous les sens pour sa vedette, sans être récompensée à l'arrivée. Cette fois, Sagan "a mis au fond".

Et de 117 pour Sagan : son sprint victorieux en vidéo

"Tout le monde n'avait pas été lâché, il fallait quand même encore battre des sprinters comme Gaviria et Viviani, note le champion slovaque. J'avais aussi besoin du brin de réussite qui m'a manqué dans les précédentes arrivées. J'avais manqué un peu de chance jusqu'à présent." Car Sagan était persuadé d'avoir les jambes pour gagner mais, depuis le coup d'envoi de ce Giro 2021, il lui avait manqué un petit quelque chose.

Le maillot cyclamen ? "On verra..."

A Termoli, vendredi dernier, il s'était retrouvé coincé dans les barrières lors du sprint dominé par Caleb Ewan. "Je me sentais fort, dit-il. C'était une arrivée un peu en bosse et j'avais de très bonnes jambes. Je suis parti de l'arrière, j'avais une bonne vitesse, mais j'étais proche des barrières. Heureusement, je n'ai pas chuté." Trois jours plus tard, Caleb Ewan, qui a abandonné dimanche, n'est plus là, et Peter Sagan tient sa victoire alors que se profile la première journée de repos qu'il va pouvoir savourer.

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Quoi qu'il arrive, il a rempli son contrat minimal avec ce succès. "C'est une victoire méritée pour Peter et il a montré le potentiel qui était encore le sien dans ce sprint", juge Alberto Contador. Alors que le Giro s'annonce extraordinairement montagneux dans sa dernière partie, il ne restera sans doute pas pléthore d'occasions de doubler la mise pour Sagan, mais il sait se montrer opportuniste.
Puis il garde dans un coin de la tête la chasse au maillot cyclamen, dont il a pris possession lundi à la faveur de sa victoire. Ce n'était pas forcément son ambition sur ce Tour d'Italie, mais ça pourrait devenir un objectif. "On verra, nous sommes à peine à la moitié du Giro, rappelle-t-il. Alors, pour le classement par points, je vais faire de mon mieux et prendre jour après jour." Encore un cliché. Mais certains, on l'a vu, sont parfois pleins de vérité.

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