Décidément, ce Giro 2021 est celui des premières. Après les victoires de Tim Merlier et Taco van der Hoorn, c’est Joe Dombrowski qui a brisé le plafond de verre en passant en tête la ligne d’arrivée détrempée à Sestola. Premier bouquet sur un Grand tour pour l’Américain de l’UAE-Team Emirates et première tunique rose pour Alessandro De Marchi (Israel Start-Up Nation), 2e ce mardi. Offensif, l'Italien a anticipé une lutte des favoris cantonnée à un écrémage par l'arrière, qui a suffi à écarter Joao Almeida de la course au général.
Une de ces fameuses étapes de celles dont seul le Giro a la recette. Le départ de Piacenza pour une étape longue de 187 km annonçait déjà la couleur, gris, comme le ciel bas menaçant les 183 courageux. Un temps contraints de se poser, les hélicoptères de la réalisation italienne ont même laissé planer le doute d’une étape retransmise sans écarts et sans images - bref, d’un autre temps. Si arrêt sur image il y a eu, la course s’est bien déroulée à vitesse grand V.
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Après un bras de fer de 42 kilomètres, un groupe de 25 fuyards a rapidement pris le large, comptant jusqu’à 8 minutes d’avance sur un peloton résigné à se disputer l’étape du jour. Comme un signe, le signal de la retransmission est revenu à temps pour assister à l’offensive audacieuse d’un trio (Quinten Hermans, Rein Taaramae et Christopher Juul-Jensen) lancé dans une folle aventure. Une odyssée même, tant les conditions atmosphériques ont planté un décor de conte au style épique : le froid, la pluie et la grêle s’invitant sur le macadam transalpin.

Bernal se rassure, Almeida se fissure

D’un trio à un duo après la défaillance d’Hermans, les hommes de tête n’ont toutefois pas pu réellement repousser la menace du groupe de poursuivants, pointé régulièrement autour de la minute. Virtuellement en rose et en bonne position pour emporter l’étape, Rein Taaramae a tout perdu dans l’ultime ascension du jour, le terrible Colle Passerino (4,3km à 9,9%) et ses pentes interminables. L’occasion était trop belle pour un autre duo, composé de Joe Dombrowski et d’Alessandro De Marchi, de rafler la mise in extremis. Déhanché sur sa machine, le grimpeur de Virginie a fait craquer à l’usure l’expérimenté italien, qui n’a toutefois pas tout perdu. Victoire et maillot rose, douleurs et bonheurs, on partage le pot.
Personne n’a en revanche risqué de mettre le tapis dans le groupe des favoris. Mikel Landa (Bahrain -Victorious) a bien essayé, à l’instar d’Aleksandr Vlasov (Astana – Premier Tech), mais c’est bien Egan Bernal (INEOS Grenadiers) qui s’est chargé de creuser les premiers (maigres) écarts. En retrait, Simon Yates (Team BikeExchange) et Remco Evenepoel (Deceuninck – Quick Step) ont laissé filer 10’’ dans l’affaire. Loin des 4’21’’ déboursées par Joao Almeida, à l’agonie lors du final en toboggan de cette 4e étape qui laissera définitivement des traces.
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